Patrick Watson and the wooden arms @ la Cigale
Il est des moments enchanteurs dans la vie qui donnent envie de dire « J’y étais ! » ; des moments de communion entre public et artiste qui nous laisse croire que l’on est un peu privilégié. Des moments d’absolu ravissement pour les sens …
Patrick Watson est un être résolument généreux et talentueux, un peu cabot certes, mais comment ne pas l’être… un étonnant petit lutin facétieux, à mille lieux du poète sombre et torturé que j’imaginais.
Sa musique d’une grande richesse semble brodée comme un morceau classique. Il est d’ailleurs accompagné par un quatuor à cordes très féminin qui ajoute au lyrisme de son écriture. On se laisse prendre par la main, happé dans un univers onirique–le jeu de lumières ajoute au mystère – bercé par sa voix si particulière qui dénote avec son accent québecois à couper au couteau. Patrick ricane comme un enfant entre les chansons, il dit beaucoup « merci », ça vient du cœur, il se recoiffe de sa casquette qu’on aimerait bien voir disparaître et surtout, il interprète puissamment, d’où la référence récurrente à Jeff Buckley.

Son dernier album Wooden arms (les bras de bois tel qu’il le traduit lui même) est un tour du monde d’expériences, de rencontres et de saveurs, un album organique composé pendant leur précédente tournée.
Le ton est donné avec le très beau Wooden arms « I wish I’d sleep in your wooden arms tonight », puis Man like you et son entêtante mélodie. Erica l’accompagne sur Big bird in a small cage après avoir assuré la première partie du concert avec son groupe Thus :Owls.
Il ne fallait pas manquer ce soir Patrick Watson affublé d’une espèce de lustre multi tentacules harnaché dans son dos, descendu chanter au milieu du public ; lequel s’assied par terre, tout autour de lui, comme devant un grand feu et l’écoutant religieusement… jusqu’à ce que Robbie Kustor, le batteur du groupe, reparti discrètement vers la scène s’entrave de tout son long dans le tabouret du piano. Hilarité générale ! Applaudissements, salut généreux du gaillard et fin de la messe.
En cadeau une version décalée et poétique de The great escape, avec film super huit projeté sur son visage et un lumineux Luscious life. « You taste so sweet », une ode à la vie, un vrai bonheur.
La force du petit génie réside bien là : Patrick Watson est un miracle d’équilibre qui ondule entre ballade romantique et envolée mystico-lyrique. Ou comment toucher au profond sans jamais être complaisant.
Il dégage une grâce, une fragilité, une émotion qui nous lie à lui le temps d’une soirée, autant dire à tout jamais…
Aurélia




J’y étais… C’était splendide!
Un moment unique!
Tu m’étonnes ! A chaque fois je ne peux pas y aller et je regrette…