La british interview de Morcheeba
Festival Terres du Son 2010
Nous n’y croyions pas une minute… Nous l’avons quand même demandé… et Skye Edwards et Ross Godfrey nous ont accordé une interview…
- Morcheeba est de retour, et nous en sommes ravies ! Bienvenue !
Skye, vous êtes là le temps d’un album, ou c’est d’un vrai retour qu’il s’agit ?
Skye : Morcheeba, je ne les ai jamais totalement quittés…
- Et maintenant que l’équipe originelle est reformée, quel est l’avenir de Morcheeba ?
Skye : Si je savais de quoi est fait l’avenir… !!
- Que s’est-il passé pendant l’absence de Skye, vous avez fait des choses plus personnelles ?
Ross : non !
- Vous n’avez pas joué avec d’autres groupes ?
Ross : je ne crois pas !
Skye : Si… Tu as joué avec d’autres groupes !
Ross : oui, mais rien de sérieux.
Skye : moi, j’ai fait 2 albums solos, le premier qui s’appelle « Mind How You Go » et le second « Keeping Secrets », qui est sorti en octobre dernier, un peu plus électro.
- En tant que précurseurs du Trip hop, comment le définiriez-vous ?
Ross : je ne pense plus beaucoup au trip hop… Je crois que quand on a commencé, on était influencés par le hip hop américain, new yorkais. On ne pouvait pas faire de hip hop, parce qu’on était anglais. Alors comme tous les groupes du moment qui ont eu la même idée au même moment, on a fait quelque chose d’approchant, en utilisant le hip hop. Je crois que c’est ça le trip hop, au fond. On a aussi été influencés par une chanson qui s’appelle Small World, par un artiste qui s’appelle aussi Small World. C’était instrumental, incroyable, et on l’écoutait toutes les nuits, avec les DJ en boite, et on écoutait ça. C’était brillant ! C’était un nouveau genre de musique et c’était très british, et c’était bon.
Mais après quelques années les choses ont changé. Quand Madonna a sorti un album au son trip hop, on a abandonné. (rires)
- Et qu’écoutez-vous comme musique, actuellement ?
Ross : j’écoute beaucoup de blues, beaucoup d’acid rock de la fin des années 60. J’aime des groupes comme Morning Light, j’aime un DJ qui s’appelle Kaplan Killer, il est vraiment bon. Mais en fait, il ne s’agit pas de type de musique, mais plutôt de chansons. Il y a des gens qui écrivent de vraiment bonnes chansons. Et c’est aussi ce que nous faisons… écrire de bonnes chansons.
Skye : je suis influencée par des chanteurs comme Frank Sinatra et Shirley Bassey. J’ai aussi aimé ce que mes 2 adolescents écoutent, quelque chose qu’ils appellent… euh… Vampire Weekend ? (rires)
- Mais si vous ne faites plus de trip hop, alors… Que faites-vous ?
Skye : C’est vrai qu’au tout début, on faisait vraiment du trip hop, avec une chanson comme « Col »… Ca pouvait être du trip hop. Mais avec « Big Calm », c’est plus une chanson country, avec une sorte de liberté, qui s’approche d’une chanson pop, soul. On ne peut pas appeler ça du trip hop. Le mot trip hop est un peu réducteur, il ne couvre pas tout ce qu’on fait.
Quand on va dans une boutique de musique, en Grande-Bretagne, on n’est pas dans les bacs Trip Hop, mais dans la Dance ! Et le seul prix qu’on n’ait jamais gagné était pour le « Best Dance Act » ! (Rires) Aussi bizarre que ce soit !
Je crois que le meilleur de tout ça, c’est le down tempo…
- Quels sont les projets immédiats ?
Skye : On continue la tournée, on a des dates jusqu’en octobre. Et on verra ce qui arrivera !
Moi j’ai mon album solo qui est sorti en octobre dernier. Je crois que c’est un album incroyable, et j’aimerais passer un peu plus de temps pour la promo. On a aussi travaillé sur un film réalisé par Steven Soderbergh, et on aimerait faire plus de choses comme ça, des musiques de films. J’aime ce genre de projets…
Et je suis vraiment contente d’être revenue au sein de Morcheeba.
Sandrine
L’interview chrono de Tété
Sur ce coup là, on a beaucoup de chance! Tété ne peut répondre qu’à trois interviews, faute de temps oblige. Les trois interviews sont déjà bookées, et nous ne sommes pas au programme. Dommage… sauf que lorsqu’on arrive dans l’après-midi à l’espace presse, on nous apprend qu’un journaliste s’est désisté… et que Tété aura donc quelques minutes à nous consacrer. Cinq minutes pas plus, top chrono!
Qui est Tété?
