Charlotte Gainsbourg @ la Cigale
Pas de climatisation à la Cigale, malgré une chaleur de plomb à l’extérieur.
C’est donc dans une salle moite et enfumée, que je pénètre.
Je trouve rapidement une place assise à l’étage. Premier rang, vue impeccable sur la scène et le public, petit rebord me permettant même de poser ma bière. Parfait !
La première partie du concert est confiée au groupe Syd Matters, cinq musiciens aux compositions tant planantes et envoûtantes, qu’énergiques et entraînantes. Je me laisse porter par les harmonies, les arpèges, les couleurs et par la recherche d’unité lorsque leurs cinq voix s’unissent telles un chœur. Littéralement séduite.
Fin de cette première partie, il fait toujours aussi chaud. Billets et prospectus en tout genre s’agitent dans les rangs, créant un semblant d’air frais.
Plutôt amusant lorsque l’on connaît la silhouette de Charlotte Gainsbourg, que de voir un backliner à la carrure imposante, barbu et tatoué, tester son micro.
Dix néons verticaux et six petits écrans pour seul décor.
L’installation du matériel tarde. Le public – en majorité, des trentenaires et plus – s’impatiente.

Les musiciens et Charlotte entrent sur scène. Toute frêle et réservée, vêtue d’un pantalon de cuir noir, d’un tee-shirt blanc et d’un boléro, elle semble avoir seize ans.
Après quelques chansons, elle met de côté sa légendaire timidité et s’adresse au public « Vous allez bien ? Pas trop chaud ? » Tout en remerciant Brian, qui a constitué le groupe et réalisé les arrangements.
C’est certain, Charlotte Gainsbourg n’est pas une bête de scène mais elle sait s’entourer.
Une grosse rythmique et un accompagnement aux sonorités synthétiques, viennent soutenir et compenser sa voix fluette.

Les titres de son dernier album IRM se mêlent à ceux du précédent 5.55 et à une reprise émouvante de Just like a woman de Bob Dylan.
Puis elle annonce qu’elle a eu la chance de travailler avec Beck, avec Air, mais qu’elle a aussi la chance de puiser dans le répertoire « du plus fort, du plus beau, du plus grand, du meilleur », elle parle bien évidemment de son papa Serge. C’est le moment d’interpréter une version très personnelle d’Hôtel particulier.
Dans le public, une fan pas comme les autres, Jane Birkin, semble conquise.
Moins enthousiaste pour ma part, j’ai tout de même conscience d’assister à un moment privilégié, puisqu’il s’agit des débuts sur scène de Charlotte, en France.
Le concert se conclut sur une reprise très enlevée de Couleur café.
Le public acclame Charlotte. Le public réclame Charlotte. Le public attend Charlotte… mais Charlotte ne reviendra pas…
Isabelle
myspace.com/sydmatters
myspace.com/charlottegainsbourg
Photos Sandrine Cellard
DOUBLE U – Pineapple Dream
21 juin 2010 par Cyrielle
Classé dans A la une, Pour le plaisir
Julien Pras – Southern Kind Of Slang
2 mai 2010 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
Bienvenue dans le monde merveilleux de Julien Pras. Après 15 ans de bons et loyaux services au sein du groupe Calc, le bordelais s’offre une échappée (belle) en solo.
Avec Southern Kind Of Slang, la porte est ouverte aux elfes gambadant joyeusement dans les bois, aux fées virevoltant gaiement entre les arbres, aux rivières enchantées, etc, etc. Vous l’aurez compris, l’ambiance est magico-féérique, légère et gracile.

Plus classiquement, on pourrait ranger sa musique dans la catétgorie pop folk. Mélodique. Aérienne. Fragile. Gracieuse. Mais on ne peut s’arrêter là, et l’esprit s’évade vers des contrées plus improbables, moins palpables.
Il avait d’abord voulu des compositions sobres, basées sur le duo guitare-voix. Puis se sont ajoutés un peu de piano, de violon, de flûte, de vibraphone, et enfin la voix d’Emily Jane White sur Son of the Stars. Et à la première écoute, on pourrait presque croire au dépouillement total. Mais tout en finesse, les autres instruments s’interposent et se mêlent aux mélodies.
The Sweetest Fall
Des mélodies légères, dignes héritières de celles des Beatles, qui vous emportent au gré du vent. On pourrait encore citer Elliott Smith ou Nick Drake dans les influences. C’est folk, pop, ça balade et ça fait rêver.
