Deadmau5 & Underworld @ Rock en Scène

2 septembre 2010 par Duende  
Classé dans A la une, Concerts

En cloture de cette première journée de festival, quoi de mieux pour faire la fête qu’un programme electro ?

Deadmau5 @ La scène de l’industrie

Vous êtes tous bien conscients qu’habituellement je ne vous aurais jamais parlé de musique clubber ? Et pourtant… j’ai craqué mais vous allez vite en connaitre la raison. Vous l’aurez donc compris c’est Deadmau5 qui ouvre la soirée electro avec un show plutôt surprenant.

video amateur :

Deadmau5 est assez peu connu en France, excepté pour ceux qui fréquentent régulièrement les scènes electro et clubs branchés, je vais donc commencer par vous le présenter. Joel Zimmerman de son véritable nom est un jeune canadien dont la carrière a été propulsée en un éclair. En effet, son premier album est sorti en 2008 et à peine 2 ans après, nous le retrouvons sur Rock en Seine, nous proposant le spectacle visuel le plus aboutit qu’il m’ait été donné de voir depuis Ez3kiel.

Autant être franc avec vous, la musique reste assez pauvre et peu évolutive malgré son talent de producteur, mais sur scène c’est une toute autre histoire. Au début, on scrute des yeux, on cherche qui est sur scène et on ne voit pas grand chose si ce n’est de nombreuses lumières et des écrans dans tous les sens. Puis, un personnage apparaît, perché sur un cube renversé consitué d’écrans, avec un casque de souris ressemblant de loin à Mickey vissé sur le crâne.

Le son est très répétitif, un peu assourdissant, puis le cube s’allume au rythme de la souris qui danse là-haut. Les images psychédéliques sont rythmées, colorées et parfaitement callées sur la musique, les formes évoluent, traversent d’autres écrans et sont parfois ponctuées par une souris bleue et rouge qui apparait pour nous narguer. A cela s’ajoutent les projecteurs et la dizaine d’écrans du fond de la scène qui s’illuminent en cadence, et à côté le feu d’artifice du 14 juillet fait presque pâle figure.  Le DJ joue la carte de l’humour, et fait son show en toute humilité. Le spectacle dure plus d’une heure, et mon seul regret reste la musique car visuellement ça claque !

http://www.myspace.com/deadmau5

Underworld @ La Scène de la Cascade

Ce sont les anglais Underworld qui nous finissent de nous faire danser cette nuit, les pionniers de l’electro-fusion, ces mêmes anglais qui nous avaient fait vibrer avec des perles telles que Dubnobasswithmyheadman (1996). Depuis 1988, les 2 DJ/compositeurs mélangent tout ce qu’ils peuvent avec l’electro, sans jamais se soucier de savoir si cela rentre dans les normes musicales.

Karl Hyde (le chanteur) était coincé au Japon et ne devait arriver que pour le concert. Je m’imaginais donc le voir assommé par le voyage, mais dès le début il est là à danser en rond, à grimper ici et là, poussant sa voix jusqu’à en faire saturer le son. Derrière lui Rock Smith, son collègue de toujours et Darren Price (arrivé il y a 5 ans) sont là, les yeux rivés sur une quantité de machines et d’ordis qui les entourent. Ils mixent et semblent très concentrés, sans aucun autre jeu de scène que ce sérieux sur le visage. Mais il y a de quoi être sérieux, la musique d’Underworld est bien loin des sauvageries sonores electroniques habituelles : ils font dans la dentelle, le subtil, l’inégalable, l’exquis et le nostalgique. La musique de ce soir est aussi dans cette subtilité, des morceaux psychédéliques, qui évoluent très lentement. Ce sont souvent des changements presque invisibles et qui, petit à petit deviennent audibles.

Certes, il faut tout un temps d’adaptation au public pour pénétrer leur univers, et ce ne sont pas les images semblant sorties de clips des années 80 qui les y encouragent. Mais je lis sur leur visage à tous, au bout d’un quart d’heure, qu’ils commencent à savourer l’exquis. Born Slippy les réveille, et confirme leurs appréciations lorsqu’ils reconnaissent ce qu’ils ont déjà entendu auparavant.

