Black Stamp - Music’All
8 janvier 2010 par sandrine
Classé dans A la une, Chroniques Cd
Black Stamp Music est un label créé par Sidney Regal et Mickael Minacca en 2006. Ils sont allés chercher des musiciens en France ou aux Etats-Unis, et en 2009, sortent Music’All.
Orchestré par les “Illuminés Black Stamp“, ce projet rassemble Busta Flex, Oxmo Puccino, mais aussi d’anciens Saian Supa Crew, et bien d’autres encore…
Et ça donne 50 mn hip hop mêlées de funk, jazz, pop, reggae, enregistrées en live.
Etonnant, parfois génial, mais inégal, le projet est ambitieux et fédérateur. Comment ne pas, en effet, adhérer à l’idée d’un collectif de (très) bons musiciens et MC’s qui se réuniraient pour faire de la (très) bonne musique ?
Une intro jazz, les raps de Busta Flex ou de Soklak, le très bon J’arrête tout de Féfé, Oxmo Puccino “qui chasse la haine” à coups de jazz, Mihuma et son sympathique Si j’étais peintre, le funk de Kohndo et Brian Lucas, le reggae de Sir Samuel et la clôture encore très jazz des Illuminés Black Stamp.
Music’All est finalement assez homogène et ouvre les portes parfois un peu hermétiques du hip hop en sortant des sentiers battus. Tentative de redonner ses lettres de noblesse à un genre qui peut facilement tomber dans la médiocrité ? C’est en tout cas l’impression que l’on a à l’écoute de Music’All. Et c’est plutôt réussi.
Ils seront le 9 janvier au Trabendo pour une prestation qui devrait être assez rare !
Sandrine
Sorti en novembre 2009
myspace.com/blackstampmusic
Photos ADELAP :: J’ai flâné pour vous
1- Music’all - Les illuminés Black Stamp
2 - Chanter - Busta Flex & Karl The Voice
3 - J’arrete tout - Feniski & Le Black Stamp Bitch Crew
4 - Mix it up - Soklak & BrianLucas
5 - Une Larme - Specta, Karl The Voice & Mihuma
6 - Quand meme - Oxmo Puccino & Karl The Voice
7 - Si j’étais Peintre - Mihuma
8 - Vais-je grandir un jour ? - Casey
9 - Don’t let me down - Kohndo & Brian Lucas
10 - Lève toi - Marco Polo
11 - Qui la sauvera - Sir Samuel
12 - Freedom - Les illuminés Black Stamp
Rachid Taha @ l’Olympia
Relever le défi de se produire en première partie d’un artiste attendu par son public dans une salle aussi mythique que l’Olympia n’est pas chose aisée… pourtant, Féfé, ancien des Saïan Supa Crew, parvient à transmettre une énergie follement positive; il est souriant, enthousiaste, son titre Jeunes à la retraite est à écouter d’urgence. Les gens sont debout, galvanisés, séduits! Un joli moment pour une belle découverte pleine de promesses.
Après une pause, Rachid Taha est dans la position inverse. C’est le public qui le porte, lui qui semble un peu nerveux, peu assuré dans son costume de rock-star “made in Médina”. Enfin, après deux-trois morceaux, Rachid Taha prend possession du lieu et nous embarque dans un périple de métissage sonore jubilatoire. De son nouvel album Bonjour, je ne retiens que le refrain un peu inconsistant de la chanson Je t’aime mon amour (quelque chose comme … je t’aimerai toujours… oui, bon.). En revanche, impossible d’être insensible à sa Douce France, l’incontournable reprise de la chanson de Trénet et superbe pied de nez au conformisme ambiant, à la version techno de Voilà, voilà, véritablement hypnotisant, à son sublime Ya Rayah qui nous envoûte de toute sa sensualité orientale.
Question “grande gueule engagée”, Rachid Taha n’a rien perdu de sa superbe. A 51 ans, il est toujours aussi révolté, appelle à la révolution, fustige le gouvernement, prône la liberté d’aimer “dans tous les sens” et même si ça ne change rien, ça fait du bien. Puis il annonce l’arrivée d’un invité. “Kiki..? il est là mon ami Kiki..?” s’inquiète Rachid. Incroyable mais vrai. C’est la chanteur Tricky qui débarque sur scène et nous offre un ovni trip-hop arabisant sur fond de youyous, largement improvisé, unique, magique!
Rachid Taha est heureux, il rayonne entouré de toutes ses copines qu’il a invitées à danser sur scène. Il chante pour elles une version fille de Ecoute-moi camarade et termine avec Rock El Casbah, bel hommage au Clash.
S’il fallait en convaincre une ce soir là, c’était moi. Pari gagné monsieur Taha.
Aurélia