Alors Tété est un guitariste-chanteur, qui fait un mélange de folk et de blues. Qui va de morceaux acoustiques à des morceaux plus enlevés, et le lien entre les différentes influences, je dirais que c’est le blues à chaque fois, particulièrement sur le dernier album, qui a été enregistré à Portland dans l’Oregon. Alors, c’est vrai que l’Oregon c’est dans le nord-est des Etats-Unis, en dessous de Seattle mais toutes les influences dont il est question, c’est vrai que c’est des choses qui viennent plutôt du sud des Etat-Unis… Nouvelle Orléans, ce genre de chose.
Des références particulières?
Au niveau des noms, c’est super vaste, en fait parce que quand je parlais du lien qu’il peut y avoir entre différents styles de musique mais qui sont tous emprunts de blues, on peut parler du folk de Bob Dylan, on peut aussi parler de certaines ramifications du rockabilly, de groupes comme les Black Keys aussi, qui font une musique toute aussi blues mais qui est plus amplifiée, jusqu’à – même si je pense pas que ça s’entende dans ce que je fais – des groupes comme ACDC, dont la musique est vraiment emprunte de blues. C’est quelque chose qui est vraiment issu du même truc.
… En fait, le blues c’est un genre musical et une texture. Et c’est vrai que dans toute la musique qu’on écoute depuis la seconde guerre mondiale finalement, y’a vraiment ça à chaque fois. Alors des fois avec des sons différents, avec une facture plus acoustique, une facture plus électrique, plus ou moins énervé, mais c’est vrai que le truc sous-jacent c’est toujours ça. Et c’est intéressant de voir, quand on aime ce type de musique et qu’on essaie de voir ce qu’on écouté les mecs qui en font aujourd’hui, on se retrouve toujours dans le Sud des Etats-Unis. Dans un champ en milieu rural, avec des petits qui jouent de la guitare dont c’est pas forcement le métier, mais qui jouent des airs traditionnels irlandais ou pas, qui exploitaient ce côté blues… Je pense qu’il y a une image d’Epinal qui veut que le blues ce soit triste, mais ça peut être vraiment plein d’énergie aussi. Et puis je pense en fait, que toutes les musiques traditionnelles ont une espèce de vitrine. C’est vrai que la vitrine du blues, c’est un vieux monsieur noir qui est devant une case et qui se plaint parce qu’il a pas de sous et que sa femme est partie avec son chien (rires)… Mais dans tout l’éventail des choses qui sont abordées par les musiques traditionnelles, c’est tout ce qui fait la vie d’un homme et d’une femme : des heureux évènements, des évènements un peu plus durs, des choses de la vie.
Comment s’est passé l’enregistrement à Portland? Les conditions sont-elles les mêmes qu’en France?
En fait, ce qui est à l’origine de cet enregistrement là, c’est que j’ai fait une tournée à Portland, pendant laquelle j’ai rencontré un monsieur qui s’appelle Steve Berlin. J’ai tourné là, parce que je suis dans une dynamique déjà depuis trois, quatre ans, où j’essaie de tourner en Australie, en Angleterre, aux Etats-Unis et tout. Ça a occasionné des rencontres, le fait que je voyais ces gens là, je voyais comment ils travaillaient dans ces pays là et c’est vrai que c’est intéressant, y’a plein de choses dont je me suis inspiré sur disque, mais je ne savais pas comment ça s’enregistrait. Quand on est sur place, on se rend compte qu’ils utilisent des accordages différents, des instruments différents et puis qu’ils sont vraiment dans l’énergie. Voilà, les Américains, ils sont vraiment dans l’énergie. Ils aiment pas trop parler, parler longtemps d’un truc, ça les saoulent, il faut pas trop tourner autour du pot. Et quand on a une idée, c’est ça qui m’a marqué! Quand on a une idée et qu’on bosse avec des Américains, leur expliquer, ils s’en foutent alors que nous s’est exactement l’inverse. On est très dans l’échange, et eux c’est au bout de deux mots : « garde ton énergie, essaie, montre nous, et puis si on aime, on le fait! » Par contre, y’a un truc intéressant aussi c’est que finalement ça laisse autant de place à l’expérimentation, parce qu’ils sont très ouverts à ça. C’est pas mieux ou moins bien, c’est intéressant et puis ça fait prendre du recul. Ça fait que quand on vient en France, on se rend compte qu’il y a un très beau circuit de salles ici, que l’exception culturelle c’est aussi quelque chose, et c’est bien parce qu’il y a cette notion d’accompagnement. Et qu’on se rend compte que y’a plein de mecs qui n’ont pas la chance de faire leur métier dans des conditions normales…
9 novembre – Zénith à Paris
Fin novembre – Voyage de promotion au Japon pour la sortie de l’album
Printemps 2011 – Tournée de concerts au Japon
Des concerts toujours en France, une tournée de prévue en Angleterre, aussi.
