Beast & Cypress Hill @ Rock en Seine
Nous vous les avions déjà présentés il y a quelques temps à l’occasion de leur premier album éponyme, les français Betty Bonifassi et Jean-Phi Goncalves débarquent enfin sur une grosse scène française.
Beast @ Scène de l’industrie
Ils avaient du mal à percer en France -phénomène d’ailleurs mystérieux vu la qualité de leur album- et les voici enfin sur un gros festival, pour eux -nous ont-ils confiés- c’est un grand moment.
Un batteur énergique, une chanteuse qui ne tient pas en place, un flow défiant les plus grands rappeurs, c’est à un concert sacrément ficelé que nous assistons. 
Beast sur scène c’est un mélange détonant de trip-hop éléctrique et de hip-hop, de samples et de trouvailles sonores en tout genres. Les mélodies nous maintiennent haletants du début jusqu’à la fin, sous une cascade de fréquences jouissives, tempérée par des samples de voix (façon old movies) maintenant le concert dans une ambiance presque énigmatique.
Betty saute dans tous les sens, crie, chante et reste indécise, entre deux, sans trancher entre le rap et sa voix rauque de chanteuse soul ; Quant à Jean-Phi, c’est un batteur hors-pair démontrant un jeu d’une très grande richesse et d’une très grande subtilité mais c’est sans compter son charisme. Autre détail de génie, le bassiste, lui, joue sur une basse toute particulière, une sorte de combi cordes et clavier, ce qui confère aux passages plus electro un son chaleureux et vivant. Je suis convaincu et conquis, le public aussi.
http://www.myspace.com/beastsound
Cypress Hill @ La Grande scène
Pas de grande surprise pour ce qu’il en est des latinos américains Cypress Hill, depuis 20 ans qu’il nous captivent avec leurs sonorités old school, ils sont de véritables pionniers, même pour les français. Qui ne se souvient pas du mythique album « Los grandes exitos en Mexico » ?
Ce soir, c’est un concert que je regarde résolument avec des yeux d’enfants et vu qu’ils enchainent leurs anciens tubes, (Yo quiero fumar, Stank ass hoe…), je ne suis pas près de changer mon état d’esprit nostalgique. Les sirènes de I wanna get high résonnent sous les fines paluches de DJ Mugg pendant que B-Real allume un énorme joint. Le beat part et c’est Sen Dog qui entame les hostilité, puis nous assistons à un véritable jeu entre les deux compères. Sen Dog détourne l’attention du MC à la voix nasillarde, lui vole le précieux, du coup B-Real reprend les rennes. Sen Dog s’écroule au sol en toussant, et au moment où le public commence à se demander si ce ne serait pas une véritable crise, le colosse se relève et reprend le micro. La chanson se termine, il nous fixe, s’arrête presque de bouger et nous demande si nous sommes défoncés, et vu l’odeur qui plane ici, le public répond « OUI » à l’unisson. « Vous êtes fou ? », une nouvelle fois le public répond « oui »et se voit rétorquer « But don’t you know I’m Loco » (mais tu vois pas que je suis taré) par Sen Dog qui enchaine sur Insane in the brain.
Quelques morceaux plus loin, les peaux des percussions fument elles-aussi, et les platines n’en peuvent plus : En voilà un « fuckin’ show » que nous ne sommes pas près d’oublier.
http://www.myspace.com/cypresshill
Antoine
Concerts du 27/08/2010 @ Rock en Seine
Push Up : The grand day of Quincy Brown
31 août 2010 par Duende
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Pour ceux qui ne l’auraient pas encore et à l’occasion de leur concert le 4 septembre prochain au Festival « Jazz à la Villette », en première partie de David Krakauer, Fred Wesley & So Called Abraham Inc. (excusez du peu !), une présentation de l’album « The Grand Day of Quincy Brown » du collectif Push Up, s’impose.

Push Up, c’est tout d’abord un ensemble d’artistes quadragénaires aux influences diverses, qui arpentent et partagent les scènes parisiennes depuis de nombreuses années déjà. L’envie de créer un projet commun est donc naturellement née de ces rencontres musicales.
Atmosphère urbaine, flûte traversière, bruit de pas, sirène, voix, basse rythmée et enfin choeurs reprenant en boucle « That is the grand day of Quincy Brown » telle est la mise en bouche de ce disque… Vous l’aurez compris, une journée de Quincy Brown, héros à mi-chemin entre Quincy Jones et James Brown, va nous être contée… Ses réflexions, ses questions existentielles, ses doutes… Immersion totale dans la tête de ce « Monsieur tout le monde ».
