Ed Laurie au Café de la Danse

9 décembre 2009 par aurelia  
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Le premier album du songwriter Ed Laurie Small Boat Big Sea est sorti en novembre chez Tôt ou Tard. Anglais d’origine brésilienne, il reconnaît que sa musique n’a pas grand-chose à voir avec la pop anglaise. L’homme a voyagé, d’où ses influences flamenco et fado qui viennent pimenter sa folk. Flirtant avec la douceur d’un Leonard Cohen, Ed Laurie déclare « En fait, je pense que le son est quelque chose sans existence, sans profondeur, c’est le côté superficiel des choses. En revanche, ce qui est important par-dessus tout, ce sont les sentiments que tu y introduis. »Ed Laurie

Ed LaurieEd LaurieOn le devine sensible, introverti. Il lit beaucoup, prend le temps et pose sur le monde un regard contemplatif.

Sa voix caressante et ce léger accent font bon mariage avec ses compositions à cordes.

Sur scène, on découvre un homme d’une rare beauté. Un atout qui semble faire distance entre lui et le public. Une femme vraisemblablement conquise le cherche et le taquine en l’appelant dans le noir. Ed Laurie baisse les yeux ; intimidé, embarrassé, il ne sait que répondre. Au milieu du concert, il nous raconte en français une petite fable sur un chat et un oiseau, dont la portée philosophique m’échappe… Un joli moment certes, mais qui manque incontestablement d’entrain et d’envergure, de générosité et de piquant.

Aurélia

myspace Ed Laurie

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ShakA PonK au Bataclan

8 décembre 2009 par aurelia  
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Voici le genre de groupe dont on rêvait depuis la disparition de FFF. Un véritable phénomène difficile à décrire, une énergie, un feu sur scène qui ne se dément pas de concert en concert. Et les Shaka Ponk ont sorti le grand jeu pour cette soirée au Bataclan. Ecran géant, zéro temps mort, du son qui dépote, un univers funky et péchu, une mascotte à croquer, des mâles bien pourvus en plaquettes de chocolat et en charisme, qui n’ont pas peur de mouiller le maillot (et de l’enlever…). Une recette idéale pour une adhésion unanime, un engouement qui enfle chaque jour un peu plus. Le tout sans fille qui ferait semblant de jouer de la guitare, mais qui serait là pour faire joli… shaka ponkA mesure que l’on approche de la scène, l’âge du public décroît, jusqu’à atteindre disons… 17 ans, petits loulous avec total look Shaka et piercing mal cicatrisé (beurk !) ; les trentenaires et plus se tenant un peu à distance du remue ménage, en d’autres termes, collés au bar, histoire de profiter plus posément.shaka ponk Dès les premières notes, la masse humaine se meut en vague. Donc, pogo de rigueur sinon écrabouillage garanti. Le tout dans la bonne humeur, ça reste bon enfant. Une jeune fille  balance son sac à main dans les pieds de Frah (une offrande.. ?). Frah, qui au passage s’est fait une coupe de cheveux assez improbable mais finalement en accord avec la musique. Il est tellement « Monkey » ce soir, il s’accroche au pied du micro, encore plus sauvage que d’habitude, un petit truc d’Iggy Pop, un pur régal ! Et il n’est pas bégueule l’animal. Les spectateurs montent sur scène les uns après les autres, l’encerclent quelques secondes, l’embrassent, il joue le jeu avec plaisir. Puis on finit évidemment en se jetant dans la fosse de mains tendues pour un voyage en vol plané. shaka ponkIl semblerait donc qu’ils aient tout compris les Shaka Ponk… Autant leurs clips sont maîtrisés, léchés, remplis d’effets spéciaux, autant leurs concerts sont bourrés d’humanité, ouverts à l’interaction entre eux et le public, qui se sent donc investi. Car cette marge de manœuvre, aussi ténue soit-elle, donne l’impression que l’on a vécu un moment unique, participé à un grand show ambiance « jungle tropicale », une fiesta entre potes qui se retrouvent sur la même longueur d’onde. shaka ponkshaka ponkLa crise du business du disque étant ce qu’elle est, les Shaka Ponk ont investi dans le merchandising et proposent un éventail de produits dérivés de qualité. Passage au stand de vente (une fois n’est pas coutume…), chacun repart fièrement avec son tee-shirt « empreintes de singe » sur la poitrine !