Et puis niveau télé, y’a Tété ou Dédé, que j’ai co-animé avec André Manoukian, qui est rediffusée tout au long du mois de juillet. Ce soir, c’est la Nouvelle-Orléans. Et puis sinon, c’est tous les dimanches, à 23h45…
Isabelle
L’envie et le dédain
L’interview métaphysique d’Alexis HK
Festival Terres du Son 2010
Alors que nous avons un timing très minuté avec certains artistes, aucune consigne ne nous est donnée au moment d’interviewer Alexis HK. On en profite donc pour le laisser parler… Et dieu sait qu’il en a des choses à dire! Rencontre avec le très bavard et non moins charmant Alexis HK.
Alexis HK selon Alexis HK, ça donne quoi?
Ça c’est la première question? …alors… Est ce que vous voulez un point de vue sociologique? Un point de vue métaphysique? Ou un point de vue anthropologique? Je plaisante!
Alors déjà, je pense que Alexis HK, c’est un mec qui a un gros problème d’identité. Sinon il s’appellerait pas Alexis HK… En fait, moi je m’appelle Alexis Djoshkounian au départ et vous aurez remarqué qu’Alexis HK, c’est pas vraiment un nom. Personne ne peut s’appeler HK, ça n’est jamais arrivé dans l’histoire des patronymes. Parce que j’avais un nom super compliqué, que personne n’arrive à prononcer depuis mon enfance, j’ai donc été obligé de prendre les deux lettres du milieu de mon nom, pour faire quelques chose de plus simple, cet espèce de nom de code un peu bizarre. Mais quand on se présente sous un nom de code, c’est déjà qu’on a un problème d’identité. Problème d’identité que j’essaie de renverser ou pas, en m’exprimant au travers de chansons. Si possible qui racontent des histoires, qui racontent des choses, qui donnent un ressenti à la fois amusé et un peu angoissé aussi sur les choses. Donc voilà, Alexis HK c’est un espèce de chanteur comme ça, qui essaie de faire sa petite route paisiblement, dans un milieu parfois hostile mais qui s’amuse beaucoup en faisant ce qu’il fait et qui compte bien continuer encore longtemps.
Tu dis que l’écriture de tes premières chansons t’a servie de soutien thérapeutique…
Est ce que ça va mieux? Non pas du tout! Ça va pas mieux du tout! J’ai écrit ça parce que j’ai moi-même fait ma bio. Une fois de plus, ça corrobore un certain problème d’identité, car personne ne fait lui-même sa bio, finalement!
Moi, pour ma part j’ai écrit ça dans ma bio, parce que je trouve ça drôle de parler de l’adolescence comme d’un mal qu’il faut soigner, et ma façon de le soigner c’était d’écrire des chansons. D’abord, de chanter des chansons de gens que j’aimais beaucoup, et ensuite de commencer à écrire mes premières chansons, très très pourries au début, puis un petit peu moins pourries. Puis on essaie souvent d’aller vers le moins pourri, vers le moins naze… mais au début c’était quand même très très mauvais… Et donc effectivement, ça constitue un soutien je pense, pour tous les gens qui se prétendent artistes. Si vous en croisez d’autres, vous verrez qu’ils ont toujours un petit problème de représentation avec eux mêmes. S’ils font ce métier, c’est pour aller vers le monde, avoir une forme d’accès à travers le monde, sinon ils restent tout seul dans leur chambre avec leur synthé… Donc je n’échappe pas à cette règle, je crois que ça m’a aidé parce que j’étais d’un naturel assez réservé et que je me suis dit « ton gros défi à toi, vu ta personnalité, ça serait de pouvoir monter sur scène avec une guitare, chanter une chanson que t’as écrite, et que les gens l’aiment bien. Si t’arrives à faire ça, t’auras vraiment franchi un cap thérapeutique. »
Cet exutoire, c’est l’écriture? La scène?
De tout. Tout ce qui compose ce métier. Je le trouve intéressant parce que c’est à la fois plein de petites disciplines individuelles et en même temps, il faut obtenir une grosse globalité; quelque chose de cohérent, donc ça me plaît beaucoup. Et puis surtout, parce que c’est infini. Avant de devenir véritablement artiste – là, c’est pareil, je parle en mon nom mais je parle au nom de tous les gens qui partagent l’affiche avec moi -, je pense qu’on les appelle « artistes », mais en fait pour l’instant ce sont de « petits artisans ». Et le jour où on devient artiste, c’est le jour où on a des années et des années de pratique, qu’on arrive à une sérénité, à un détachement, qui fait que là, on peut toucher à la grâce. Donc c’est pour ça que j’aime ça, parce que c’est infini, qu’on a toute la vie pour le faire. Je me donne pas entre vingt et trente-cinq ans. Je me donne jusqu’à quatre-vingt ans pour arriver à faire des choses bien artistiquement.
Il y a des gens pour toi qui ont atteint cette grâce?
