Festival Garorock @ Marmande

23 avril 2010 par aurelia  
Classé dans A la une, Concerts

Garorock 2010 s’achève sous le soleil après avoir accueilli autant de bourrasques de vent et d’averses capricieuses. A l’image de ces manifestations naturelles imprévisibles, les trois chapiteaux du site Marmandais ont joyeusement crié leurs passions, leurs riffs enivrants et leur révolte souvent brutale, parfois poétique mais ô combien sincère.

Derrière la programmation résolument reggae-rock de ce festival, on retrouve l’essence du son de notre époque, la magie des harmonies musicales et son pouvoir sur les sens, le poids des mots porteurs d’espoir et l’énergie brute et irremplaçable du Live.

Vendredi 2 avril :

ArchiveUne première journée qui commence sous le charme de  Nouvelle Vague et sa new-wave-lounge. Mélanie Pain et sa comparse s’amusent de leurs voix gracieuses et sensuelles dans un ballet complice et accompli.

Les américains de Solillaquists of sound déroutent avec un rap lyrique-électro composé et servi « en couple » avec une belle énergie animale.

En revanche, sous le grand chapiteau, Mickey 3D n’est pas bien réveillé. Investissement minimum, intérêt super réduit. Naturellement, on s’ennuie ferme. Quel dommage !

IziaIzia a toujours autant la pêche. Mincie, radieuse, elle chante avec un enthousiasme qui force le respect même si sa voix n’est pas toujours bien modulée. Une jeune femme à la fraîcheur épatante. C’est stimulant et généreux.

Mon coup de cœur du jour, le groupe Archive et sa musique céleste… d’une pureté à couper la souffle. Controlling crowds nous envoûte littéralement. On se perd dans les méandres sonores lyriques et fluides de ce rock de l’espace qui nous scotche en lévitation.

Le peuple de l’herbe fait partie de ces groupes français qui mêlent subtilement modernité et racines. Un hip-hop électrique à tendance reggae-groove-jazz assaisonné à l’herbe folle.

Après s’être séparé en 1998 pour divergences artistiques, Big Red et Daddy Mory reforment Raggasonic. Ils ne nous convainquent qu’à demie avec leur prestation distante. Ceci après une vilaine attente et des problèmes de soudcheck qui nous décalent les concerts suivants. Adieu donc Pony Hoax et Pony pony run run.

Samedi 3 avril :

XSyndicateLes filles de X-Syndicate envoient du bois avec leur punk rock trashy. On ne fait pas dans le glam, loin s’en faut, ni dans la demie mesure question grimaces de circonstance. C’est honnête et porté.

Inversement, Gizelle Smith est tout en minauderies et sollicitations peu naturelles pour nos objectifs photographiques. Tout est joli mais du coup, on en oublie son funk et les Mighty Mocambos qui méritent sûrement mieux. Une deuxième écoute s’impose avant l’assassinat en bonne et due forme.

Les Danakil font du reggae-roots-dub et rassemblent incontestablement avec leurs messages engagés sauce « paix, amour, nature et petits oiseaux ». Attention, Danakil a un sourire à tomber par terre, fuyons vite !

GhinzuNneka a posé ses valises en Allemagne mais n’en oublie pas ses racines Africaines, au contraire ! Très indépendante, militante (influence Lauryn Hill), son hip-hop soul afro-beat ne s’embarrasse pas de vaines coquetteries. Le message est affirmé point levé, capuche de rappeuse sur la tête avec une conviction authentique.

Alpha Blondy a marqué les esprits avec son « sweet fanta diallo » en 1987. Son reggae d’aujourd’hui n’est pas vraiment dans la tendance, du reggae à papa. Indigeste.

Coup de cœur absolu pour les Belges de Ghinzu et leur rock incandescent, nerveux, lyrique, violent, habité. John Stargasm agace derrière ses lunettes de mouche mais son arrogance n’a d’égal que son immense talent d’interprète. Il nous embarque loin avec ses déclarations d’amour au romantisme exacerbé, sa manière très personnelle de jouer du piano avec extravagance… Mirror Mirror est un bijou.