Bienvenu dans le monde (bien réel) des « fans de base ».

A noter en première partie, la géniale Pamela Hute qui mérite sans hésiter un Bataclan pour elle toute seule !

Aurélia

myspace shaka ponk

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Zaza Fournier @ la Boule noire

27 novembre 2009 par aurelia  
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Une découverte qui monte, qui monte… Zaza Fournier est une vraie jolie fille qui sent bon le printemps, un peu rétro, des fleurs dans les cheveux, un peu “Titie Parisienne” avec son verbe qui dénote, fraîche et rigolote. Sa musique est un mélange de chanson réaliste sauce pop, elle nous raconte des histoires de femme qui aime et qui bataille, sur un ton résolument optimiste. C’est dansant, super mimi et sans chichi.Zaza FournierDans son premier album La Vie à deux, sorti récemment, on retient tout particulièrement Mademoiselle, l’histoire d’un homme qui se maquille et qui veut ressembler à une fille, Mon homme, une belle déclaration d’amour et un hommage à celui d’Edith Piaf (?) et puis C’est comme ça, le cri d’une passionnée « je voudrais pouvoir te l’entendre dire que tu m’adores oui, que tu m’aimes trop ».Zaza FournierZaza FournierZaza FournierSeule sur scène avec son accordéon, Zaza n’en revient pas qu’autant de monde soit là pour elle. Il y a peu, elle chantait dans les rues (mais ne dormait pas sous les ponts comme on a pu le lire… elle tient à préciser).
Voulant que tout le monde fasse connaissance, elle nous exhorte à nous souvenir de notre premier flirt, notre premier slow, histoire d’amorcer un rapprochement physico-physique et lance avec sa gouaille : « Allez y, roulez vous des pelles et tripotez vous à fond ! ». Un homme à mes côtés, vraisemblablement émoustillé par la proposition indécente me (se) rassure : « Elle est archi folle..! »
Oui, oui, une douce folie qui fait du bien.
On lui souhaite tout le meilleur et pourquoi pas, la prochaine fois, on aimerait la découvrir sur scène accompagnée par de vrais musiciens en chair et en os, à moins qu’elle ne supporte pas de se séparer de son groupe, son fidèle ipod en l’occurence …

Aurélia

Myspace Zaza Fournier

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Juliette Lewis @ l’Alhambra

26 novembre 2009 par aurelia  
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On a connu Juliette Lewis en actrice atypique, attirée par les rôles un peu borderline voire carrément violents, une enfant de la balle assez rebelle qui ne tombe pas dans le trop facile et convenu « glamour » et pense son parcours librement.Juliette LewisPuis Juliette est partie dans la musique. Au départ, accompagnée par The Licks, dont elle est désormais séparée, Juliette Lewis suit un chemin qui colle à son image : elle fait du rock, symbole suprême de la rébellion et de la liberté sauvage, du bon rock ! Et la rumeur de la précéder : Juliette serait une barrée, excentrique, ingérable… une vraie star en somme !?Juliette Lewis
La belle est effectivement bluffante. Sur scène, un grand show comme seuls les américains savent vraiment le faire, un show hyper professionnel, maîtrisé, fou et sobre à la fois. Musiciens époustouflants, bassiste hyper sexy, guitaristes virtuoses et virils en diable, batteur tout droit sorti d’un match de la NBA et Juliette, sublime rockeuse à la voix rocailleuse et chaude. Son arrivée en mariée déjantée voilée de rose bonbon donne le ton. Toute parée de plumes noires et fauves,  sequins, paillettes, broderies, collant disco argenté, mitaine et maquillage outrancier, Juliette est à mi-chemin entre Peaches et Janis Joplin. C’est en effet à l’icône absolue que l’on pense à l’écoute du très dépouillé Hard Lovin woman, un blues fragile où la voix de Juliette habite l’espace. Produit par Omar Rodriguez Lopez de Mars Volta, l’album Terra Incognita est le résultat d’une envie sincère et mature « de mon côté, j’avais envie d’une musique plus étrange, plus psychédélique et groovy ». Ghosts a des petits relans de Nirvana sauce Hendrix (?!) mais mention spéciale aux très beaux Roméo et Fantasy Bar avec rythme endiablé et choeurs emballants.  Juliette Lewis
Incroyable d’énergie mais la survolte contenue, Juliette Lewis balance, se donne à fond, crinière indomptable… la belle a sûrement bouffé du lion au petit-déjeuner ! Pas un temps mort durant le concert, Juliette s’approche toujours plus près, touche les mains des gens qui hurlent son nom après qu’elle nous ait confié « I expected something more from you Paris ! » Et oui, il faut nous donner l’autorisation pour le lâchage en bonne et due forme, satanée pudeur française. Juliette LewisJuliette n’est donc pas aussi « branque » qu’on veut bien le dire… même si elle fait partie de la très controversée église de scientologie, comme une confirmation du grand principe (rassurant) que personne n’est parfait. Et que nous ne sommes pas à une contradiction près.