Je pense qu’il y a des gens qui l’ont touchée plus ou moins tôt, mais pour moi, Jacques Brel c’est quelqu’un qui a été touché par la grâce. A un moment donné, il était tellement angoissé par le fait de mourir, il a tellement compris avant les autres qu’il allait mourir, question à laquelle cherche à échapper la plus part de nos contemporains… Lui, ça a été tellement son postulat de départ, que finalement toute sa création ça a été une sorte de fuite en avant, vers la grâce. Avant de mourir, avant de partir. Lui, vraiment, pour moi, il représente ce symbole là. Après pour moi, c’est les musiciens classiques qui parviennent à ça. La plupart du temps, ils vont vers des émotions sans même parler, y’a pas de mots, très peu, à part dans l’opéra… Je pense aux grands musiciens classiques en général, aux musiciens dont on parle encore aujourd’hui alors qu’ils sont morts depuis trois siècles. Ils ont touchés une éternité, mais chacun a sa façon de parvenir à la grâce. Je crois que Georges Brassens – moi je cite toujours les Grands Patrons – dans sa simplicité, avec sa guitare qui sonnait bizarrement, et puis sa poésie extraordinaire mêlée d’humilité, de recul et de subversion, c’est une façon d’obtenir sa grâce à lui, son passeport à lui vers l’éternité.
Pour moi, y’a du chemin avant d’obtenir ça, avant d’arriver là. Et il faut prendre le temps, moi c’est ce que je fais. C’est ma vision des choses, j’estime pas qu’elle est universelle mais c’est comme ça que je vois ma route à moi.
D’ailleurs un jour peut-être, je serai un grand artiste. Pour l’instant, « travaille, continue, réfléchis, vas bosser ». Parce que plus je fais ce métier, plus je le sacralise en fait. Plus je me rends compte qu’obtenir des choses artistiquement valables, que ça ne soit pas que des anecdotes artistiques, un single tout pourri en radio qui marche bien à un moment donné… Des choses profondes, qui touchent les gens vraiment dans leur intimité, dans ce qu’ils ont de plus secret, dans ce qu’ils ont de caché, que ça leur parle et qu’ils le partagent avec vous.
Il faut vraiment du temps pour contempler et se contempler aussi, là je vais dans la bonne direction…
Tu parles des « Grands Patrons », quelles sont justement tes sources d’inspiration? 
En fait, j’ai des Patrons, mais maintenant ça ne représente plus trop une souche d’inspiration parce que je suis trop vieux maintenant, pour être inspiré par l’écriture d’autres gens. Il faut que je trouve mes trucs à moi, j’ai plus le choix. Quand on est plus jeune dans le métier, on a vraiment des sources d’inspiration, des gens… Voilà, je citais Brel, Brassens. Moi c’est vraiment mon berceau en chanson française pure et dure. Des gens qui reviendront toujours sur le tapis jusqu’à la fin de ma vie. Mais ils ne constituent plus une source d’inspiration, ils constituent plutôt une sorte de firmament de l’accomplissement artistique. Mais il faut s’en détacher absolument pour faire des choses à soi…
Qu’est ce qui donc te touche et t’incite à l’écriture?
Moi, y’a deux postulats qui peuvent inspirer mes chansons. C’est d’abord le caractère singulier de ce qu’on vit, de ce qu’on est, de cette aventure… C’est vrai qu’on a tendance à s’habituer à la vie, à penser qu’on a toujours été là et qu’on sera toujours là. Mais finalement, c’est pas vraiment le cas et donc ça fait de nous des personnes, des créatures assez singulières et ça, ça m’inspire vraiment.
Parce qu’à partir du moment ou il faut vider de leurs substances des idées reçues sur l’existence et sur tous les modèles qu’on nous vend aujourd’hui, comme si tout ça était de l’ordre de l’évidence, alors que rien n’est évident… ça, ça peut m’inspirer. Ça, ça peut vider le terrain pour me laisser de la place pour commencer à écrire. Et le fait de savoir qu’on va mourir un jour ça me permet – sans tomber du tout dans un truc morbide – d’être dans une interrogation réelle justement, parce qu’à moment donné on peut effectivement penser que notre présence ici est évidente et éternelle… alors qu’il n’en est rien. Ça me parle vraiment, ça me plaît vraiment. Moi j’ai besoin d’idées socles en fait. Puis ensuite, une fois qu’on a ces deux bornes là, entre les deux, y’a des anecdotes de gens qui circulent et on se débrouille pour raconter des histoires, pour être inspiré, pour être amusé aussi. Pour réussir à être amusé, même si en ce moment les gens m’amusent de moins en moins. Je trouve qu’on traverse vraiment une période difficile où j’ai l’impression qu’on a de plus en plus de mal à avoir de la dérision et de l’autodérision. Mais voilà, faut trouver une vision des choses, faut bien réfléchir à ce qu’on pourrait avoir à dire. Et surtout ne rien dire, si on a rien à dire. Moi, si je dois passer cinq ans entre deux albums parce que j’ai considéré que j’ai rien à dire, je le ferai. Le devoir d’écrire pour moi, il n’existe pas.
