L’interview chrono de Tété
Sur ce coup là, on a beaucoup de chance! Tété ne peut répondre qu’à trois interviews, faute de temps oblige. Les trois interviews sont déjà bookées, et nous ne sommes pas au programme. Dommage… sauf que lorsqu’on arrive dans l’après-midi à l’espace presse, on nous apprend qu’un journaliste s’est désisté… et que Tété aura donc quelques minutes à nous consacrer. Cinq minutes pas plus, top chrono!
Qui est Tété?
Alors Tété est un guitariste-chanteur, qui fait un mélange de folk et de blues. Qui va de morceaux acoustiques à des morceaux plus enlevés, et le lien entre les différentes influences, je dirais que c’est le blues à chaque fois, particulièrement sur le dernier album, qui a été enregistré à Portland dans l’Oregon. Alors, c’est vrai que l’Oregon c’est dans le nord-est des Etats-Unis, en dessous de Seattle mais toutes les influences dont il est question, c’est vrai que c’est des choses qui viennent plutôt du sud des Etat-Unis… Nouvelle Orléans, ce genre de chose.
Des références particulières?
Au niveau des noms, c’est super vaste, en fait parce que quand je parlais du lien qu’il peut y avoir entre différents styles de musique mais qui sont tous emprunts de blues, on peut parler du folk de Bob Dylan, on peut aussi parler de certaines ramifications du rockabilly, de groupes comme les Black Keys aussi, qui font une musique toute aussi blues mais qui est plus amplifiée, jusqu’à – même si je pense pas que ça s’entende dans ce que je fais – des groupes comme ACDC, dont la musique est vraiment emprunte de blues. C’est quelque chose qui est vraiment issu du même truc.
… En fait, le blues c’est un genre musical et une texture. Et c’est vrai que dans toute la musique qu’on écoute depuis la seconde guerre mondiale finalement, y’a vraiment ça à chaque fois. Alors des fois avec des sons différents, avec une facture plus acoustique, une facture plus électrique, plus ou moins énervé, mais c’est vrai que le truc sous-jacent c’est toujours ça. Et c’est intéressant de voir, quand on aime ce type de musique et qu’on essaie de voir ce qu’on écouté les mecs qui en font aujourd’hui, on se retrouve toujours dans le Sud des Etats-Unis. Dans un champ en milieu rural, avec des petits qui jouent de la guitare dont c’est pas forcement le métier, mais qui jouent des airs traditionnels irlandais ou pas, qui exploitaient ce côté blues… Je pense qu’il y a une image d’Epinal qui veut que le blues ce soit triste, mais ça peut être vraiment plein d’énergie aussi. Et puis je pense en fait, que toutes les musiques traditionnelles ont une espèce de vitrine. C’est vrai que la vitrine du blues, c’est un vieux monsieur noir qui est devant une case et qui se plaint parce qu’il a pas de sous et que sa femme est partie avec son chien (rires)… Mais dans tout l’éventail des choses qui sont abordées par les musiques traditionnelles, c’est tout ce qui fait la vie d’un homme et d’une femme : des heureux évènements, des évènements un peu plus durs, des choses de la vie.
Comment s’est passé l’enregistrement à Portland? Les conditions sont-elles les mêmes qu’en France?
En fait, ce qui est à l’origine de cet enregistrement là, c’est que j’ai fait une tournée à Portland, pendant laquelle j’ai rencontré un monsieur qui s’appelle Steve Berlin. J’ai tourné là, parce que je suis dans une dynamique déjà depuis trois, quatre ans, où j’essaie de tourner en Australie, en Angleterre, aux Etats-Unis et tout. Ça a occasionné des rencontres, le fait que je voyais ces gens là, je voyais comment ils travaillaient dans ces pays là et c’est vrai que c’est intéressant, y’a plein de choses dont je me suis inspiré sur disque, mais je ne savais pas comment ça s’enregistrait. Quand on est sur place, on se rend compte qu’ils utilisent des accordages différents, des instruments différents et puis qu’ils sont vraiment dans l’énergie. Voilà, les Américains, ils sont vraiment dans l’énergie. Ils aiment pas trop parler, parler longtemps d’un truc, ça les saoulent, il faut pas trop tourner autour du pot. Et quand on a une idée, c’est ça qui m’a marqué! Quand on a une idée et qu’on bosse avec des Américains, leur expliquer, ils s’en foutent alors que nous s’est exactement l’inverse. On est très dans l’échange, et eux c’est au bout de deux mots : « garde ton énergie, essaie, montre nous, et puis si on aime, on le fait! » Par contre, y’a un truc intéressant aussi c’est que finalement ça laisse autant de place à l’expérimentation, parce qu’ils sont très ouverts à ça. C’est pas mieux ou moins bien, c’est intéressant et puis ça fait prendre du recul. Ça fait que quand on vient en France, on se rend compte qu’il y a un très beau circuit de salles ici, que l’exception culturelle c’est aussi quelque chose, et c’est bien parce qu’il y a cette notion d’accompagnement. Et qu’on se rend compte que y’a plein de mecs qui n’ont pas la chance de faire leur métier dans des conditions normales…
9 novembre – Zénith à Paris
Fin novembre – Voyage de promotion au Japon pour la sortie de l’album
Printemps 2011 – Tournée de concerts au Japon
Des concerts toujours en France, une tournée de prévue en Angleterre, aussi.
Et puis niveau télé, y’a Tété ou Dédé, que j’ai co-animé avec André Manoukian, qui est rediffusée tout au long du mois de juillet. Ce soir, c’est la Nouvelle-Orléans. Et puis sinon, c’est tous les dimanches, à 23h45…
Isabelle
L’envie et le dédain


