Festival Terres du Son
Après quelques heures de route et un peu de retard, c’est en pleine forêt, que nous découvrons le lieu du festival « Terres du son », parc du château de Candé, à Monts.
Accueillies par Franck, qui ne nous laisse pas de répit, nous sommes attendues par Jil pour notre première interview du week-end. (cf. rubrique Rencontres/Interviews) S’en suivra celle d’Izia… avant de retrouver Jil sur scène, cette fois.
Jil is Lucky
C’est le début du festival, il fait une chaleur de plomb, le public est pour l’instant composé essentiellement de jeunes filles adolescentes, les festivaliers ne sont pas encore très nombreux. … L’ambiance peine à démarrer…
En guise de décor au fond de la scène, on reconnaît les maintenant fameuses lunettes bleues de Jil.
Il fait tellement chaud sur scène que le batteur joue torse nu, le guitariste avec une serviette sur la tête et Jil nous demande au cas où il tombe, tel un liquide fondu, sorte d’épave, de faire une chaine humaine pour l’amener à l’hôpital !
Mais The Wanderer, J.E.S.U.S. said, I may be late et Hovering Machine en guise de bis, sont bien au rendez-vous.
Ravie donc de voir en live, l’artiste qui fait apparaître dans le ciel les coquelicots de la pub Kenzo.
Toujours plus sex & drug, que rock n roll, Pete Doherty défraye une fois de plus la chronique. Son concert à Nice, la veille au soir a été annulé… Une seule question plane donc à Terres du son… Sera-t-il là ?
On scrute la scène sur laquelle repose drapeau britannique, micro, retours et ampli…. Ainsi qu’une bouteille de rouge. Plutôt bon signe que ce dernier indice !
Pete est bel et bien là, c’est l’hystérie. il monte sur scène avec pour seuls partenaires sa guitare et son verre de rouge, avant d’être rejoint sur certains titres par deux danseuses classiques.
Malgré un taux d’alcoolémie probablement élevé, il est à noter que Pete assure sa prestation tant par sa voix juste que par une parfaite diction, en reprenant essentiellement des chansons des Babyshambles et des Libertines.
La jeune femme rebelle sur scène n’a rien de la douce et fraiche jeune fille interviewée quelques heures auparavant.
C’est une folle furieuse qui débarque sur scène en courant, suivie de ses musiciens. Elle balance les micros, crie, tire la langue, ne tient pas en place, provoque…
« Je sens des énergies qui me plaisent, je sens que vous êtes prêts à offrir votre corps à la science du rock n roll »
Véritable diablesse, sexy, énergique, rayonnante, elle offre un show digne des plus grands malgré des discours parfois trop longs, qui rappellent qu’elle n’a seulement que 19 ans…
Alexis HK est en costard cravate, tout de noir vêtu et en plein soleil … On le plaint !
Tel un conteur, oscillant entre chant et récitation, sa diction est parfaitement maitrisée.
Mais il faut se méfier de ses airs de garçon sage. Alexis et ses musiciens sont plein d’humour. Il est d’ailleurs le premier à rire à ses blagues et à parfois du mal à garder son sérieux.
Il enchaîne les Affranchis, la fille du fossoyeur, Mitch et la Maison Ronchonchon, entre autres et reprend Je passe pour une caravane.
« Bravo, vous avez trouvé ? Bashung, bien sûr… Allez, tous à poil ! » … Avant d’être consterné par le cynisme des gens en référence à sa chanson Gaspard : « On vous parle d’un nain qu’on lance dans une boîte de nuit… et c’est la fête ?… Compliment ! »
Ben L’Oncle Soul
Après une intro instrumentale, deux blacks – les choristes – jouent les metteurs d’ambiance. Et ça marche !
Ben – bretelles, tee-shirt et converses basses roses, nœud pap’, pantalon en velours vert, lunettes rouges et chapeau – entame l’incontournable Seven Nation Army, avant de nous offrir Soul Man, Barbie Girl et une magnifique interprétation blues digne d’un Otis Redding.
Show impeccable, chorégraphie et mouvements sur scène superbement synchronisés entre les six musiciens, les deux choristes et Ben.
Ben est aux anges. Il a grandi ici, famille et amis sont dans le public… Il n’hésite donc pas à faire un bain de foule avant d’achever son concert, qu’il aura fait durer un peu plus que prévu… pour notre plus grand plaisir !
Alors que les musiciens sont déjà en place, Skye fait une entrée tout en douceur mais très remarquée sur scène.
Vêtue d’une somptueuse robe d’un rouge flamboyant – qu’elle a elle même confectionnée – , elle est tout simplement sublimissime.
C’est son grand retour sur scène au sein du groupe Morcheeba. Elle est souriante et semble ravie de partager ce moment de grâce.
Les musiques, toutes aussi planantes qu’envoûtantes, nous bercent. Que dire de plus ? On aurait voulu que ça dure jusqu’au l’aube…
Tété
Intro du batteur seul sur scène, bientôt rejoint par le contrebassiste et Tété.
Plutôt que de rester devant la scène, je décide de me mêler à la foule pour goûter un peu plus encore à l’ambiance du festival.
Tout le monde danse et au vu du nombre de festivaliers qui hurlent le nom de Tété, nul doute qu’il a des fans !
On ressent véritablement l’influence blues dans son jeu guitaristique. Il nous surprend même par la reprise d’une chanson, très « rockabilly ».
Pas de doute, il sait parler à son public « Tours, ma petite gourmande. On pourrait faire des folies ensemble »… De quoi rendre ses admirateur(trice)s un peu plus hystériques encore !
Avec Féfé, le show commence avant l’entrée du groupe sur scène. On l’entend dire au micro : « Ils ont le blues ? Pourquoi ? Parce qu’il paraît que les gens à Terres du son à partir de 23h, sont fatigués. C’est vrai ? »
Et voilà, un public survolté, prêt à tout donner, avant même la première chanson !
Musiques entrainantes, festives, jeu entre les membres du groupe et les festivaliers, tous les ingrédients sont réunis pour mettre le feu. Et bien qu’en festival, Féfé n’hésite pas à réquisitionner un agent de sécurité qui le porte sur ses épaules, afin de faire son passage habituel dans la foule… A voir absolument en live !
Fin du festival à deux heures du matin. Partagée entre interviews et concerts durant trois jours, la fatigue est bien là. On retiendra de ce festival une ambiance « bon enfant et familiale », à tendance écolo, où les artistes sont pour la plupart facilement accessibles… et toujours cet immense regret de ne pas avoir pu assister à toutes les représentations. Rendez-vous l’année prochaine !
Isabelle
Photos Sandrine Cellard
terresduson.com
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Jil is Lucky
Izia
Alexis HK
Ben l’Oncle Soul
Morcheeba
Tété
Féfé