S’en suivent le très énergique « I’m just a man » et le plus calme « What goes through your eyes ? ». Quatre mesures vocales, laissent place au très énervé et plus rock « Pressure There ». « It is the time » est une forme de prélude au langoureux « The Pawnshop », morceau aux influences orientalisantes. « What have you made ? » présente à lui tout seul tous les codes de la soul black music, basse entêtante, vocalises, accords plaqués au clavier, chœurs. Le lent et étiré « Turn it on » est presque intemporel. De longues tenues synthétiques, émergent basse et guitare solo. Ce titre exclusivement instrumental, mis à part des « What you gone do ? » et « Turn it on » sur les 30 dernières secondes, introduit « Push up the volume ! » La ballade « Feel like a bird » semble quant à elle, tout droit sortie d’un album de Morcheeba. Mais « Revolution » nous rappelle que « la situation n’est pas sous contrôle »….
Et pourtant ces artistes nous démontrent qu’ils contrôlent parfaitement tous les codes musicaux de la Great Black Music, habilement patinée de rock et de hip hop… Véritable hommage à la Blaxploitation, on est littéralement séduit par cet album « coup de cœur » et ravie de les retrouver sur scène le Week-end prochain. (Voir ici)
Isabelle
http://www.myspace.com/thegranddayof
Prochains concerts :
04/09 Jazz à la Villette, Paris
Steno.P – L’esthétique débloque
10 mai 2010 par sandrine
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Il existe des groupes dont on pressent qu’ils possèdent leur propre univers. Ce sentiment tient parfois à rien. À un artwork aguicheur par exemple. C’est le cas du groupe bisotin Steno.P dont la pochette des plus classieuses laisse entrevoir de belles promesses.
Sans jouer les décrypteurs d’images, on se dit au vu de la pochette que l’album traite de l’identité ou plutôt du manque d’identité. “Monsieur Chapuis”, la première chanson de l’album nous met clairement sur la voie. Ce morceau est une introduction aux aventures de l’énigmatique Chapuis. Mais qui est-il ?
Monsieur Chapuis
Les présentations sont faites. On le découvrira plus tard, mais Monsieur Chapuis se cache aussi bien dans le prisonnier incarcéré que dans l’urbaniste dresseur de béton. Il peut aussi bien se trouver dans le chômeur englué dans un cercle vicieux que dans le lecteur assidu des Zindés. Vous l’aurez compris, Chapuis est le prétexte idéal pour dresser une multitude de portraits de l’homme moderne. C’est également le meilleur prétexte pour multiplier les influences. C’est avec ce parti pris que Steno.P développe son concept.
Car l’objectif de Steno.P est de fondre les influences en un moule (disque) compact. D’influences, cet album n’en manque point. Des guitares rocks agressives (Les calculs de Monsieur X), du hip hop beat boxé sur le très bon L’esthétique débloque, au fond d’électro glitch qui distille cette ambiance si oppressante. On n’a pas le temps de respirer. L’album est très riche musicalement et le très léger intermède musical Patientez arrive à propos pour nous permettre de reprendre nos esprits. Le meilleur symbole de cette alchimie (car à ce niveau c’est de cela dont il s’agit) est la réussite du mariage scratch et guitare rock. À mon sens, de nombreux groupes se sont pris les pieds dans le tapis en essayant et ce n’est pas le cas ici : Une vraie réussite.
Ce mélange d’influence se retrouve également au niveau de l’interprétation. Mêlant ton déclamé, chant rock et Mcing, Steno.P recherche là aussi à marier les genres …avec moins de succès. On a quelques difficultés à s’abandonner aux nombreux styles des Steno.P, et c’est d’autant plus dommage que cela dessert la qualité des textes comme celui de C’est ton tour. Dommage surtout à l’écoute de L’esthétique débloque, qui est peut-être le moment de l’album où toutes ces influences se mélangent le mieux.
Pour conclure, cet album est assez prometteur. Il pose des fondations musicales qui sont plus qu’intéressantes. Surtout, il crée un univers que je vous invite à découvrir sur le myspace du groupe. Je suis sûr que vous irez, entre Chapuis on se comprend …
Zayyad
Sorti en mai 2009
en vente sur cd1d
myspace.com/stenop
Milk Coffee & Sugar en concert
10 mai 2010 par sandrine
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A ne pas rater ce mercredi 12 mai au Nouveau Casino, les 2 rappeurs de Milk Coffee & Sugar seront sur scène pour la sortie de leur album !