Une chose est sûre, plus de 20 ans après leurs débuts, Underworld reste une référence de la musique electro en studio comme sur scène.

http://www.myspace.com/underworld

Antoine

Le 27/08/2010 @ Rock en seine

Beast & Cypress Hill @ Rock en Seine

1 septembre 2010 par Duende  
Classé dans A la une, Concerts

Nous vous les avions déjà présentés il y a quelques temps à l’occasion de leur premier album éponyme, les français Betty Bonifassi et Jean-Phi Goncalves débarquent enfin sur une grosse scène française.

Beast @ Scène de l’industrie

Ils avaient du mal à percer en France -phénomène d’ailleurs mystérieux vu la qualité de leur album- et les voici enfin sur un gros festival, pour eux -nous ont-ils confiés- c’est un grand moment.
Un batteur énergique, une chanteuse qui ne tient pas en place, un flow défiant les plus grands rappeurs, c’est à un concert sacrément ficelé que nous assistons.

Beast sur scène c’est un mélange détonant de trip-hop éléctrique et de hip-hop, de samples et de trouvailles sonores en tout genres. Les mélodies nous maintiennent haletants du début jusqu’à la fin, sous une cascade de fréquences jouissives, tempérée par des samples de voix (façon old movies) maintenant le concert dans une ambiance presque énigmatique.

Betty saute dans tous les sens, crie, chante et reste indécise, entre deux, sans trancher entre le rap et sa voix rauque de chanteuse soul ; Quant à Jean-Phi, c’est un batteur hors-pair démontrant un jeu d’une très grande richesse et d’une très grande subtilité mais c’est sans compter son charisme. Autre détail de génie, le bassiste, lui, joue sur une basse toute particulière, une sorte de combi cordes et clavier, ce qui confère aux passages plus electro un son chaleureux et vivant. Je suis convaincu et conquis, le public aussi.

Notre chronique CD de Beast

http://www.myspace.com/beastsound

Cypress Hill @ La Grande scène

Pas de grande surprise pour ce qu’il en est des latinos américains Cypress Hill, depuis 20 ans qu’il nous captivent avec leurs  sonorités old school, ils sont de véritables pionniers, même pour les français. Qui ne se souvient pas du mythique album « Los grandes exitos en Mexico » ?

Ce soir, c’est un concert que je regarde résolument avec des yeux d’enfants et vu qu’ils enchainent leurs anciens tubes, (Yo quiero fumar, Stank ass hoe…), je ne suis pas près de changer mon état d’esprit nostalgique. Les sirènes de I wanna get high résonnent sous les  fines paluches de DJ Mugg pendant que B-Real allume un énorme joint. Le beat part et c’est Sen Dog qui entame les hostilité, puis nous assistons à un véritable jeu entre les deux compères. Sen Dog détourne l’attention du MC à la voix nasillarde, lui vole le précieux, du coup B-Real reprend les rennes. Sen Dog s’écroule au sol en toussant, et au moment où le public commence à se demander si ce ne serait pas une véritable crise, le colosse se relève et reprend le micro. La chanson se termine, il nous fixe, s’arrête presque de bouger et nous demande si nous sommes défoncés, et vu l’odeur qui plane ici, le public répond « OUI » à l’unisson. « Vous êtes fou ? », une nouvelle fois le public répond « oui »et se voit rétorquer « But don’t you know I’m Loco » (mais tu vois pas que je suis taré) par Sen Dog qui enchaine sur Insane in the brain.

Quelques morceaux plus loin, les peaux des percussions fument elles-aussi, et les platines n’en peuvent plus : En voilà un « fuckin’ show » que nous ne sommes pas près d’oublier.

http://www.myspace.com/cypresshill

Antoine
Concerts du 27/08/2010 @ Rock en Seine

Band Of Horses / Kele @ Rock en Seine

30 août 2010 par Duende  
Classé dans A la une, Concerts

Band Of Horses @ la scène de la cascade

Un petit côté rock 70′s, une progression des morceaux presque alternative, voici ce qu’on pourrait dire si nous devions classer le groupe américain. Une peinture sur un tissu kitsch avec un coucher de soleil sur une étendue d’eau accrochée sur le stand clavier semble être la seule incohérence dans leur show.