Par rapport à ton album, pourquoi une telle référence au film « Les Affranchis » de Scorcese?
Mais parce qu’on est dans un monde d’escrocs, chère Madame! (rires)
Parce que ce film « Les Affranchis » m’a beaucoup marqué, à plein d’égards. Je trouve que c’est une œuvre vraiment très réussie. Cinématographiquement parlant, que ça soit les personnes, les acteurs, l’image ou l’histoire qui m’a vraiment beaucoup plu. Et surtout, c’était un film dont les codes moraux sont complètement inversés. On s’attache à des gens qui sont foncièrement malhonnêtes, qui volent des camions, qui dealent de la drogue. En même temps on aime bien leur présence et quand y’en a un qui tape à coups de pied dans le ventre d’un mec, par terre, on a une espèce de jouissance. Martin Scorcese en faisant ce film, il a fait un exploit dialectique incroyable. Il a réussi à nous faire aimer des gens méchants, et en même temps, il est pas loin d’une certaine réalité d’aujourd’hui, qui est qu’on est un peu gouverné par des escrocs, on le sait. C’est un peu un modèle, ce gangster en costard. Donc c’est ça qui me plaisait, et j’ai voulu en faire un peu un comparatif avec les chanteurs de chanson française. Parce que je trouve ça hyper kitsch d’être chanteur de chanson française par rapport au fait d’être gangster, dans un film de Scorcese. C’est ultra kitsch, c’est pour ça que dans mon clip, ils jouent au Scrabble. Y’a un côté français… très fermé… Et en même temps, c’est des marginaux, les chanteurs. C’est ce que je répète parce qu’on me pose souvent la question. C’est le côté marginal qui m’intéresse. Etre chanteur aujourd’hui, c’est faire carrière comme on ferait carrière dans le milieu de la mafia. Il faut essayer d’obtenir des trophées, du succès, une bonne réputation, et puis tomber et se relever. Essayer de se relever à un moment donné ou ne jamais se relever. Finir dans la drogue… Comme le chante je crois, le groupe nantais « Hocus Pocus » qui parle d’une chanteuse. Au début, elle était chanteuse, elle a été reconvertie en mannequin puis elle s’est reconvertie en junkie*… Donc voilà, c’était marrant comme comparatif. J’étais très amusé et surtout, ça se voulait très cinématographique. Prendre une référence cinématographique pour mettre soi-même un peu de couleurs dans ce qu’on pourrait avoir à écrire et pas faire de la chanson française trop rance.
Il y a une sacrée distribution dans ce clip: d’Olivia Ruiz à Charles Aznavour, en passant par Juliette pour ne citer qu’eux. Pourquoi un tel choix et comment arrive-t-on à fédérer autant de guests sur un clip?
C’est pas un choix. Les gens qui sont venus, je ne les ai pas choisis.
Moi j’avais dit à mes éditeurs, « Cet album s’appelle Les Affranchis, donc il faut que le premier single ce soit Les Affranchis. Si on veut faire un clip, ça serait bien que des chanteurs viennent jouer Les Affranchis ». J’avais dit ça, en me disant « Ils vont me prendre pour un malade mental, ça va jamais se faire! »… Et ils m’ont pris au mot. Et là, je reçois des mails: Olivia Ruiz Ok, Charles Aznavour Ok. J’hallucinais complètement. Donc y’en avait que je connaissais plus ou moins intimement, pour la plupart je connaissais leur musique. Mais ils sont tous venus un dimanche, faire ce clip et c’est un bon souvenir, c’est clair! Et ils se sont bien marrés. Y’avait Yves Duteil qui avait une grosse montre comme moi, alors que même en gangster, il ressemble un peu à un conseiller du Crédit Lyonnais! C’est juste trop sympa. Guidoni, Juliette et plein d’autres. Julie Zenatti, Armande Altaï, Michel Fugain il est énorme! Et puis Jean Fauque, c’est quand même l’auteur de Bashung, c’est un mec incroyable. En plus, il a vraiment joué le truc à fond, super bien. Si vous avez l’occasion de le remater, ce sera le « Où est Charlie? ».
Mais voilà c’était pas des choix délibérés, parce que si j’avais commencé à dire « Je voudrais lui, lui, lui… » ça ne se serait jamais fait. Il fallait laisser la liberté aux gens, leur envoyer le single, le projet, c’était oui ou c’était non. Et ils ont répondu « oui » en grand nombre!
Ta tournée se clôture par un concert à l’Olympia le 6 décembre prochain. Que retires-tu de cette expérience?
Cet album ça aura été une belle aventure. Déjà, on n’a pas de maison de disques… On se permet de faire ce genre de clip, on a l’Olympia, ce genre de choses sans maison de disques! Pour moi, en matière de projet indépendant, c’est un peu un cas d’école. On a vendu pas mal, on a fait deux, trois bonnes télés, c’est un peu monté en puissance… Je suis fier de ce projet, par la façon dont ça se passait humainement avec les gens qui m’entouraient. Je suis très fier. Et puis ça se termine par un Olympia, qu’est ce qu’on peut demander de plus?
