Carte blanche à Hugh Coltman au Café de la Danse
Donner carte blanche à Hugh Coltman au Café de la Danse, c’est faire d’un concert un moment entre amis, à la bonne franquette. On boit, on se raconte des blagues, on règle des comptes et on rigole et on pleure. Le principe est simple, Hugh Coltman invite 3 musiciennes à se faire un bœuf et chacun son tour, on pousse la chansonnette. Krystle Warren, immense présense, Thea Hjelmeland, voix sublime et Alison Young, grande sensibilité, étaient les trois invitées. Ces demoiselles ont joué le jeu de la soirée entre amis et ça a marché. On se sent parfois de trop, un peu voyeur sans le vouloir du fait de l’intimité entre les protagonistes, mais finalement, avant la fin de la soirée, on fait partie des convives et on prend son pied.
Ça se passait le mercredi 9 juin, le Café de la Danse était plein à craquer. Pas de scène pour ces messieurs-dames, juste quelques tapis à même le sol et une déco sobre nord-africaine. Pour ceux qui ne sont pas arrivés en avance, pas de chance, leur place était par terre. Ou bien, chanceux, ils étaient aux pieds des musiciens. Et les plus retardataires à moins d’un mètre de Hugh Coltman – comme quoi c’est pas toujours une bonne idée d’arriver en avance (la jeune fille au T-shirt vert « Je suis fan de Hugh Coltman », placée au premier rang des places assises a du voir rouge).
Coltman entre en scène un verre à la main, commence à expliquer le déroulement de la soirée dans sa langue maternelle, jusqu’à ce qu’il prenne conscience qu’il parle parfaitement le français. « Je ne sais pas pourquoi je vous parle en anglais…! Mais c’est bien! C’est super bien! » Et à partir de là, anglais, français, tout se mélangeait. Etait-ce le stress? Le whisky? Peu importe. Il nous fait un premier morceau voix/guitare folk. Le ton est donné. Ce sera émotions et échanges pour ce soir. Il présente ensuite sa première guest… euh, invitée: Thea Hjelmeland. Norvégienne, ils se sont rencontrés sur facebook, elle partage sa vie entre Montreuil et son pays natal et il a aimé son univers. La belle entre en scène dans une super robe verte, pieds nus. La jolie blonde sourit à peine, s’installe, accorde sa mandoline et, sans un mot, commence son morceau. Sa voix est fragile et cristalline. Impossible pourtant de cerner la moindre trace d’émotion sur son visage. Mais Coltman enchaîne, fais entrer l’invitée suivante: Krystle Warren fait son entrée sans un regard vers le public; comme un chat timide, elle feint l’ignorance en attendant de voir ce qui va se passer. La voilà installée, elle rentre dans le jeu et c’est à son tour de proposer un morceau. Quelques secondes, guitare et voix, suffisent à bluffer le public. La glace est brisée, l’échange peut commencer. And last but not least, l’homme de la soirée appelle Alyson Young qui fait une entrée fracassante. Très extravertie, la chanteuse folk dénote de ses camarades de jeu, aurait-elle commencé l’apéro toute seule?
Ainsi s’enchaîne la soirée: chacun proposant un morceau et les trois autres harmonisant des voix de chœurs ou improvisant des solos de guitare et d’harmonica. Ainsi se crée une atmosphère intime et chaleureuse. Après quelques tours, les souvenirs leurs viennent en tête, alors Warren va entreprendre un morceau qu’ils avaient déjà chanté en duo, avec Coltman, « il y a des années ». Et la norvégienne se remémore les circonstances de l’écriture de telle ou telle chanson. Et quand Alyson Young laisse couler ses larmes sur un morceau de Hugh Coltman, on se dit que ce genre de concert, on en voit pas tous les mois, ni même tous les ans, et que ce n’est pas une soirée ordinaire dans laquelle on s’est embarqué.
Mais pas de sensiblerie (par pitié!), force est d’avouer que pour ceux qui s’attendaient à un je-ne-sais-quoi de plus pop ont certainement été un peu déçus; n’empêche que les quatre artistes ont trouvé un point d’accord. Quatre personnalités si différentes qui s’harmonisent autour de trois guitares, une mandoline et un harmonica, c’est juste splendide.
