Solidays 2010
Les Solidays, comme à leur habitude, ont su mêler musique et solidarité dans la bonne humeur et la qualité. Records battus pour le nombre d’entrées (168 000) et l’argent récolté (1,8 millions d’euros) qui permettront cette année encore de financer un grand nombre de projets de lutte contre le Sida en France et à l’étranger. Le festival in vivo a encore été, pour la 12e fois, incontournable en matière de militantisme, mais aussi de musique :
Fanga : Le groupe de Montpellier dont le nom signifie « force de conviction » propose un énergique cocktail de hip-hop/afro-beat/jazz-funk pimenté à l’engagement politique et à la spiritualité.
Souljazz Orchestra : Les canadiens de Souljazz ont le rythme dans le sang. Leur jazz spirituel puise son inspiration dans la musique des années 60 et 70. C’est pêchu, entrainant, entêtant, communicatif. Une superbe cohésion de cuivres et d’énergie positive.
Jamie Lidell : Avec son nouvel album « compass », Jamie Lidell aura peut-être le succès commercial qu’il attend. Son rock-électro mâtiné soul passe fort bien en Live. L’Anglais à la belle carrure s’amuse sur scène ; son visage très expressif et sa façon toute particulière de se déhancher vaut le détour.
Oldelaf a tourné pendant 10 ans avant de se lancer seul. Enfin… pas si seul que ça. Ses compères musiciens sont aussi fêlés que lui et sa manière de théâtraliser sa prestation autour de sa musique que l’on pourrait qualifier de « chanson à texte humoristico-plouc »… est très originale. Une sorte de « cousin de banlieue » de Vincent Delerm.
Vanessa Paradis a restreint le nombre d’accréditation photo. Seuls quelques-uns d’entre nous (les meilleurs assurément…) ont eu la chance de l’approcher. Si je ne fais pas partie des meilleurs, j’ai eu le privilège de suivre le concert sur la plate-forme régie ; autant le dire, dans des conditions exceptionnelles vu le monde, la chaleur, le manque d’air, la proximité… un calvaire pour tous ses fans ! Vanessa l’icône a choisi de nous présenter assise son concert acoustique. C’est mignon, on fredonne, mais… autant une chanson douce reboostée à la guitare électrique, j’en mesure aisément l’intérêt, autant la même chanson douce au pipeau à deux à l’heure… je ne comprends pas.
Oxmo Puccino est toujours aussi charismatique et troublant sur scène. Son flow viril et sensible est terriblement touchant. Je ne m’en lasse pas.
Sur scène, le groupe Florence and the Machine mené par la sublime et incendiaire Florence Welch ressemble au concert quasi parfait. Avec sa voix d’ange sortie d’un gospel choir, sa silhouette longiligne moulée dans la dentelle et les pieds nus, elle envoie des tonnes de vibrations mystiques et module le froid et le chaud avec une maitrise qui étonne. Le crescendo dans l’énergie physique qu’elle déploie sur scène est hallucinant. Inoubliable et magique.
Ariane Mofatt a écrit un très joli troisième album « Tous les sens » aux mélodies et aux textes enchanteurs. Avec le titre « Je veux tout », elle a parfaitement révélé l’âme complexe des femmes. La voir enfin sur scène fut un vrai moment de joie.
Les Landais The Inspector Cluzo sont un peu dingues. Une batterie, une guitare et ils mettent le feu. Ils ont la haine contre les bassistes (« Fuck the bass player »), contre Mickael J. (Fuck Mickael Jackson ») et contre Mr notre président, à qui ils adressent au passage un petit signe de la main. Du son qui fait du bruit. Electrisants les French Bastards !
Les Delphic de Manchester et leur électro-rock vintage sont sur une autre planète. Une révélation.
Carmen Maria Vega a un petit grain de folie parfaitement à propos pour les démonstrations de son rock néo-réaliste. Belle gouaille mélangée à ses origines guatémaltèques, gueules insensées … cette piquante brunette est un vrai cocktail pimenté d’insolence et de charme.
Mathieu Chédid nous a présenté son Mister Mystère : une nouvelle chouette perruque en plume d’autruche (??), des lunettes en étoiles et un costard à paillettes. Au-delà de l’apparat, rien à redire : une pêche d’enfer au service d’une prestation efficace, rock à souhait. De la belle dynamite.