Ça a de la gueule! C’est peut-être ça, la phrase de conclusion!
Une appréhension de l’Olympia?
Non, un plaisir! Bonheur, chaleur, plaisir!
On va être en famille. Ma compagne va faire la première partie avec son groupe. C’est vraiment conçu comme tout sauf la date parisienne stressante mais plutôt comme le moment familial. Le dernier plaisir avant la fin de la tournée. Le luxe c’est que ça se passe à l’Olympia mais pour l’esprit, c’est que du plaisir!
Et l’après Olympia?
Là, on a un livre pour enfants qu’on a fait avec ma compagne, qui s’appelle « Ronchonchon et compagnie » qui va sortir à la fin de l’année et qui est en rapport avec la chanson. C’est tout une histoire qui a été écrite à partir des personnages de la chanson. On s’est beaucoup amusé à le faire. Et donc voilà, une fin d’année en librairie, dans les bacs… Puis après, y’aura un nouvel album qui va se préparer tout au long de l’année prochaine et qui sortira s’il est prêt, si j’ai envie. … Mais c’est bien! En ce moment c’est bien!
Isabelle
* Hocus Pocus, « Recyclé » (Ce mannequin reconvertie en actrice, reconvertie en chanteuse, reconvertie en junkie)
myspace.com/alexishkofficiel
alexishk.com
La non-interview de Ben l’Oncle Soul
Festival Terres du Son 2010
C’est confirmé, nous n’aurons malheureusement pas l’opportunité d’interviewer Ben l’Oncle Soul… mais comme on le croise à l’espace presse du festival, on en profite!
Il n’aura vraiment pas le temps de nous accorder une interview, mais Ben l’Oncle Soul est un mec cool, alors on papote comme de vieux potes.
Il nous explique qu’il a été obligé de choisir ses interviews car il est arrivé il y a trente minutes à peine. Et comme c’est l’enfant du pays, ici, il a privilégié les radios et journaux locaux. On ne lui en veut même pas.
En plus, en pleine tournée, il ne peut pas se permettre de passer son temps à répondre aux questions des journalistes parce qu’il a besoin de récupérer. (Physique son show? … Sans blague!)
Hier, il était à Bagnols sur Cèze, ensuite Paris puis la Rochelle… sans parler de la chaleur qui assomme tous les artistes!
Ce festival est vraiment particulier pour lui. Il a grandi ici, il y a donc toute sa famille! Est ce que ça le stresse? Absolument pas, bien au contraire! Il n’a pas de pression, rien ne lui met la pression. Et de retour au bercail, il a l’impression d’être entre amis. C’est plus chaleureux, c’est plus intime, c’est plus tranquille!
Voilà. Ce fut bref, mais fort sympathique!
Et pour ceux qui – comme moi- ne l’avaient pas encore remarqué, je l’affirme : Ben l’Oncle Soul porte des lunettes, de grosses lunettes, colorées qui plus est, celles ci sont rouge… mais ce sont des lunettes sans verres!
Isabelle
Soulman
L’interview survoltée d’Izia
Festival Terres du Son 2010
C’est à la dernière minute que nous arrivons à obtenir une interview de la jeune et jolie Izia, fille de Jacques Higelin.
On sent dans son discours que c’est encore une enfant – elle n’a que 19 ans – et pourtant, elle a déjà tout d’une grande.
Débordante d’énergie, hyper souriante et spontanée, elle se livre à nous, en toute simplicité…
Question que je me pose tous les matins.
Izia c’est une chanteuse dans un groupe qui porte le même nom. C’est un concept en même temps, puisque quand je parle de moi, je dis que « je suis en tournée avec Izia en ce moment ». C’est vraiment devenu une entité, le fait d’être rock sur la route… Y’a plus vraiment d’Izia en tant que personne.
Mais voilà, sinon je suis chanteuse dans un groupe de rock.
Quelles sont tes influences musicales?
C’est vraiment très difficile de répondre à cette question… Mes influences pour faire de la musique, c’est plutôt ce que me dicte mon corps et mes énergies qui me dictent vers quoi j’ai envie d’aller. Si j’ai envie d’aller vers des ballades, si j’ai envie d’aller vers des trucs énervés. Je m’écoute vachement et je bosse vachement à la spontanéité, à l’instinct, quand je compose, quand je suis sur scène ou même dans la vie.
Tu écoutes beaucoup de musique?
J’écoute beaucoup de musique, mais pas que du rock.