Pendant près de 40 minutes le groupe nous émerveille avec un rock presque mélancolique, les guitares en avant façon orchestral. BOH utilise la réverbération avec parcimonie pour sublimer sa musique. Et là, la voix se pose tel un papillon, finalement le paysage ne va peut être pas si mal avec la musique qui peut nous évoquer de vastes paysages.

Les chansons s’enchaînent et on ne voit pas le temps passer. Le public est ravi et à ma surprise certains entonnent les paroles en chœur avec le chanteur. Le final se fait sur un mini solo de batterie impeccable, tout comme le reste du set. Belle découverte, non ?

http://www.myspace.com/bandofhorses

Kele @ La grande scène

Kele c’est le leader et chanteur de Bloc Party, et le concert d’aujourd’hui est basé sur son premier album solo The Boxer. Accompagné d’un batteur, une clavieriste/ choriste et un bassiste, il nous donne une interprétation scénique et instrumentale de sa musique.

On sent de suite que c’est un chanteur d’expérience qui se pose devant nous, sautant partout converses aux pieds et chemise fleurie. Il joue ses titres puis réinvente ceux de Bloc Party avec fierté. C’est brillant, je dois l’avouer, surtout ce mélange d’electro club et de percussions façon un peu tribale. La voix est parfaite, elle tient bon, crie, chante avec brillo. Et de cette electro tribale on repasse la barrière vers l’electro club franche et ce n’est pas pour déplaire au public qui saute dans tous les sens. Il demande en français sa guitare, poursuit son set de manière impeccable. C’est déjà fini ?

Festival Terres du Son

28 août 2010 par sandrine  
Classé dans A la une, Concerts

Après quelques heures de route et un peu de retard, c’est en pleine forêt, que nous découvrons le lieu du festival « Terres du son », parc du château de Candé, à Monts.

Accueillies par Franck, qui ne nous laisse pas de répit, nous sommes attendues par Jil pour notre première interview du week-end. (cf. rubrique Rencontres/Interviews) S’en suivra celle d’Izia… avant de retrouver Jil sur scène, cette fois.

Jil is Lucky

C’est le début du festival, il fait une chaleur de plomb, le public est pour l’instant composé essentiellement de jeunes filles adolescentes, les festivaliers ne sont pas encore très nombreux. … L’ambiance peine à démarrer…

En guise de décor au fond de la scène, on reconnaît les maintenant fameuses lunettes bleues de Jil.

Il fait tellement chaud sur scène que le batteur joue torse nu, le guitariste avec une serviette sur la tête et Jil nous demande au cas où il tombe, tel un liquide fondu, sorte d’épave, de faire une chaine humaine pour l’amener à l’hôpital !

Mais The Wanderer, J.E.S.U.S. said, I may be late et Hovering Machine en guise de bis, sont bien au rendez-vous.

Ravie donc de voir en live, l’artiste qui fait apparaître dans le ciel les coquelicots de la pub Kenzo.

Pete Doherty

Toujours plus sex & drug, que rock n roll, Pete Doherty défraye une fois de plus la chronique. Son concert à Nice, la veille au soir a été annulé… Une seule question plane donc à Terres du son… Sera-t-il là ?

On scrute la scène sur laquelle repose drapeau britannique, micro, retours et ampli…. Ainsi qu’une bouteille de rouge. Plutôt bon signe que ce dernier indice !

Pete est bel et bien là, c’est l’hystérie. il monte sur scène avec pour seuls partenaires sa guitare et son verre de rouge, avant d’être rejoint sur certains titres par deux danseuses classiques.

Malgré un taux d’alcoolémie probablement élevé, il est à noter que Pete assure sa prestation tant par sa voix juste que par une parfaite diction, en reprenant essentiellement des chansons des Babyshambles et des Libertines.

Izia

La jeune femme rebelle sur scène n’a rien de la douce et fraiche jeune fille interviewée quelques heures auparavant.

