Morgan Manifacier – Grande
29 juillet 2010 par sandrine
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Alors que nous n’avions pas fini d’être envoutés par The Seed became a Tree, son premier album, Morgan Manifacier nous propose déjà un second opus, Grande.

Tout droit sorti de Californie, il s’inscrit dans la grande lignée du blues/folk américain. Blues par la mélancolie ; folk, par l’acoustique et le choix des instruments ; et une petite touche de reverb, qui nous donne un je ne sais quoi des années 70.
Et bien sûr, la voix de Morgan. Délicate et subtile, elle nous ballade d’émotion en émotion, entre mélancolie, fragilité, paix et quiétude.
Ce nouvel album, Morgan l’a entièrement fait lui-même : la composition, l’écriture, la prise de sons, l’enregistrement, le mixage, une totale autoproduction. Et le résultat est une musique très personnelle et généreuse. Plus construit et plus riche que le précédent, il perd un peu de la sublime naïveté qui nous avait transporté sur le premier… Mais on y gagne en profondeur.
C’est avec un banjo qu’il nous introduit dans son nouvel univers (Lap, prélude, puis Liberty Street). The Lines rompt le rythme et une mélancolie presque désespérée hante la mélodie… qui s’envole sur Soul for Sale. My Body, plus léger, Avec Morgan qui sifflote, presque joyeux. C’est au piano qu’il poursuit avec les accords de Barbe Rousse, qui nous rappellent ceux d’Accompagne moi du premier album, et avec quelques paroles en français. Mais l’humeur est sombre et la tristesse qui est s’est emparée de nous s’évapore dès les premières « notes » de Then I Saw, sorte de pause dans l’album. Une respiration mêlée d’eau, de quelques notes, quelques paroles. Knees repart avec un rythme plus saccadé, pour prendre une autre direction avec Moncale, carrément flamenco ! Et l’album s’achève sur un hommage : Grande. Et sur un mot : Beautiful.
Sandrine
L’album est en écoute sur Virb
myspace.com/morganmanifacier
L’interview
1. Lap
2. Liberty Street
3. The Lines
4. Soul for Sale
5. My Body
6. Barbe Rousse
7. The I saw
8. Knees
9. Moncale
10. Grande
Charlotte Gainsbourg @ la Cigale
Pas de climatisation à la Cigale, malgré une chaleur de plomb à l’extérieur.
C’est donc dans une salle moite et enfumée, que je pénètre.
Je trouve rapidement une place assise à l’étage. Premier rang, vue impeccable sur la scène et le public, petit rebord me permettant même de poser ma bière. Parfait !
La première partie du concert est confiée au groupe Syd Matters, cinq musiciens aux compositions tant planantes et envoûtantes, qu’énergiques et entraînantes. Je me laisse porter par les harmonies, les arpèges, les couleurs et par la recherche d’unité lorsque leurs cinq voix s’unissent telles un chœur. Littéralement séduite.
Fin de cette première partie, il fait toujours aussi chaud. Billets et prospectus en tout genre s’agitent dans les rangs, créant un semblant d’air frais.
Plutôt amusant lorsque l’on connaît la silhouette de Charlotte Gainsbourg, que de voir un backliner à la carrure imposante, barbu et tatoué, tester son micro.
Dix néons verticaux et six petits écrans pour seul décor.
L’installation du matériel tarde. Le public – en majorité, des trentenaires et plus – s’impatiente.

Les musiciens et Charlotte entrent sur scène. Toute frêle et réservée, vêtue d’un pantalon de cuir noir, d’un tee-shirt blanc et d’un boléro, elle semble avoir seize ans.
Après quelques chansons, elle met de côté sa légendaire timidité et s’adresse au public « Vous allez bien ? Pas trop chaud ? » Tout en remerciant Brian, qui a constitué le groupe et réalisé les arrangements.
C’est certain, Charlotte Gainsbourg n’est pas une bête de scène mais elle sait s’entourer.
Une grosse rythmique et un accompagnement aux sonorités synthétiques, viennent soutenir et compenser sa voix fluette.

