Malnoïa : Surface of arts

2 décembre 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Après de longues impasses, c’est le premier projet de Pierre Mottron (B-LogiQ, Abadon) qui aboutit réellement, un projet modeste et ambitieux à la fois. Allié au parolier Xavier Colautti, il créé donc Malnoïa et ce premier album Surface of arts, une sorte de rejeton longtemps couvé, longtemps attendu et accouché dans la douleur.

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Extrait : I Killed Music

Malnoïa, c’est avant tout de l’esthétique, visuelle, musicale et au final des sons qui évoquent des images et des images évoquant des mélodies, mais c’est aussi une recherche du radical, de l’anti-normatif et des émotions brutes. Une voix frêle et sensible se pose sur des frasques mélodiques ou mécaniques, parfois agressives.

Quelque part entre Björk, LFO, Autechre et les longues bandes sons classiques de mangas, Malnoïa triture les sons et les mots, joue avec les frontières, teste, et plonge dans les eaux obscures de la mélancolie et d’une certaine misanthropie. Habile dans la création fine, le détail, Surface of art oscille entre classique, pop, electro, et drum-n-bass sans jamais se poser nulle part et c’est ce qui fait sa force et sa fraicheur.

Au final Surface of arts est l’album de la créativité et du groove, mettant la barre très haute pour un aussi petit projet, et donnant la meilleure leçon que puisse recevoir l’industrie musicale d’aujourd’hui sur ce qu’est réellement la musique.

à suivre sur Les Zindés…

Duende

Leur Myspace
Environ 14€
Lab. La maison
Sorti le 5 oct 2009

Plastiscines @ La Boule Noire

2 novembre 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Concerts

Ce soir c’est dans une boule noire triste à mourir que les Plastiscines viennent présenter leur deuxième album (About love) sans éclats, presque deux ans après avoir foulé les planches parisiennes pour la dernière fois.

La prestation des quatre filles aux robes pailletées et aux tailles cintrées a forcément déçu compte- tenu des espoirs placés en elles. Adulées aux Etats- Unis et en Angleterre et fortes d’un deuxième disque de très bonne facture, les Plastiscines n’ont pas suffisamment défendu leur prochaine mouture, malgré un set truffé de bonnes chansons pop, directes et efficaces. Aussi, et soyons clairs, le groupe a été desservi par un son de très mauvaise qualité, qui n’a jamais mis en valeur la puissance sonique de certains titres comme I could rob you, ou Barcelona, vite enchaîné après Runnaway mais qui, au final, sonnait creux.
Pourtant, la sympathique Katty se démène corps et âme pour s’attirer les faveurs d’un public (trop) terne (composé en majorité de personnes issues de la presse) qui reste, à tort, dubitatif. Seuls les premiers rangs répondent volontiers aux appels de la chanteuse.
Un début de concert difficile donc (à l’exception du génial from friends to lovers), qui prend une tournure différente après un Zazie (fait de la bicyclette) boosté et un Shake sur-vitaminé, qui rappellent les premières armes du quatuor aux rock’n'roll friday.
La version de These boots are made for Walking de Nancy Sinatra captive les nostalgiques des 60’s et loser est accueilli de fort belle manière, en version ska. A Bitch de conclure l’épisode promotionnel sur une note sexy.

Pour l’heure, Katty, Marine, Louise et Anaïs ne sortent pas vraiment vainqueurs de ce premier acte post- américain, probablement à cause du fait d’être devenues en l’espace de quelques mois, l’objet de trop de convoitises et d’attentes. Il est cependant certain que dans un contexte différent, les complexes seront à mettre aux oubliettes, pour laisser place à des shows plus intenses.