Photos Sandrine Cellard
myspace.com/hughcoltman
myspace.com/krystlewarren
myspace.com/theahjelmeland
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Festival Garorock @ Marmande
Garorock 2010 s’achève sous le soleil après avoir accueilli autant de bourrasques de vent et d’averses capricieuses. A l’image de ces manifestations naturelles imprévisibles, les trois chapiteaux du site Marmandais ont joyeusement crié leurs passions, leurs riffs enivrants et leur révolte souvent brutale, parfois poétique mais ô combien sincère.
Derrière la programmation résolument reggae-rock de ce festival, on retrouve l’essence du son de notre époque, la magie des harmonies musicales et son pouvoir sur les sens, le poids des mots porteurs d’espoir et l’énergie brute et irremplaçable du Live.
Vendredi 2 avril :
Une première journée qui commence sous le charme de Nouvelle Vague et sa new-wave-lounge. Mélanie Pain et sa comparse s’amusent de leurs voix gracieuses et sensuelles dans un ballet complice et accompli.
Les américains de Solillaquists of sound déroutent avec un rap lyrique-électro composé et servi « en couple » avec une belle énergie animale.
En revanche, sous le grand chapiteau, Mickey 3D n’est pas bien réveillé. Investissement minimum, intérêt super réduit. Naturellement, on s’ennuie ferme. Quel dommage !
Izia a toujours autant la pêche. Mincie, radieuse, elle chante avec un enthousiasme qui force le respect même si sa voix n’est pas toujours bien modulée. Une jeune femme à la fraîcheur épatante. C’est stimulant et généreux.
Mon coup de cœur du jour, le groupe Archive et sa musique céleste… d’une pureté à couper la souffle. Controlling crowds nous envoûte littéralement. On se perd dans les méandres sonores lyriques et fluides de ce rock de l’espace qui nous scotche en lévitation.
Le peuple de l’herbe fait partie de ces groupes français qui mêlent subtilement modernité et racines. Un hip-hop électrique à tendance reggae-groove-jazz assaisonné à l’herbe folle.
Après s’être séparé en 1998 pour divergences artistiques, Big Red et Daddy Mory reforment Raggasonic. Ils ne nous convainquent qu’à demie avec leur prestation distante. Ceci après une vilaine attente et des problèmes de soudcheck qui nous décalent les concerts suivants. Adieu donc Pony Hoax et Pony pony run run.
Samedi 3 avril :
Les filles de X-Syndicate envoient du bois avec leur punk rock trashy. On ne fait pas dans le glam, loin s’en faut, ni dans la demie mesure question grimaces de circonstance. C’est honnête et porté.
Inversement, Gizelle Smith est tout en minauderies et sollicitations peu naturelles pour nos objectifs photographiques. Tout est joli mais du coup, on en oublie son funk et les Mighty Mocambos qui méritent sûrement mieux. Une deuxième écoute s’impose avant l’assassinat en bonne et due forme.
Les Danakil font du reggae-roots-dub et rassemblent incontestablement avec leurs messages engagés sauce « paix, amour, nature et petits oiseaux ». Attention, Danakil a un sourire à tomber par terre, fuyons vite !
Nneka a posé ses valises en Allemagne mais n’en oublie pas ses racines Africaines, au contraire ! Très indépendante, militante (influence Lauryn Hill), son hip-hop soul afro-beat ne s’embarrasse pas de vaines coquetteries. Le message est affirmé point levé, capuche de rappeuse sur la tête avec une conviction authentique.
Alpha Blondy a marqué les esprits avec son « sweet fanta diallo » en 1987. Son reggae d’aujourd’hui n’est pas vraiment dans la tendance, du reggae à papa. Indigeste.
Coup de cœur absolu pour les Belges de Ghinzu et leur rock incandescent, nerveux, lyrique, violent, habité. John Stargasm agace derrière ses lunettes de mouche mais son arrogance n’a d’égal que son immense talent d’interprète. Il nous embarque loin avec ses déclarations d’amour au romantisme exacerbé, sa manière très personnelle de jouer du piano avec extravagance… Mirror Mirror est un bijou.
Les New Politics sont carrément dérangés ! Leur rock-punk déjanté est un peu brut de décoffrage, tout feux tout flammes, provocation à la Iggy Pop, parfait. Yeah yeah yeah !