De titre en titre, la voix claire de Julien Pras vous emporte dans des univers, certes pas très différents les uns des autres, mais aériens et élégants.
Une pause de douceur, un nuage de délicatesse, voilà ce que nous offre Julien Pras avec ces onze titres.
Sandrine
The John Butler Trio au Zénith
On l’avait trouvé magnifique à la Boule Noire en mars dernier, on l’a estimé… grand, énorme, génial (etc…) au Zénith ce mercredi 28 avril !
C’est dans une salle torride – tant par la chaleur ambiante que par un public en grande forme – que le concert à commencé… à l’heure ! Ils entament aussitôt un Company Sin enlevé et c’est parti pour deux heures de live d’une énergie follement contagieuse.
En piochant dans chaque album, ils enchainent, sans relâche, les titres et les rythmes. Le meilleur de John Butler est au rendez-vous. Avec ses nombreuses guitares et son talent incroyable, il nous bluffe par ses prouesses techniques. Mais aussi par ses mélodies et ses rythmes, avec toute la force du live.
Ajoutez à ça un charisme fou… Et voilà un concert proche de la perfection !
Sandrine
www.johnbutlertrio.fr
myspace.com/johnbutlertrio
Photos Sandrine Cellard
You and You – Songs, Stories & Magic Tricks
23 avril 2010 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
You and You, un nom chaleureux et intime, à l’image de leurs morceaux. Ce groupe français, créé en 2008, nous propose un style pop folk inspiré de diverses influences indie pop. On y retrouve l’univers « so british » de groupes tels que les Beatles ou Coldplay, ainsi que la douceur musicale de Cocoon, entre autres.

Leurs textes abordent des thèmes autour de l’enfance, des relations sentimentales et des rencontres de tous les jours… mais d’autres morceaux sont un peu plus engagés et éludent, de façon poétique, l’écologie et la politique.
You and You est l’alliance complexe et subtile de quatre musiciens : Feéix Perez et Clément Simounet sont à la guitare, au piano, au banjo et au chant. Samuel Lebouc est à la basse et aux chœurs et Maurin Zahnd est à la batterie.
Rainbow
Leur petit plus musical se trouve dans les chœurs. Ils sont un mélange de voix suaves et chaleureuses qui se posent harmonieusement sur chacune des rythmiques composées par le groupe.
Résultat : une compilation de titres intenses et intimes, entrainants et mélodiques, mélancoliques et romantiques… un surplus d’émotion à l’écoute.
Elsa Agbo
Retrouvez You and You en concert:
Le 23 Avril, Le Forum, avec Hindi Zahra à Vauréal
Le 29 Avril, Rockstore, avec Jil Is Lucky à Montpellier
Le 11 Mai, La Péniche, à Lille
Le 18 Mai, Batofar, avec French Pop Mission à Paris
Le 29 Mai, L’Ampérage, avec Mélanie Pain à Grenoble
Le 12 Juin, Le Mas, avec Yodelice à Puget-Sur-Argens
Le 16 Juin, La Luciole, à Alencon
Hey Hey My My – A Sudden Change Of Mood
6 avril 2010 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
Beaucoup plus électrique, le deuxième et dernier album de Hey Hey My My, A Sudden Change Of Mood, est un petit bijou. Le rock français est en pleine explosion et Hey Hey My My fait partie de cette envolée créative. L’album sortira en numérique le 12 avril prochain et sera dans les bacs le 26 du même mois.
Au commencement, Julien Gaulier et Julien Garnier prennent deux guitares, deux micros et créent British Hawaï. Et puis ils se lancent dans un nouveau projet, plus acoustique et nommeront leur groupe Hey Hey My My en référence à la célèbre chanson de Neil Young : « Hey hey my my, rock’n'roll will never die », « It’s better to burn out than to fade away ». Ils prennent la route et font un tas de concerts et rentrent en studio à trois reprises. Un premier 5-titres sort en 2005, ils sortent un album éponyme en 2007 et c’est déjà un certain Michel Aubinais qui enregistre la batterie. Ils reviennent ensuite sur les plateformes de téléchargements avec un autre EP, « A True Story »,en 2008 et les concerts continuent, la route s’allonge. Michel Aubinais les rejoint une bonne fois pour toute et c’est avec la même formation que pour le premier album qu’ils sont entrés en studio en octobre dernier.