C’est une folle furieuse qui débarque sur scène en courant, suivie de ses musiciens. Elle balance les micros, crie, tire la langue, ne tient pas en place, provoque…

« Je sens des énergies qui me plaisent, je sens que vous êtes prêts à offrir votre corps à la science du rock n roll »

Véritable diablesse, sexy, énergique, rayonnante, elle offre un show digne des plus grands malgré des discours parfois trop longs, qui rappellent qu’elle n’a seulement que 19 ans…

Alexis HK

Alexis HK est en costard cravate, tout de noir vêtu et en plein soleil … On le plaint !

Tel un conteur, oscillant entre chant et récitation, sa diction est parfaitement maitrisée.

Mais il faut se méfier de ses airs de garçon sage.  Alexis et ses musiciens sont plein d’humour. Il est d’ailleurs le premier à rire à ses blagues et à parfois du mal à garder son sérieux.

Il enchaîne les Affranchis,  la fille du fossoyeur, Mitch et la Maison Ronchonchon, entre autres et reprend Je passe pour une caravane.

« Bravo, vous avez trouvé ? Bashung, bien sûr… Allez, tous à poil ! » … Avant d’être consterné par le cynisme des gens en référence à sa chanson Gaspard : « On vous parle d’un nain qu’on lance dans une boîte de nuit… et c’est la fête ?… Compliment ! »

Ben L’Oncle Soul

Après une intro instrumentale, deux blacks  – les choristes – jouent les metteurs d’ambiance. Et ça marche !

Ben – bretelles, tee-shirt et converses basses roses, nœud pap’, pantalon en velours vert, lunettes rouges et chapeau – entame l’incontournable  Seven Nation Army, avant de nous offrir Soul Man, Barbie Girl et une magnifique  interprétation blues digne d’un Otis Redding.

Show impeccable, chorégraphie et mouvements sur scène superbement synchronisés entre les six musiciens, les deux choristes et Ben.

Ben est aux anges. Il a grandi  ici, famille et amis sont dans le public… Il n’hésite donc pas à faire un bain de foule avant d’achever son concert, qu’il aura fait durer un peu plus que prévu… pour notre plus grand plaisir !

Morcheeba

Alors que les musiciens sont déjà en place, Skye fait une entrée tout en douceur mais très remarquée sur scène.

Vêtue d’une somptueuse robe d’un rouge flamboyant – qu’elle a elle même confectionnée – , elle est tout simplement sublimissime.

C’est son grand retour sur scène au sein du groupe Morcheeba. Elle est souriante et semble ravie de partager ce moment de grâce.

Les musiques, toutes aussi planantes qu’envoûtantes, nous bercent. Que dire de plus ? On aurait voulu que ça dure jusqu’au l’aube…

Tété

Intro du batteur seul sur scène, bientôt rejoint par le contrebassiste et Tété.

Plutôt que de rester devant la scène, je décide de me mêler à la foule pour goûter un peu plus encore à l’ambiance du festival.

Tout le monde danse et au vu du nombre de festivaliers qui hurlent le nom de Tété, nul doute qu’il a des fans !

On ressent véritablement l’influence blues dans son jeu guitaristique. Il nous surprend même par la reprise d’une chanson, très « rockabilly ».

Pas de doute, il sait parler à son public « Tours, ma petite gourmande. On pourrait faire des folies ensemble »… De quoi rendre ses admirateur(trice)s un peu plus hystériques encore !

Féfé

Avec Féfé, le show commence avant l’entrée du groupe sur scène. On l’entend dire au micro : « Ils ont le blues ? Pourquoi ? Parce qu’il paraît que les gens à Terres du son à partir de 23h, sont fatigués. C’est vrai ? »

Et voilà, un public survolté, prêt à tout donner, avant même la première chanson !

Musiques entrainantes, festives, jeu entre les membres du groupe et les festivaliers, tous les ingrédients sont réunis  pour mettre le feu. Et bien qu’en festival, Féfé n’hésite pas à réquisitionner un agent de sécurité qui le porte sur ses épaules, afin de faire son passage habituel dans la foule… A voir absolument en live !