Jusqu’à mes dix-sept ans, j’étais vraiment rock seventies : très Led Zep., ACDC, Hendrix, Woodstock, les Beatles même. Et là, ça fait vraiment un an et demi que je me suis penchée sur des groupes comme Pulp, Paul Smith, Joy Division, ce genre là. Je suis vachement plus branchée sur ce genre de groupe en ce moment, rock eighties. C’est un univers qui me passionne vachement plus, parce que plus complexe. Il y a un côté plus « dandysme » qui m’excite pas mal, et ce concept que j’appelle le « dark festif ». Le truc, ça pue l’héroïne et les mecs ils sont là avec leur petit solo au clavier (elle chante un air guilleret en mimant les accords sur le clavier)… alors que c’est la loose absolue, c’est la dépression, c’est le black total. Et j’aime bien ce décalage, ça me plaît…
Sinon je suis très branchée electro, il y a le dernier album de Mia qui est super.. Je suis vraiment dans plein de styles différents et vraiment surtout pas cantonnée à ma musique.
Malgré ton jeune âge, quel serait ton souvenir de scène le plus marquant?
On a fait énormément de concerts depuis quatre ans. ça a été une vraie évolution et un vrai développement. En fait, avec la musique que je fais, avec l’énergie qu’on déclenche sur scène tous les quatre, avec la liberté qu’on se permet, on fait vraiment du rock basé sur l’énergie donc on peut se permettre tout et n’importe quoi. Donc tous les soirs, y’a un truc différent qui se passe. Les gens sont tellement réactifs à mon énergie, à ma musique, au coup de pied au cul que je leur mets.. Je raconte de la merde… Moi les moments qui m’intéressent le plus dans les concerts, c’est entre les chansons. Là où je peux parler aux gens, leur dire des conneries… Et les gens réagissent au quart de tour, ça parle, ça fait des réflexions.
Y’a un vrai échange avec les gens, y’a des dialogues avec les personnes, y’a des clans qui se forment…
A Rennes, je crois qu’à un concert on a passé une demi-heure à se parler avec les gens, chacun peut dire ce qu’il veut… C’est pour ça que tous les soirs sont différents, parce que chaque soir, tous les gens sont différents. Mais tous les soirs, il y a au moins dix secondes de grâce, qui font que le concert était le meilleur alors que celui du lendemain sera encore mieux, parce que, il y a eu ce petit moment incroyable qui balaie tout.
Tu as récemment été récompensée de deux Victoires de la Musique. Que retires tu de cette consécration?
Ca m’a apporté ce que je voulais que ça m’apporte, c’est à dire, des salles combles.
Donc je suis ravie! Mais c’est vite arrivé et ça a vite été oublié bizarrement pour moi. C’est hyper abstrait! Je m’en souviens pas vraiment, ça a été tellement un choc! C’est comme quand tu tombes dans les pommes et que tu te souviens plus de ta soirée, de ce qui s’est passé avant… Là, c’était un peu ça. Je sais qu’elles sont chez moi, je vois ces deux trucs dorés tous les jours en me réveillant, et pourtant j’ai pas l’impression que c’est vraiment arrivé.
Voilà, le seul truc qui change, c’est qu’à partir du moment où j’ai eu les Victoires avec la visibilité médiatique qu’on connait, c’est que tous les soirs, c’est complet alors qu’avant il manquait peut-être deux cent personnes… Et là, c’était des salles sur-blindées… C’est la seule chose que je voulais que ça m’apporte les Victoires, et ça l’a fait!
Après j’ai vendu plus de disques, j’ai peut-être aussi atteind un nouveau statut mais tout ça, je m’en fous. Un disque c’est matériel alors qu’un concert, ça vit, c’est quelque chose qui est là, c’est vrai, c’est des souvenirs. Quand je vois des salles combles, moi ça me rend heureuse!
Tu arrives à la fin de ta tournée?
Là, on fait les festivals de juillet. Après, y’a un mois de tournée cet hiver. Je fais l’Olympia le 14 novembre pour clôturer.
Puis y’a le deuxième album. En ce moment, on travaille dessus avec Sebastien à fond… On a une dizaine de titres aujourd’hui, on est hyper contents, on est hyper fiers et on va enregistrer en décembre.
Toujours dans la lignée du premier album?
Pas du tout. Rien à voir.
Rock… mais le jour et la nuit!
Plus de chansons, plus de mélodies… l’album de la maturité finalement! (dit sur un ton sérieux et grave, avant d’éclater de rire)
Je plaisante! Simplement, j’ai découvert des choses chez moi dont je ne pensais pas être capable, composer des choses que je ne pensais pas du tout être capable de faire. Beaucoup de fierté et beaucoup d’espoir dans cet album!
Il y a des artistes avec lesquels tu souhaiterais collaborer?
Je n’y ai pas encore réfléchi mais je suis une grande fan de ce concept de supergroupe. Je trouve ça génial parce que tu as tes projets, après tu prends des mecs dans d’autres groupes… comme Jack White qui est quand même le grand manitou qui a démarré ce concept là.
Je trouve ça génial et ça me brancherai à fond de monter un supergroupe, parce que tu as l’impression que c’est que du fun.