Suite à cette session, le trio talentueux propose donc un 12-titres pop-rock 90′ soigné et cohérent. On commence l’album avec simplicité sur la première minute du premier titre : deux voix et une guitare. Mais les paroles annoncent que ça ne durera pas : « one voice and one guitare, it will be bizarre; one voice and one guitare, we’re ready for war »! Arrive donc, comme prévu, basse/batterie en trombe et la guitare, qui jouait la belle, revêt des allures de bête et la machine est en route. Seulement voilà, la machine HHMM, ce n’est pas des guitares qui gueulent d’un bout à l’autre du morceau comme pourrait nous le faire croire les premières secondes du deuxième titre. Non, non, non. On attend quelques secondes et poésie et douceur font leur entrée pour revenir ensuite sur du gros lourd. Et c’est tout l’album qui suit cette ligne directrice du on/off avec des transitions bien amenées et l’ensemble pas mal équilibré.
Pool
On aimera tout particulièrement les voix qui s’harmonisent avec brio et le côté « bienvenue chez les bisounours » qui s’introduit parfaitement par intermittence au rock électrique bien lourd.
On retiendra en particulier Pool pour son électricité et sa tension tenu d’un bout à l’autre et Oh Lord qui envoie bien les guitares électriques et qui fera danser votre chevelure en concert.
Petit moins, des morceaux trop trop court : on a écouté l’ensemble de l’album en une demi-heure et ça, c’est moyen.
On se surprend à chanter assez rapidement les refrains et avant de s’en rendre compte, on adhère complètement à l’univers de HHMM.
Pour ceux qui connaissent, pas de déception comparé au premier album, pour les autres, jolie découverte à faire.
Cyrielle
Ps : Nous les avons rencontré le 22 mars dernier l’interview se trouve … par ici !
Sortie numérique le 12 avril 2010
version album le 26 avril dans les bacs
myspace.com/heyheymymyband
Photo Sandrine Cellard
Yael NAIM @ Salle Pleyel le 25/02
La salle Pleyel nous avait habitué aux concertos classiques, d’opéras, symphoniques, philharmoniques… mais ce grand auditorium accueille aussi des artistes comme la petite Yael Naim. Inspirée des rythmes pop, jazz et folk, cette chanteuse a la particularité d’interpréter des titres en hébreux, en anglais ou en français en faisant, parfois, un méli mélo des idiomes selon ses compos.
Clément Verzi de son nom de groupe Kidwithnoeyes, a inauguré la première partie. Seul accompagné d’une guitare, il nous a chanté une histoire (« Once upon a time »), ainsi qu’une reprise de Mano Negra (« Pas assez de toi ») puis quelques unes de ses compos. Sa signature ? Une grande sincérité enrobée d’une voix douce et enraillée.
Yael Naim entre en scène. Dans son album, cette artiste nous avait accoutumé à la simplicité d’une voix sur un piano ou une guitare. Ce soir là, étaient présents avec elle un claviériste, un contrebassiste, deux violonistes, un altiste, un violoncelliste et deux percussionnistes accompagnés d’instruments atypiques comme une scie musicale ou même un waterphone. David Donatien, son fameux acolyte, tonifiait le concert à ses côtés.
Après quelques morceaux, elle s’arrête et partage une anecdote personnelle. Elle cherche ses mots, s’adresse à la salle avec un petit accent à « couper au couteau » et quelques fautes de français qui la rendent des plus attendrissantes. Elle nous parle de son enfance, de son arrivée à Paris, de son ancien studio riquiqui où elle composait ses premiers titres avec peu de moyens… A chaque histoire, elle paraît plus humaine, accessible, fragile. Et puis à chaque interprétation elle redevient la petite princesse israélienne, pleine d’énergie dans sa robe de fée angélique, avec ses longs cheveux qui lui arrivent jusqu’aux fesses.
Elle joue avec le public, le fait chanter, plaisante avec lui. Elle interprète à deux reprises « New Soul », ce titre qui l’a révélée en 2007 et qui a été entendu à maintes reprises dans l’une des publicités des ordinateurs d’une certaine marque. Une fois au piano, une autre à la guitare. Le public l’accompagne mais a du mal à suivre : elle accélère le morceau, le ralenti, y ajoute d’autres instruments, des bruits, s’arrête, reprend…Elle s’amuse et nous aussi !
A ce concert, Yael Naim a réussi à transcender sa simplicité. Parfois on se serait presque cru à un concert harmonique céleste, puis à un concert de Ska mais aussi folk, pop… On s’y perd mais on adhère! Résultat : un rendu artistique très créatif et un mélange de styles des plus étonnants.
Elsa Agbo
http://www.myspace.com/yaelnaim