Les titres de son dernier album IRM se mêlent à ceux du précédent 5.55 et à une reprise émouvante de Just like a woman de Bob Dylan.
Puis elle annonce qu’elle a eu la chance de travailler avec Beck, avec Air, mais qu’elle a aussi la chance de puiser dans le répertoire « du plus fort, du plus beau, du plus grand, du meilleur », elle parle bien évidemment de son papa Serge. C’est le moment d’interpréter une version très personnelle d’Hôtel particulier.
Dans le public, une fan pas comme les autres, Jane Birkin, semble conquise.
Moins enthousiaste pour ma part, j’ai tout de même conscience d’assister à un moment privilégié, puisqu’il s’agit des débuts sur scène de Charlotte, en France.
Le concert se conclut sur une reprise très enlevée de Couleur café.
Le public acclame Charlotte. Le public réclame Charlotte. Le public attend Charlotte… mais Charlotte ne reviendra pas…
Isabelle
myspace.com/sydmatters
myspace.com/charlottegainsbourg
Photos Sandrine Cellard
Morgan Manifacier chez Les Disquaires
Nous avions rendez-vous au 6 rue des Taillandiers, dans le 11ème, pour le concert de Morgan Manifacier, qui partageait la scène, le dimanche 6 juin avec 3 autres formations musicales. Les Disquaires est un lieu qui organise des évènements gratuits tous les soirs, mais pour ce qui est de concerts, l’agencement n’est pas adapté. Heureusement, Morgan Manifacier a soufflé de la poudre magique et nous a transporté hors du lieu pendant une heure.
Choisissant le micro qui se trouvait dans l’ombre, il commence son show avec un petit « Bonsoir Paris » qui donne la couleur au personnage et nous laisse entrevoir le bleu de ses yeux une dernière fois. S’ensuit une longue intro à la guitare folk pendant laquelle il se confine dans son univers et, yeux fermés, fera de sa concentration une forteresse qui s’avèrera nécessaire dans un lieu pas mal bruyant. Une fois la folk chauffée, le concert commence en douceur.
Un épilogue un peu trop dur pour un concert onirique. Un univers marqué mais pas encore assumé. Une voix sublime mais pas tout à fait assurée. Morgan Manifacier nous ravi d’un concert imparfait; avec l’expérience et la maturité, l’artiste deviendra grand!Martin Mey – Get Out and Live
2 juin 2010 par sandrine
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Il y a bien des artistes qui méritent d’être reconnus pour leur talent et leurs multiples facettes.
Tel est le cas du multi-instrumentiste Martin Mey.
Tour à tour pianiste, guitariste, chanteur, compositeur, arrangeur, « trafiqueur » de sons, c’est une véritable performance que nous offre cet homme-orchestre d’à peine 26 ans.
Seul en scène, Martin sait tout faire… et il le fait bien!