Une claque ! C’est une véritable claque que se sont pris les festivaliers des Solidays ce dimanche 27 juin sur la scène Bagatelle. La famille Higelin est riche en talents et Izia (qui n’a même pas encore 20 ans !) ne déroge pas à la règle en imposant un style bien personnel avec un rock dynamique et féminin.
C’est parti pour une heure de pure folie et le public le sait ! Certes, Izia est née sous une bonne étoile, mais elle a fait ses preuves et c’est une foule déjà conquise qui se presse pour (re)voir la jeune chanteuse. Loin d’un rock adolescent, Izia sexy et déjantée, a su s’entourer d’excellents musiciens (dont le guitariste Sébastien Hoog qui la suit depuis ses débuts).
Son énergie donne du fil à retordre aux techniciens qui doivent courir sur scène dégager le câble du micro coincé derrière un ampli… Peu importe… avec sa voix cassée et ses interludes délirantes, Izia joue avec le public. Sa musique sur scène est tout simplement un délice pour les oreilles et sa vitalité est terriblement efficace pour le moral !
Pour ceux qui n’ont pas été totalement convaincus à l’écoute de son disque, n’hésitez pas à courir la voir sur scène, son énergie débordante ne pourra que vous transporter.
Des claques, encore !
Pari risqué que de programmer un jeune groupe, en guise de clôture de soirée un samedi sur la scène « Paris » ? Skip The Use. Un groupe encore peu connu du grand public. Mais ceux qui le connaissent, n’en disent que du bien. Ma curiosité est attisée… et pour cause.
Ambiance plus que survoltée, public hystérique : Un show explosif mené de main de maître par le chanteur leader Mat Bastard.
C’est certain, ce groupe punk-rock venu de Lille va faire parler de lui!
Probablement une des plus belles découvertes de cette 12e édition Solidays.
Aurélia, Alix, Isabelle
Photos Aurélia Frolich, Alix Marnat, Kea Nop
Skip the Use au Hangar
Rude défi pour les 5 membres de Skip the Use ce vendredi soir au Hangar : c’est devant le public de Lofofora qu’ils ont du faire leurs preuves… Ils n’ont eu que 3/4 d’heure pour chauffer la salle, mais c’est avec maestria qu’ils l’ont embrasée ! Et le challenge a été remporté haut la main !

Matt, le chanteur, électrique, torse nu, dans la foule, sur la scène, au-dessus de la scène, énorme, avec sa voix parfaitement maîtrisée, il remplit l’espace.
Et le public adore : ça danse, ça saute, ça pogote !
She’s My Lady, Bastard Song, Don’t wanna be a Star, presque tout l’album y passe, plus une magistrale reprise de Blur (Song 2), et on termine en folie sur Bastard Song. On avait aimé l’album, on a adoré la scène !
Grandiose !
Un concert survolté, un peu trop court, mais qui donne envie d’y retourner, encore et encore !
Ne les ratez pas, ils seront le 12 décembre à Sannois, le 30 janvier à Rambouillet et le 19 février à Palaiseau.
Sandrine
www.myspace.com/skiptheuse
Photos Sandrine Cellard
Skip the Use
13 novembre 2009 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
Le ton est donné dès le premier titre : Skip the Use ne s’embarrasse pas d’une entrée en matière en douceur. Non. On rentre dedans tout de suite ! Et c’est parti pour 12 titres rock et punk, mâtinés d’influences multiples.

Si on pense tout de suite à Artic Monkeys, c’est surement à cause de la voix de Matt, le leader/chanteur. Mais aussi au son résolument nerveux, aux riffs courts et efficaces.
Les lillois ont lâchés un peu – mais pas trop – leur côté punk pour inclure de petites touches d’électro, de disco, de reggae et de ska : ici un couplet franchement dansant (Dr House), là des accords jamaïcains (Slavery), des arpèges à la Queen (She’s My Lady), mais aussi un bel hommage aux Clash (Don’t Want to be a Star).
L’album est un peu linéaire, mais c’est une belle giclée de rock nerveux à l’anglaise, énergique et efficace.
Nul doute que la scène est faite pour eux ! On ne ratera d’ailleurs pas l’occasion lors de leur passage aux Hangar, le 4 décembre…
Sandrine
Sorti le 5 octobre 2009 (13 €)
myspace.com/skiptheuse
1. Bastard Song
2. She’s My Lady
3. Bullet
4. Dr House
5. Give Me
6. Antislavery
7. Off Me
8. Don’t Want To Be A Star
9. Hell Parade
10. You Are
11. My Generation
12. Unbreakable

