SET LIST:

From friends to lovers
You’re not good
Runnaway
Barcelona
Another kiss
Pas avec toi
I could rob you
Zazie (fait de la bicyclette)
Shake
Camera
These boots are made for walking
Loser
Bitch

Olivier

http://www.myspace.com/plastiscine
www.plastisines.com

Plastiscines : About love

29 octobre 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Révélations des années Gibus et auteurs d’un premier LP honorable, les Plastiscines reviennent avec About love après avoir sillonné les planches du pays de l’oncle Sam  pendant plusieurs mois. Entre apparitions scéniques remarquées (festival Coachella) et (future) apparition télévisée (Gossip girl), le quartette s’est réfugié dans un studio de Malibu pour peaufiner ce deuxième opus  sous la houlette de Butch Walker.

plasti

La bonne nouvelle est que les Plastiscines semblent avoir trouvé une identité bien à elles en  revendiquant un côté pop évident dont résultent quelques perles comme ce Barcelona calibré pour faire sauter les charts en un rien de temps. Mais ce n’est pas tout. En plus d’avoir progressé individuellement, les membres du quatuor  ont monté le son de leurs amplis  au maximum pour une première attaque frontale (I could rob you) et ont progressé dans leur  rythmique (bitch et ses choeurs millimétrés).
Et comment résister à la voix de Katty Besnard lorqu’elle chante ce I am down remplit d’émotions (I’ve never really understood, why it was me, why it was you)?
Another kiss et you’re not good remettent l’amateur des L7 et des Pretenders sur les rails avec leurs fulgurances avant de le faire attérir en douceur sur la péninsule du Coney island.

Trop souvent (injustement) victimes de leur look et de leur physique, on ne peut pourtant reprocher à ces filles là de ne pas être à la hauteur. Pour cause? About love est tout simplement un disque énorme. Rien que ça.

Olivier

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www.plastisines.com

X-Makeena : Derrière l’oeil

21 octobre 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Les X-Makeena reviennent avec leur troisième album “Derrière l’oeil” 2 ans après “Instinctive dérive“, une musique sombre et énergique. Vous l’aurez compris les membres sont des français, logés depuis le début chez Foutadawa (label indé d’autoproduction) qui leur laisse toute liberté et ça se ressent.

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Entre Electro enragée inspirée par le Dub et le drum’n'Bass, et Hip-hop subversif, les X-Makeena produisent une musique qui prend tout son sens en live. Avec une créativité affutée, et une originalité surprenante, il nous proposent un album de grande qualité et d’une grande maturité.

Derrière l’oeil, c’est un album au ton sévère décrivant un monde glauque et déshumanisé (pas si loin du notre), se plongeant dans un futur/présent hypothétique ou pas, dessinant une ambiance glaciale. Cet album raconte les mauvaises facettes des humains, des histoires de profits, de rendement et de pouvoir. Les textes laissent sur le carreau par leur pessismisme mais la partie musicale est là pour redonner la pêche et l’envie de sauter dans tous les sens.

Sous son côté abrupt et sec se cache une véritable perle, et je peux vous dire une chose : ça faisait longtemps que je n’avais pas écouté de bons textes de Hip-hop Français, la relève est assurée mais pas forcément là où on l’attendait. Et quand on aime on devient partenaires alors bientôt 5 albums à gagner ainsi que des places pour la tournée.

Duende

www.xmakeena.com
Sorti le 25  sept 2009
Prix 8 (pour l’album) à 12 € (pour le coffret) ACHETER

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Patrick Watson : Wooden Arms

27 juin 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

C’est enfin le retour des canadiens Patrick Watson and the wooden arms 3 ans après le très marquant Close to paradise que je vous recommande encore aujourd’hui et 2 ans après leur participation au dernier album de The cinematic Orchestra : Ma Fleur. Aujourd’hui ils nous reviennent avec un album étrange et sensible, Wooden Arms, mélant des sonorités très variées.

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Extrait : Machinery of the heavens

Sans surprise nous retrouvons la voix perchée et envoutante de Patrick Watson ainsi que son piano, instrument fétiche et condition même de leur musique. Mais voilà, Wooden arms marque une tournure par rapport aux deux albums précédents : L’innovation et la recherche avec de nouveaux instruments, les objets divers détournés de leur utilisation, de nouvelles voix qui apparaissent…

Imaginez dans un Beijing très oriental, un mec qui frappe sur une dizaine de casseroles, imaginez un Big bird in a small cage qui tourne en chanson pop et agrémentée d’une voix féminine, ou encore des ambiances films d’horreurs transformées en chansons positives et entrainantes dans Machinery of the heavens.

Plongez dès le départ dans un entrelacement de voix divines dans Fireweed, surprenez vous à rêver sur des mélodies de piano dans Wooden Arms. Vous aurez même du mal à choisir votre chanson favorite tant cet album est équilibré et frôlant la perfection !