Wax Tailor est un grand manitou génial. Mais planqué en fond de scène derrière ses platines, on se croirait sur un plateau de Michel Drucker époque Champs Elysées. Il nous présente tour à tour, Charlotte Savary (beauté diaphane et voix d’ange), Ursula Rucker et Sharon Jones. Ses deux gros rappeurs américains. Ses musiciens. On dit merci. Vous en voulez encore.. ? Vous êtes sûrs.. ?! Le tout manque terriblement de classe et de spontanéité.
Dimanche 4 avril :
Un dimanche qui commence sur les chapeaux de roues avec l’adorable Jessie Rose (20 ans) et son blues pop soul mâtiné de cuivres et de guitares scintillantes. Une pointe d’excentricité, un soupçon de désuet sauce fifties, le tout pour un résultat craquant et prometteur.
Les masses de Mass Hysteria sont en pleine forme. Le message est envoyé brut de pomme, cheveux au vent, point levé et révolte sincère chevillée au corps.
La sublime Alice Russel nous enchante avec ses textes soul blues seventies. Enrobée dans une tenue de paillettes noires, bouche rouge sang, blondeur bébé, la diva dégage une énergie, une sensualité et un dynamisme absolument déconcertants. Let us be lovin….
Disiz (ex la peste) cherche à faire de la vraie musique. Avec de vrais instruments et de vrais musiciens. Oui mais on ne s’improvise pas vrai chanteur. Ni vrai talent.
Le métal hardcore trash de Sepultura est sans concession. C’est bestial, hyper dark, réservé aux spécialistes du genre.
Ultra Vomit a un public. Oui, oui… Leur punk métal parodique genre farce d’adolescent pré-pubère qui se cherche un style et qui croit déranger en prenant zéro risque a trouvé un public… Les bras m’en tombent.
Les Lillois de Skip the Use sont absolument lumineux, barrés, géniaux, tatoués, exaltés, sexy, punk! Parfaits.
Aurélia
Fair 2010, le programme !
17 décembre 2009 par marcb
Classé dans A la une, Informations
Le Fair, qui existe depuis 1989, a pour but le soutien au démarrage de carrière d’artistes ou de groupes musicaux français ou résidant en France. Sur les quelques 500 dossiers reçus, ils n’en ont retenu que 15. Les Zindés vous dévoilent la sélection 2010. Enjoy !
Rachid Taha @ l’Olympia
Relever le défi de se produire en première partie d’un artiste attendu par son public dans une salle aussi mythique que l’Olympia n’est pas chose aisée… pourtant, Féfé, ancien des Saïan Supa Crew, parvient à transmettre une énergie follement positive; il est souriant, enthousiaste, son titre Jeunes à la retraite est à écouter d’urgence. Les gens sont debout, galvanisés, séduits! Un joli moment pour une belle découverte pleine de promesses.
Après une pause, Rachid Taha est dans la position inverse. C’est le public qui le porte, lui qui semble un peu nerveux, peu assuré dans son costume de rock-star « made in Médina ». Enfin, après deux-trois morceaux, Rachid Taha prend possession du lieu et nous embarque dans un périple de métissage sonore jubilatoire. De son nouvel album Bonjour, je ne retiens que le refrain un peu inconsistant de la chanson Je t’aime mon amour (quelque chose comme … je t’aimerai toujours… oui, bon.). En revanche, impossible d’être insensible à sa Douce France, l’incontournable reprise de la chanson de Trénet et superbe pied de nez au conformisme ambiant, à la version techno de Voilà, voilà, véritablement hypnotisant, à son sublime Ya Rayah qui nous envoûte de toute sa sensualité orientale.
Question « grande gueule engagée », Rachid Taha n’a rien perdu de sa superbe. A 51 ans, il est toujours aussi révolté, appelle à la révolution, fustige le gouvernement, prône la liberté d’aimer « dans tous les sens » et même si ça ne change rien, ça fait du bien. Puis il annonce l’arrivée d’un invité. « Kiki..? il est là mon ami Kiki..? » s’inquiète Rachid. Incroyable mais vrai. C’est la chanteur Tricky qui débarque sur scène et nous offre un ovni trip-hop arabisant sur fond de youyous, largement improvisé, unique, magique!
Rachid Taha est heureux, il rayonne entouré de toutes ses copines qu’il a invitées à danser sur scène. Il chante pour elles une version fille de Ecoute-moi camarade et termine avec Rock El Casbah, bel hommage au Clash.
S’il fallait en convaincre une ce soir là, c’était moi. Pari gagné monsieur Taha.
Aurélia







