Juliette Lewis @ l’Alhambra
On a connu Juliette Lewis en actrice atypique, attirée par les rôles un peu borderline voire carrément violents, une enfant de la balle assez rebelle qui ne tombe pas dans le trop facile et convenu « glamour » et pense son parcours librement.
Puis Juliette est partie dans la musique. Au départ, accompagnée par The Licks, dont elle est désormais séparée, Juliette Lewis suit un chemin qui colle à son image : elle fait du rock, symbole suprême de la rébellion et de la liberté sauvage, du bon rock ! Et la rumeur de la précéder : Juliette serait une barrée, excentrique, ingérable… une vraie star en somme !?
La belle est effectivement bluffante. Sur scène, un grand show comme seuls les américains savent vraiment le faire, un show hyper professionnel, maîtrisé, fou et sobre à la fois. Musiciens époustouflants, bassiste hyper sexy, guitaristes virtuoses et virils en diable, batteur tout droit sorti d’un match de la NBA et Juliette, sublime rockeuse à la voix rocailleuse et chaude. Son arrivée en mariée déjantée voilée de rose bonbon donne le ton. Toute parée de plumes noires et fauves, sequins, paillettes, broderies, collant disco argenté, mitaine et maquillage outrancier, Juliette est à mi-chemin entre Peaches et Janis Joplin. C’est en effet à l’icône absolue que l’on pense à l’écoute du très dépouillé Hard Lovin woman, un blues fragile où la voix de Juliette habite l’espace. Produit par Omar Rodriguez Lopez de Mars Volta, l’album Terra Incognita est le résultat d’une envie sincère et mature « de mon côté, j’avais envie d’une musique plus étrange, plus psychédélique et groovy ». Ghosts a des petits relans de Nirvana sauce Hendrix (?!) mais mention spéciale aux très beaux Roméo et Fantasy Bar avec rythme endiablé et choeurs emballants. 
Incroyable d’énergie mais la survolte contenue, Juliette Lewis balance, se donne à fond, crinière indomptable… la belle a sûrement bouffé du lion au petit-déjeuner ! Pas un temps mort durant le concert, Juliette s’approche toujours plus près, touche les mains des gens qui hurlent son nom après qu’elle nous ait confié « I expected something more from you Paris ! » Et oui, il faut nous donner l’autorisation pour le lâchage en bonne et due forme, satanée pudeur française.
Juliette n’est donc pas aussi « branque » qu’on veut bien le dire… même si elle fait partie de la très controversée église de scientologie, comme une confirmation du grand principe (rassurant) que personne n’est parfait. Et que nous ne sommes pas à une contradiction près.
Aurélia