Fin du festival à deux heures du matin. Partagée entre interviews et concerts durant trois jours, la fatigue est bien là. On retiendra de ce festival une ambiance « bon enfant  et familiale », à tendance écolo, où les artistes sont pour la plupart facilement accessibles… et toujours cet immense regret de ne pas avoir pu assister à toutes les représentations. Rendez-vous l’année prochaine !

Isabelle

Photos Sandrine Cellard
terresduson.com

Retrouvez nos interviews de :
Jil is Lucky
Izia
Alexis HK
Ben l’Oncle Soul
Morcheeba
Tété
Féfé

Minus The Bear & All Time Low @ Rock en Seine

27 août 2010 par Duende  
Classé dans A la une, Concerts

Le festival commence très bien avec sur la scène de la cascade (scène moyenne) Minus the Bear, un groupe plutôt péchu distillant une musique plutôt pop-rock entêtante.

Minus The Bear @ La scène de la cascade

C’est une belle ouverture avec les cinq membres sur scène qui se déchainent. Le groupe existe depuis maintenant 5 ans et c’est sans surprise que nous les retrouvons sur un gros festival. Entre une pop-rock minimaliste, voire progressive parfois et electro acid pour les parties claviers, le groupe assure et tout est clairement rodé.


Ça bouge et le public est réceptif, jusqu’à ce que la pluie se prenne au jeu et oblige la foule à se ranger sous les arbres. Les cinq lascars continuent malgré les petit bugs dus à l’eau (j’adore les festivals sous la pluie). Le groupe joue le premier titre « My Time » de son album Omni à paraitre dans quelques jours, EX-CE-LLENT et le public est receptif même s’il ne semble pas connaître. Ils enchainent les tracks énergiques mêlant les anciennes chansons et le nouvel album. Le public apprécie, appalaudit en rangeant les parapluies. Dommage, c’est trop court on en reprendrait bien une part.

http://www.myspace.com/minusthebear

All Time Low @ La grande scène

Brrrrrr…. All time Low c’est un groupe de djeun’s, alors ils font du teen rock énervé, façon binaire et minimaliste dans la composition. Vous ne me suivez pas ? Alors imaginez une série américaine qui raconte la vie passionnée et passionnante de la bourgeoisie adolescente. Mais si il y aurait du surf dedans et des bikini mélée à des histoires d’ado…compliquées ?!?  Le concert commence : boum tchik bam boum tchik bam avec un chanteur en furie qui hurle être venu à Paris pour voir des « boobs » et essayant de combler le blanc due à une petite panne matérielle.

Ca repart et ça déboite c’est vrai mais la musique ne dépasse pas vraiment ce point et retombe vite dans une ronde répétitive sans fin. Le public acclame alors que voulez vous… Ca plait quand on se la joue rock star destroy avec une mêche blonde qui tombe dans les yeux, non ?

http://www.myspace.com/alltimelow

Antoine
Le 27/08/10 @ Rock en seine

La douce interview de Tok Tok Tok

8 août 2010 par sandrine  
Classé dans A la une, Interview

TOK TOK TOK, trois fois trois lettres et un duo Black & White très complice.

C’est avec la sublime Tokunbo Akinro (chanteuse) et Morten Klein (musicien, compositeur et arrangeur) que nous avons rendez-vous à l’Hôtel de Banville, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Revolution 69, composé de reprises des Beatles.

Découverte toute en douceur de ce groupe, encore peu connu du grand public en France malgré une large discographie et plusieurs récompenses dont un prix SACEM en 2006.

A l’issue de l’interview, Tokunbo et Morten nous ont interprété le premier titre de leur album, une version pleine de sensualité et toute en retenue, de Come Together des Beatles.

A noter qu’ils seront en concert privé au Réservoir (Paris XIe), le 20 septembre prochain.