Aurélia

myspace Juliette Lewis

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Patrick Watson and the wooden arms @ la Cigale

25 novembre 2009 par aurelia  
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Il est des moments enchanteurs  dans la vie qui donnent envie de dire « J’y étais ! » ; des moments de communion entre public et artiste qui nous laisse croire que l’on est un peu privilégié. Des moments d’absolu ravissement pour les sens …
Patrick Watson est un être résolument généreux et talentueux, un peu cabot certes, mais comment ne pas l’être… un étonnant petit lutin facétieux, à mille lieux du poète sombre et torturé que j’imaginais.Patrick Watson
Sa musique d’une grande richesse semble brodée comme un morceau classique. Il est d’ailleurs accompagné par un quatuor à cordes très féminin qui ajoute au lyrisme de son écriture. On se laisse prendre par la main, happé dans un univers onirique–le jeu de lumières ajoute au mystère – bercé par sa voix si particulière qui dénote avec son accent québecois à couper au couteau. Patrick ricane comme un enfant entre les chansons, il dit beaucoup « merci », ça vient du cœur, il se recoiffe de sa casquette qu’on aimerait bien voir disparaître et surtout, il interprète puissamment, d’où la référence récurrente à Jeff Buckley.Patrick WatsonPatrick Watson

Son dernier album Wooden arms (les bras de bois tel qu’il le traduit lui même) est un tour du monde d’expériences, de rencontres et de saveurs, un album organique composé pendant leur précédente tournée.
Le ton est donné avec le très beau Wooden arms « I wish I’d sleep in your wooden arms tonight », puis Man like you et son entêtante mélodie. Erica l’accompagne sur Big bird in a small cage après avoir assuré la première partie du concert avec son groupe Thus :Owls.

Il ne fallait pas manquer ce soir Patrick Watson affublé d’une espèce de lustre multi tentacules harnaché dans son dos, descendu chanter au milieu du public ; lequel s’assied par terre, tout autour de lui, comme devant un grand feu et l’écoutant religieusement… jusqu’à ce que Robbie Kustor, le batteur du groupe, reparti discrètement vers la scène s’entrave de tout son long dans le tabouret du piano. Hilarité générale ! Applaudissements, salut généreux du gaillard et fin de la messe.
En cadeau une version décalée et poétique de The great escape, avec film super huit projeté sur son visage et un lumineux Luscious life. « You taste so sweet », une ode à la vie, un vrai bonheur.Patrick Watson
La force du petit génie réside bien là : Patrick Watson est un miracle d’équilibre qui ondule entre ballade romantique et envolée mystico-lyrique. Ou comment toucher au profond sans jamais être complaisant.
Il dégage une grâce, une fragilité, une émotion qui nous lie à lui le temps d’une soirée, autant dire à tout jamais…

Aurélia

myspace P.Watson

site P.Watson

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Rodrigo y Gabriela au Casino de Paris

18 novembre 2009 par aurelia  
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Wallis Bird est une jeune « pop-folkeuse » blonde au tempérament bien trempé. Seule sur scène pour une session unplugged, Wallis est émue d’être là devant un public (nous, les Français) qui a la réputation d’être stoïque (coincé ?) ; alors, à coup de « I’m fuckin’ nervous you know », de « fuckin’ amazing song » et de « fuckin’ je sais plus quoi… », elle tente désespérément de nous convaincre. Wallis Bird chante, puis hurle dans son micro une seule et même chanson (!?) pendant 40 mn, gratte sa guitare puis la frappe et la cogne, pète les cordes, joue à enrouler ces dernières autour du manche -dans un sens, dans l’autre- (je l’imagine attrapant ses copains au lasso dans la cour de l’école) et bat le rythme de sa jambe… euh, explose le sol de sa converse. La miss finit à terre, exténuée, rincée, en nage, hors d’haleine après ce rodéo sous 60°. Pourtant Wallis a une jolie voix et elle chante l’amour. Mais peut-être a-t-elle besoin de l’éprouver cet amour… en laissant, pourquoi pas, s’envoler l’oiseau emprisonné dans son cœur et ainsi espérer nous toucher… Rodrigo Y GabrielaRodrigo Y Gabriela