Plus de dates et d’infos sur : www.myspace.com/milkcoffeesugar
ou : milkcoffeesugar.blogspot.com
SMOD
23 avril 2010 par sandrine
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Depuis leurs débuts en 2000 à Bamako, les trois artistes de SMOD ont inventé un nouvel univers musical qu’ils définissent eux même de « rap’n’folk africain ».
SMOD est l’émergence d’une fusion entre les mélodies africaines traditionnelles et modernes. L’utilisation de harpes-luths comme la kora et le n’goni associés à une guitare, accentuent ce voyage auditif entre l’Afrique d’antan et celle d’aujourd’hui.

Leurs textes diversifiés s’apparentent à de petites histoires, parfois à des messages. Ils sont plus ou moins engagés mais surtout d’actualité comme dans leur titre Les dirigeants africains, où ils critiquent ouvertement les gouvernements.
Le groupe aime à mélanger les rythmiques afros instrumentales parfois folk, rap, hip-hop et les rythmiques vocales qu’il nomme « Tambour de bouche ». A travers leur titre Ça chante, on retrouve l’empreinte mélodique du célèbre Manu Chao. Un coup de cœur musical qui amènera SMOD à faire la première partie de l’artiste à l’Olympia en 2009 et à être produit par celui-ci.
Simbala
Ce trio est aussi une association de beats mélancolique et joyeuse. Il envoûte par son art de transmettre l’émotion par le rythme. Plus qu’une signature, il a une réelle et riche profondeur musicale.
Parcourant l’Europe depuis 2008, il est désormais possible de découvrir en France cet explosif trio composé d’Ouscon, de Donski et de DJ Sam, le fils du célèbre couple malien Amadou et Mariam.
Elsa Agbo
Sortie le 31 mai 2010
www.myspace.com/smodbamako
Retrouvez SMOD sur la scène parisienne:
Le 28 Avril à la Bellevilloise.
Le 29 Avril au Vieux Léon.
Le 7 Mai au Café des sports.
Le 18 Mai à la Boule Noire pour la première partie de Bajoli.
Le 25 Juin au Festival Solidays.
Le 23 Juillet au Festival Cabaret Sauvage.
Le Peuple de l’Herbe – Tilt
11 mars 2010 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
Heart & Soul, premier titre de l’album, nous met en confiance ; c’est typique du groupe, on croit donc à un album sans surprise, et on hésite au début entre déception et confort. Et puis, au deuxième titre, Le Peuple met du rock dans son électr’hip-hop, l’effet commence et on n’est pas au bout de nos peines. Revenant toujours sur les bases que nous leur connaissons, ils alternent dub, riffs jazzy, et flirtent parfois avec le métal, en particulier sur Back against the wall. Le tout rappé avec un débit rapide et tranchant, on est finalement pas mal déconcerté.
myspace.com/lepeuple
Abd Al Malik aux Lilas
Abd Al Malik était hier aux Lilas, pour une des dernières dates de sa tournée. Dans un beau théâtre du XVIIIe siècle, l’homme aux textes d’or a d’abord laissé entrer ses 6 musiciens, un à un, pour ensuite attaquer fort avec Soldat de Plomb. L’entrée est magistrale.

Comme s’il avait déjà 50 ans de carrière derrière lui, il assure et enchaine les titres : Lorsqu’ils essayèrent, Gilles écoute un disque de, Paris mais… Avec son guitariste, son accordéoniste, le contrebassiste, le batteur, le pianiste et Bilal aux platines, l’accord est parfait. Il joue, raconte ses histoires, nous explique, nous parle. C’est du Lourd.
Il s’assied pour nous lire l’histoire du Marseillais. Crie « vive la France arc-en-ciel ». Les arrangements pour la scène sont particulièrement bons. La valse du Conte alsacien, 12 septembre 2001, violent, Roméo et Juliette, tendre et terrible, il donne vie à ses personnages. Et il nous parle à nous, à moi, à toi, à toi aussi, il te regarde. Circule petit, Rentrer chez moi. Il danse, il est généreux. Il remercie tout le monde : ses musiciens, l’un après l’autre, l’ingé son, l’ingé lumières, son manager, sa prod, ses hôtes, et le public.

Les autres.
La salle se lève. Qu’on ait 15 ans, ou 60 ans, on adhère, on adore Abd Al Malik.
Encore un grandiose Gibraltar, et un très tendre Alchimiste.
Magnifique Abd Al Malik.
Sandrine