Isabelle

L’interview cérébrale du Peuple de l’Herbe

31 juillet 2010 par sandrine  
Classé dans A la une, Interview

C’est aux loges artistes que nous avons rendez-vous avec les membres du groupe. Une petite table de jardin est installée au bord de l’eau. Des torches de jardin sont plantées tout le long du fleuve. Festival de musique oblige, nous avons même droit à un concert de grenouilles. Le cadre est tout simplement sublime. Et c’est à DJ Pee et à au bassiste Spagg de se prêter au jeu des questions-réponses, avant de gentiment nous proposer de prendre une bière avec eux.


Plus de dix ans que le groupe existe. Pourriez-vous nous faire une brève présentation du Peuple de l’Herbe?

DJ Pee: Je sais pas… Tu me coupes un peu l’herbe sous le pied!
Comment dire? … On est un groupe qui a évolué, qui est parti d’un duo, pour devenir un quatuor et pour finalement se retrouver à six sur scène.
Un groupe qui était à l’origine une idée de DJ et de sampler, pour devenir un véritable groupe organique, avec des changements de personnes des gens qui s’en vont, des gens qui arrivent. Et avec cette formule, on en est maintenant au cinquième album.
Des gens qui font des musiques qu’ils aiment.

Vous êtes assez stylistiquement inclassable. Comment vous définiriez-vous?

DJ Pee: La question revient tout le temps, évidemment!
Spagg: On touche un petit peu à tous les styles. On répond souvent par la formation. On a un batteur, un DJ, un bassiste, des machines, un trompettiste qui joue aussi du clavier et nos deux chanteurs.

Existe-t-il des influences musicales communes à l’ensemble des membres?

Spagg: On se retrouve sur certain style… Tout ce qui est punk, punk rock, hard core et hip hop aussi… Mais sinon chacun a aussi des influences qui lui sont propres, c’est ce qui fait que comme tout le monde compose dans le groupe, on fait tous ces styles différents. En fait, on est un mélange… On mélange les styles, on mélange les machines.

En terme d’écriture, quelles sont vos sources d’inspiration?

DJ Pee: Alors, y’a deux sortes d’écriture. A l’origine, on est un groupe instrumental. Donc on écrit des morceaux, en exprimant avec des samples – des voix souvent- des idées qui nous tiennent à cœur et après, y’a des morceaux qu’on fait avec nos MC, Sir Jean et JC001, un qui est londonien d’origine indienne et l’autre qui est sénégalais installé en France. Donc de cultures différentes, voire complémentaires de ce que l’on est, nous. On cherche les points communs entre ce qu’on a envie de dire et ce que eux aussi, sentent à signifier.
Comme on s’efforce de faire des choses qui ont un sens… Ce qu’on aime, on essaie de le faire dans un sens… Deuxième sens… Sixième sens… Donc on essaie de trouver avec eux, des points de vue qu’on aimerait voir abordé dans les morceaux parce que y’a pas tant que ça de morceaux chantés. Autant que ceux qui soient chantés, soient assumés par le groupe et avoir des sujets qui changent un petit peu.

Comment s’est déroulée la création de l’album TILT?

DJ Pee: Comme les autres!
Spagg: Selon les morceaux, y’a différents processus pour arriver au résultat. ça part en général des machines, mais comme maintenant y’a plus d’instruments, ça peut arriver de faire un bœuf local comme n’importe quel groupe… donc y’a pas vraiment de recette qui soit commune à tous les morceaux.
DJ Pee: ça dépend vraiment des morceaux.
Comme le groupe a évolué, il peut utiliser ses anciennes méthodes comme on est à l’origine DJ et samples uniquement, on peut repartir… mais on a trouvé une souplesse à jouer des fois des samples, des fois les rejouer, des fois simplement jouer et assembler… donc on a une palette d’outils déjà pour composer, qui s’élargie.
Avant on composait sur des samplers, et même sur PC, après on est passé sur des écrans et c’est pas très musical en fait comme démarche. Ça se fait énormément maintenant, toute la musique électronique c’est devenu un gimmick. Et des fois, c’est bien de… comme avec la machine qui recherche souvent de l’émotion, souvent tu te rends compte que l’émotion tu l’as en jouant. Et que tu peux rejouer dans l’autre sens, sampler des émotions et puis les rendre au contraire, un peu froide avec les machines.
Et nous, on boucle les boucles, comme ça. Tantôt l’un, tantôt l’autre.
Souvent on essaie de surprendre avec des sons qu’on pourrait penser samplés et qui sont en fait des sons joués. Et l’inverse aussi. Utiliser des samples et de bien les trafiquer pour essayer de les rendre agréables à écouter. On travaille beaucoup avec notre ingé son, qui nous suit depuis le début, qui est mon frère et qui est à l’origine du groupe. L’histoire de DJ, c’est mon frère qui nous a fait rencontrer, parce qu’il travaillait avec ce mec qui jouait dans un groupe de hip hop… C’est cet ami avec qui j’ai commencé le groupe, à l’origine. Voilà, l’histoire elle commence comme ça…