Patrick Watson et sa troupe se révèlent être de véritables magiciens transformant des sons anodins en véritable chefs d’œuvres. Wooden Arms est sans conteste l’un des meilleurs albums qu’il m’ait été mis dans les mains. Et vous qu’en direz-vous ? Et si vous aimez faites-le nous savoir !

Duende

Sorti le 11 mai 2009
Environ 14 €
Leur myspace

Fever Ray

26 juin 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Préparez-vous à être ensorcelés ! Car c’est exactement l’effet produit par l’album éponyme de Fever Ray. L’univers que nous propose Karin Dreijer Andersson (moitié féminine du duo suédois The Knife) pour son premier album solo effraie par sa noirceur autant qu’il attire par son mystère. Chamanique, cérébral, puissant : les adjectifs ne manquent pas pour décrire cette perle d’étrangeté et de mystère.

fever-ray_cover Les sonorités africaines se mêlent particulièrement bien aux sons électroniques et la voix de prêtresse aux accents « björkiens », nous embarque, nous encercle, nous force à rester dans sa maison hantée poussés par une irrésistible curiosité. Les battements de cœur s’ajustent au rythme des percussions tribales et on se plait à scruter l’obscurité, à visiter chaque pièces, chaque recoin à la lampe torche, prêts à voir surgir des silhouettes sombres au bout des couloirs.


Fever Ray - When I grow Up

Les  premiers mots d’If I Had A Heart sont clairs : « This will never end cause I need more ». Difficile dans ces conditions de tenter une évasion. Des ombres dansent sur un rythme de tambours tout droit sortis d’un rite vaudou dans le génial When I Grow Up.

On se sent un peu rassurés avec le plus calme Now’s The Only Time I Know mais la chanson suivante, I’m Not Done, et sa voix de sorcière en état de transe, proche de la folie, nous ramène bien vite à la réalité, du moins à celle de Karin. Dans cet environnement gothique, les planants Coconut et Keep The Streets Empty For Me, qui ferment l’album, sonnent comme une lente libération, un retour cérémonieux vers la sortie. On retrouve l’air libre changés, comme au réveil d’un cauchemar que l’on ne peut s’empêcher de se remémorer encore et encore tant il paraissait vrai.

Fever Ray peut paraître un peu hermétique au premier abord et ne séduira pas tout le monde, mais une chose est sûre, si le sortilège ne prend pas toujours, il ne laissera personne indifférent et quand on aime cet album c’est un vrai coup de cœur.

Agathe

Myspace: www.myspace.com/feverray
Site: www.feverray.com
Date sortie : 23 mars 2009

Seagull Strange : Better angels of our nature

18 juin 2009 par Duende  
Classé dans A la une, Chroniques Cd

Des mouettes étranges (pour reprendre le nom du groupe), une référence à Icare : « the clone Icarus », premier morceau de l’album, simple mais entêtant et entraînant ; bref dans le second album du groupe indie rock originaire de Bristol, on décèle comme une envie et un vocabulaire d’ambiance aérienne.seagull

Après un premier album en 2007 distribué par le label Shifty Disco, leur deuxième album est sorti en mai 2009 et signé chez Volvox Music, intitulé : « Better Angels of Our Nature ».


Seagull Strange - Love’s sick disease

Si les trois premiers morceaux (The clone Icarus, Girls with 7 fingers et Missing Point) manquent un peu de nuances en sortant l’artillerie lourde batterie et grosse guitare, Love’s Sick Disease renoue avec une jolie émotion. Le débit du chanteur, la voix légèrement haut perchée (qui peuvent rappeler Brian Molko à ses débuts), entre urgence et douceur.
La la la ley se pose ensuite comme un hymne, un morceau qui doit trouver toute son énergie en live avec ses montées puissantes et son refrain fédérateur, bref qui donne envie d’être repris en chœur.
Avec Love and Death , on se laisse emporter par une douceur saccadée sur fond de cymbale et de violon dans une belle ballade sans mélo.

Un bel album donc, qui selon les morceaux, donne parfois l’envie festive d’être partagé sans réfléchir et parfois l’envie d’être écouté seul à l’abri d’une après midi pluvieuse.

Sophia

Leur myspace
Sorti le 11 mai 2009

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