Je suis allée voir Dead Weather en concert la semaine dernière, et t’as l’impression que les mecs, ils s’éclatent! En plus, on se paie une petite tournée ensemble, on se marre et ensuite, on retourne à nos projets. Y’a un truc vraiment hyper festif là dedans et ça me plairait vachement de monter un side project en mode supergroupe avec d’autres gens. Je n’y ai pas encore réfléchi, mais je respecte vraiment les gens qui ont plein de projets… J’ai un très bon ami à moi, José des Stuck in the Sound, et j’en parle souvent avec lui. C’est un truc que j’adore chez lui, il a cinq groupes… Le mec a quarante mille projets, il a tout le temps un truc à faire, il est hyper créatif et moi c’est un truc qui me branche à fond d’être créative comme ça!
Isabelle
Let me alone
L’interview sucrée de Jil is Lucky
Tout juste arrivées sur le festival « Terres du son » édition 2010, nous sommes attendues par Jil.
A l’ombre d’un arbre et toujours paré d’une paire de lunettes colorée – orange cette fois -, il semble confortablement installé dans un canapé de velours violet.
Devant lui, une assiette de fromages et des chouquettes…
Qui est Jil ?
Avant d être un homme, un artiste et le leader d’un groupe, Jil mange des chouquettes.
Il aime être dans la pénombre, caché de la foule et du soleil, et apprécier ses chouquettes.
Sentir le sucre glacé et fondant, exploser dans sa bouche…
Sans transition, tu as effectué de nombreux voyages. Soif de découverte ? Nécessité de fuir ? Besoin de réfléchir ?
Je ne sais pas si c’était vraiment un besoin… C’était plus une envie qu’un besoin. Envie de bouger, de voyager, de voir du pays. ça me plaît et je continue de le faire.
En plus, en étant dans la musique, ça me permet de continuer à bouger, d’être en mouvement, d’avoir des points de vue décalés tout le temps, des changements de positions… C’est ça qui m’intéresse je crois dans le voyage.
Tu trouves une certaine inspiration musicale, à travers ces voyages ?
Non, c’est pas vraiment dans le voyage que je trouve des influences musicales. C’est d’ailleurs pour ça que bien qu’étant français, je fais de la pop en anglais. C’est parce que je pense qu’un type de musique va avec une langue, une culture. Je ne vais donc pas chercher des influences dans le voyage…
Je ne vais pas chanter de la salsa en français, faire de la musique hindi en allemand, chanter du flamenco en anglais ou de la guinguette en suédois!
J’essaie de ne pas tout mélanger.
Tu prétends que le désespoir est une des premières sources d’inspiration chez les artistes. Est ce ton cas ?
En fait, je devais citer Ferré qui disait que l’art est une excroissance de la tristesse et qu’il n’y a pas d’artiste heureux.
Si on a envie de s’exprimer dans l’extra sensoriel, dans l’indicible, dans ces matières là ou plutôt dans ces anti-matières là, c’est parce qu’on n’arrive pas à trouver d’accroche avec la réalité, probablement.
Donc oui, je pense que la tristesse, le mal-être, c’est le terreau de la réalité artistique.
Qu’est ce qui te désespère plus particulièrement ?
Dans le sens de désespoir pur ? … Je suis un angoissé donc il y a le combat de l’homme contre la mort. Le sens de la vie et des choses me désespère, parce que c’est un combat vain que l’on mène.
On essaie de trouver des bribes de sens comme on peut et moi j’essaie de faire ça avec la peinture et la musique.
En référence à ton nom de scène, est ce que Jil est vraiment chanceux ?
Je ne pense pas qu’il y ait d’homme chanceux. Je pense qu’il y a une manière d’appréhender la vie et les évènements.
Personnellement, j’essaie de retenir le positif, le bon des choses, de ce qui m’arrive.
Les coups durs, je les mets dans un coin de ma tête et peut-être que je me les reprendrais dans la gueule, plus tard…
Mais pour l’instant, je les mets de côté, donc j’ai l’impression qu’il se passe que des trucs cool!
Quels sont tes projets à venir ?
Je suis vraiment à fond dans la composition du deuxième album. Et actuellement, je suis en tournée jusqu’à la fin décembre.
Un deuxième album dans la lignée du premier ?
Non, un peu différent… Avec plus de matières synthétiques, plus pop et beaucoup moins boisé.
(On n’en saura pas plus…)
Isabelle
The Wanderer
Rencontre avec Morgan Manifacier
A l’occasion de la sortie de son nouvel album Grande, nous avons rencontré Morgan Manifacier, du côté de la place Monge.
Après un café et tout un tas de questions, nous sommes allés nous réfugier aux Arènes de Lutèce où il nous a offert un titre : Liberty Street.
Morgan, avec sa gentillesse, nous a offert un chouette moment ! Merci !
Ecoutez son nouvel album sur Virb.
Sandrine