Qu’est-ce qu’évoque la pochette de votre album?

Spagg: Oh, c’est à chacun d’y trouver ce qu’il veut!
Nous, ça faisait plusieurs projets où travaillait avec le même graphiste, on a changé pour celui là. Histoire de faire un petit peu des choses différentes. Et c’était aussi pour marquer, je dirai pas une sorte de révolution, mais une envie de changement.
Comme l’album précédent était parti sur un concept bien établi, autant celui-là, on l’a fait plus naturellement.
DJ Pee: On avait voulu faire un concept-album basé sur un roman de Philippe K.Dick, c’est lui qui a écrit « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? », qui est à la base de Blade Runner… Une bonne partie de la culture-mère s’appuie sur ces romans. C’est un mec qui est super parano mais à la fois super lucide et visionnaire.
Donc voilà, ce bouquin, on s’en est servi comme de matériau, comme de prétexte pour faire un disque un peu plus engagé que ceux qu’on avait fait avant.
Sur celui-là, TILT, qu’on a sorti après, justement on a voulu un peu secoué la machine et montrer qu’on était pas devenu sérieux et triste, qu’on peut parler à la fois à la tête et aux pieds, avec la musique. On peut essayer de dire des choses sans virer dans la pédagogie. On fuit la démagogie, mais des fois tu peux friser la pédagogie en essayant de passer trop de messages.
Ça empêche pas dans l’album d’avoir un morceau qui fait un peu reggae, qui dit « Look up, look up! Lève la tête de ton ordo, regarde dehors, y’a des caméras de surveillance… » Essayer juste de le dire d’une façon plus ludique… On en est tous à dénoncer ça, un monde à la 84, et en même temps, on est les premiers à aller sur des réseaux sociaux. Nous en tant que zicos, on a forcement un myspace, on a forcement un facebook même si on est pas forcement d’accord avec tout le système qu’y a derrière facebook, ni Myspace. Myspace, c’est Murdoch, toute la presse de droite… On a tous des contradictions. Donc voilà, essayons de temps en temps de les amener, et puis de se mettre en scène en disant que ça nous arrive aussi, on est pas parfaits, on est pas des maîtres… On est pas là pour dire au gens « faut faire comme ci, faut faire comme ça! » C’est juste pour rappeler, mettre un petit peu de lumière sur les évènements qu’on a commencé à cacher sous le tapis. Tout ça avec le sourire!
Spagg: Et puis c’est bien que la musique reste un espace de liberté où chacun y trouve ce qu’il a envie… ou la façon dont il le ressent. Si nous on dit « Ce morceau c’est ça, le message est là, avec le mode d’emploi et tout ça, c’est dommage… »

Les projets à venir?

Spagg: On va sortir un live, avec seulement des morceaux enregistrés sur cette tournée là, de cet album là…Avec deux inédits, deux titres qui ont été filmés en vidéo.
DJ Pee: Et un petit bonus…
Après la tournée, comme on a fait plein de festivals, y’a plein de gens différents qui nous voient. On va essayer de ramener l’attention un petit peu sur notre disque parce que c’est important pour nous que les gens reviennent un peu vers l’objet, ne disent pas « Ouais, je connais le morceau qui fait lalalala ».

Isabelle

myspace.com/lepeuple

Page Suivante »

Rss Feed Tweeter button Facebook button Myspace button Youtube button