Les New Politics sont carrément dérangés ! Leur rock-punk déjanté est un peu brut de décoffrage, tout feux tout flammes, provocation à la Iggy Pop, parfait. Yeah yeah yeah !

Wax Tailor est un grand manitou génial. Mais planqué en fond de scène derrière ses platines, on se croirait sur un plateau de Michel Drucker époque Champs Elysées. Il nous présente tour à tour, Charlotte Savary (beauté diaphane et voix d’ange), Ursula Rucker et Sharon Jones. Ses deux gros rappeurs américains. Ses musiciens. On dit merci. Vous en voulez encore.. ? Vous êtes sûrs.. ?! Le tout manque terriblement de classe et de spontanéité.

Dimanche 4 avril :

SkipTheUseUn dimanche qui commence sur les chapeaux de roues avec l’adorable Jessie Rose (20 ans) et son blues pop soul mâtiné de cuivres et de guitares scintillantes. Une pointe d’excentricité, un soupçon de désuet sauce fifties, le tout pour un résultat craquant et prometteur.

Les masses de Mass Hysteria sont en pleine forme. Le message est envoyé brut de pomme, cheveux au vent, point levé et révolte sincère chevillée au corps.

SepulturaLa sublime Alice Russel nous enchante avec ses textes soul blues seventies. Enrobée dans une tenue de paillettes noires, bouche rouge sang, blondeur bébé, la diva dégage une énergie, une sensualité et un dynamisme absolument déconcertants. Let us be lovin….

Disiz (ex la peste) cherche à faire de la vraie musique. Avec de vrais instruments et de vrais musiciens. Oui mais on ne s’improvise pas vrai chanteur. Ni vrai talent.

Le métal hardcore trash de Sepultura est sans concession. C’est bestial, hyper dark, réservé aux spécialistes du genre.

Ultra Vomit a un public. Oui, oui… Leur punk métal parodique genre farce d’adolescent pré-pubère qui se cherche un style et qui croit déranger en prenant zéro risque a trouvé un public… Les bras m’en tombent.

Les Lillois de Skip the Use sont absolument lumineux, barrés, géniaux, tatoués, exaltés, sexy, punk! Parfaits.

Aurélia

Photos aurélia frohlich

Le Peuple de l’Herbe – Tilt

11 mars 2010 par sandrine  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Ils reviennent ! Les gars du Peuple de l’Herbe sont sortis de leur propre studio Supadope Factory et nous ont livré le 16 novembre dernier un album autoproduit, TILT, qui mélange les styles et brouille les pistes. Dj Pee et Spagg, Psychotick, N’zeng, Jc001 et Sir Jean ont fait de ce cinquième album une bombe. Depuis 2005, ils écrivent et composent ensemble et ce nouvel opus prouve que l’association  marche encore bien.On retrouve l’électro, le hip-hop, même les samples « cinématographiques » sont de la partie dans ce dernier-né, mais cette fois, les Lyonnais sont énervés, voire déchaînés. Il y a comme de l’électricité dans l’air. Le Peuple ne contient plus sa colère, il se révolte…

Heart & Soul, premier titre de l’album, nous met en confiance ; c’est typique du groupe, on croit donc à un album sans surprise, et on hésite au début entre déception et confort. Et puis, au deuxième titre, Le Peuple met du rock dans son électr’hip-hop, l’effet commence et on n’est pas au bout de nos peines. Revenant toujours sur les bases que nous leur connaissons, ils alternent dub, riffs jazzy, et flirtent parfois avec le métal, en particulier sur Back against the wall. Le tout rappé avec un débit rapide et tranchant, on est finalement pas mal déconcerté.

Une ambiance générale plus éclectique. Le Peuple de l’Herbe a pris de la maturité mais pas de sagesse puisque voici un album à la fois fidèle et surprenant. On peut donc le dire: pas de flop pour TILT

Cyrielle
Sorti le 16 novembre 2009
myspace.com/lepeuple