C’est par une brise de vent frais qu’est introduit le 1er titre de l’album « Running Child », ballade dont le chant et la guitare sont rapidement rejoints par une rythmique entraînante.
Changement de décor pour le très mystique « Snowing on the school » qui débute par un choeur quasi-religieux invitant au recueillement, sur lequel une basse très marquée et profonde fait son entrée. La voix quant à elle est claire, murmurée, angélique.
Suit le très électrique et magnétique « Stuck in the box » qui met quant à lui en exergue les talents de « bidouilleur de sons » de Martin, dont la voix est particulière déformée.
Vient ensuite la guitare timide, intime, presque hésitante de « Late Night » qui va peu à peu nous emporter par un crescendo incessant, dans une sorte de spirale infernale où la question « What can I do now? » va revenir sans cesse jusqu’à en devenir entêtante.
Enfin, c’est par une ambiance plus planante que se referme cet EP.
Musique très étirée avec une rythmique toujours fortement présente, c’est sur une écriture pianistique arpégée et un traitement de la voix en écho que le titre de l’album « Get out and live » va être déclamé.
Stuck in the Box
Martin nous livre dans son EP autoproduit, cinq univers entre folk, rock et trip hop reflétant la richesse de ses influences et l’étendue de son potentiel artistique.
Il aime jouer sur la juxtaposition et l’enchevêtrement des masses sonores, sur la démultiplication des sons, installant ainsi au fur et à mesure de ces superpositions, une ambiance musicale bien particulière nous invitant au voyage.
Sachant qu’en plus, il n’hésite pas à se lancer dans des improvisations lors de ses concerts rendant ainsi unique chacune de ses prestations, il vous est donc fortement recommandé de guetter ses prochaines dates pour ne pas le rater!
Isabelle
myspace.com/martinmey
EP disponible sur martin-mey.com/boutique.html
Absynthe Minded – Absynthe Minded
12 mai 2010 par sandrine
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« J’étais un mec rock. Découvrir Django Reinhardt ou Miles Davis m’a ouvert l’esprit ». Au travers de ces phrases de Bert Ostyn, on comprendra pourquoi on peut considérer Absynted Minded comme une formation atypique bercée par de multiples influences.
Crée en 2002 à l’initiative de Bert Ostyn le songwriter et interprète du groupe, le succès à venir d’Absynthe Minded ne sera pas le fruit du hasard. Car c’est un groupe à l’ancienne et soudé qui a d’abord forgé sa réputation en écumant les bars et salles de concert (plus de 300 dates) dans toute l’Europe et qui a déjà à son actif enregistré trois albums.
Ce qui surprend dans cet opus c’est la maîtrise qui se dégage des compositions à la fois riches et multiformes. L’album s’ouvre sur un swing manouche digne du Hot Club de France de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli (If You Don’t Go, I Don’t Go). Ensuite, on se délecte sur des tubes en puissance comme Envoi, Heaven Knows (hommage aux Dire Straits) ; Dead on my feet. Ils nous transportent dans les contrées balkaniques sur le titre Fortress Europe. Multiple Choice est une envolée psychédélique « pinkfloydienne » avec des excursions jazz rock. Enfin l’album se referme sur un bonus track My heroics, Part One (sortie en 2007), qui fut élue meilleure chanson de la décennie par une radio belge.
Multiple Choice
Les thèmes abordés par Absynted Minded sont des réflexions douces amères autour de la difficulté de la vie à deux (Paramount, Papillon, Mood swing Baby), de l’indécision face au choix et la globalisation.
Adoubé par Arno, récompensé en janvier 4 fois lors des derniers Music Industry Awards (de nos Victoires de la Musique belges) dont celui du meilleur album et du meilleur groupe indie, enfin déjà disque de platine en Belgique, on ne tarit plus d’éloges sur cette valeur sûre. Absynthe Minded sera disponible à partir du 14 juin.
Aubin
Sortie le 14 juin 2010
absyntheminded.fr
Julien Pras – Southern Kind Of Slang
2 mai 2010 par sandrine
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Bienvenue dans le monde merveilleux de Julien Pras. Après 15 ans de bons et loyaux services au sein du groupe Calc, le bordelais s’offre une échappée (belle) en solo.
Avec Southern Kind Of Slang, la porte est ouverte aux elfes gambadant joyeusement dans les bois, aux fées virevoltant gaiement entre les arbres, aux rivières enchantées, etc, etc. Vous l’aurez compris, l’ambiance est magico-féérique, légère et gracile.

Plus classiquement, on pourrait ranger sa musique dans la catétgorie pop folk. Mélodique. Aérienne. Fragile. Gracieuse. Mais on ne peut s’arrêter là, et l’esprit s’évade vers des contrées plus improbables, moins palpables.
Il avait d’abord voulu des compositions sobres, basées sur le duo guitare-voix. Puis se sont ajoutés un peu de piano, de violon, de flûte, de vibraphone, et enfin la voix d’Emily Jane White sur Son of the Stars. Et à la première écoute, on pourrait presque croire au dépouillement total. Mais tout en finesse, les autres instruments s’interposent et se mêlent aux mélodies.
The Sweetest Fall
Des mélodies légères, dignes héritières de celles des Beatles, qui vous emportent au gré du vent. On pourrait encore citer Elliott Smith ou Nick Drake dans les influences. C’est folk, pop, ça balade et ça fait rêver.
De titre en titre, la voix claire de Julien Pras vous emporte dans des univers, certes pas très différents les uns des autres, mais aériens et élégants.
Une pause de douceur, un nuage de délicatesse, voilà ce que nous offre Julien Pras avec ces onze titres.
Sandrine
The John Butler Trio au Zénith
On l’avait trouvé magnifique à la Boule Noire en mars dernier, on l’a estimé… grand, énorme, génial (etc…) au Zénith ce mercredi 28 avril !
C’est dans une salle torride – tant par la chaleur ambiante que par un public en grande forme – que le concert à commencé… à l’heure ! Ils entament aussitôt un Company Sin enlevé et c’est parti pour deux heures de live d’une énergie follement contagieuse.
En piochant dans chaque album, ils enchainent, sans relâche, les titres et les rythmes. Le meilleur de John Butler est au rendez-vous. Avec ses nombreuses guitares et son talent incroyable, il nous bluffe par ses prouesses techniques. Mais aussi par ses mélodies et ses rythmes, avec toute la force du live.
Ajoutez à ça un charisme fou… Et voilà un concert proche de la perfection !
Sandrine
www.johnbutlertrio.fr
myspace.com/johnbutlertrio
Photos Sandrine Cellard