Après une interminable pause dans une chaleur proche du malaise (à croire que les directeurs de salles n’ont pas encore entendu parler des économies d’énergie… bref), voici donc Rodrigo Y Gabriela devant environ 1600 personnes, des trentenaires branchouilles pour la plupart (mais je m’égare !) qui vont rapidement entrer en transe. Gabriela fait corps avec son instrument ; il est comme un prolongement d’elle-même, nul besoin d’être spécialiste pour s’en rendre compte. Elle a la guitare rythmique et l’utilise à l’occasion comme percu. Gabriela vit guitare, pense guitare, respire guitare. Ses longues mains sont tellement rapides, ses doigts dansent sur les cordes, elle est impressionnante de dextérité. Forts de leur formation classique, ils ont inventé une fusion métal-flamenco très rythmée, influencée par Black-Sabbah, Led Zeppelin, Pink Floyd.

Rodrigo Y Gabriela

Dans leur dernier album 11 :11 sorti en septembre dernier, les Mexicains rendent hommage à Hendrix, Carlos Santana et Paco de Lucia… autant de références variées qui rendent le cocktail inclassable. Du son pointu pour amateurs éclairés. Rod Y Gab seront à l’Olympia les 10 et 11 avril prochain.

Aurélia

myspace Wallis Bird

myspace RodYGab

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Rachid Taha @ l’Olympia

12 novembre 2009 par aurelia  
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Relever le défi de se produire en première partie d’un artiste attendu par son public dans une salle aussi mythique que l’Olympia n’est pas chose aisée… pourtant, Féfé, ancien des Saïan Supa Crew, parvient à transmettre une énergie follement positive; il est souriant, enthousiaste, son titre Jeunes à la retraite est à écouter d’urgence. Les gens sont debout, galvanisés, séduits! Un joli moment pour une belle découverte pleine de promesses. FefeAprès une pause, Rachid Taha est dans la position inverse. C’est le public qui le porte, lui qui semble un peu nerveux, peu assuré dans son costume de rock-star “made in Médina”. Enfin, après deux-trois morceaux, Rachid Taha prend possession du lieu et nous embarque dans un périple de métissage sonore jubilatoire. De son nouvel album Bonjour, je ne retiens que le refrain un peu inconsistant de la chanson Je t’aime mon amour (quelque chose comme … je t’aimerai toujours… oui, bon.). En revanche, impossible d’être insensible à sa Douce France, l’incontournable reprise de la chanson de Trénet et superbe pied de nez au conformisme ambiant, à la version techno de Voilà, voilà, véritablement hypnotisant, à son sublime Ya Rayah qui nous envoûte de toute sa sensualité orientale.Rachid TahaQuestion “grande gueule engagée”, Rachid Taha n’a rien perdu de sa superbe. A 51 ans, il est toujours aussi révolté, appelle à la révolution, fustige le gouvernement, prône la liberté d’aimer “dans tous les sens” et même si ça ne change rien, ça fait du bien. Puis il annonce l’arrivée d’un invité. “Kiki..? il est là mon ami Kiki..?” s’inquiète Rachid. Incroyable mais vrai. C’est la chanteur Tricky qui débarque sur scène et nous offre un ovni trip-hop arabisant sur fond de youyous, largement improvisé, unique, magique!

Tricky-Rachid TahaRachid Taha est heureux, il rayonne entouré de toutes ses copines qu’il a invitées à danser sur scène. Il chante pour elles une version fille de Ecoute-moi camarade et termine avec Rock El Casbah, bel hommage au Clash.

S’il fallait en convaincre une ce soir là, c’était moi. Pari gagné monsieur Taha.Rachid Taha

Aurélia

Myspace de Rachid Taha

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