L’interview survoltée d’Izia

by sandrine on 15 juillet 2010

Festival Terres du Son 2010

C’est à la dernière minute que nous arrivons à obtenir une interview de la jeune et jolie Izia, fille de Jacques Higelin.
On sent dans son discours que c’est encore une enfant – elle n’a que 19 ans – et pourtant, elle a déjà tout d’une grande.
Débordante d’énergie, hyper souriante et spontanée, elle se livre à nous, en toute simplicité…

Qui est Izia?

Question que je me pose tous les matins.
Izia c’est une chanteuse dans un groupe qui porte le même nom. C’est un concept en même temps, puisque quand je parle de moi, je dis que « je suis en tournée avec Izia en ce moment ». C’est vraiment devenu une entité, le fait d’être rock sur la route… Y’a plus vraiment d’Izia en tant que personne.
Mais voilà, sinon je suis chanteuse dans un groupe de rock.

Quelles sont tes influences musicales?

C’est vraiment très difficile de répondre à cette question… Mes influences pour faire de la musique, c’est plutôt ce que me dicte mon corps et mes énergies qui me dictent vers quoi j’ai envie d’aller. Si j’ai envie d’aller vers des ballades, si j’ai envie d’aller vers des trucs énervés. Je m’écoute vachement et je bosse vachement à la spontanéité, à l’instinct, quand je compose, quand je suis sur scène ou même dans la vie.

Tu écoutes beaucoup de musique?

J’écoute beaucoup de musique, mais pas que du rock.
Jusqu’à mes dix-sept ans, j’étais vraiment rock seventies : très Led Zep., ACDC, Hendrix, Woodstock, les Beatles même. Et là, ça fait vraiment un an et demi que je me suis penchée sur des groupes comme Pulp, Paul Smith, Joy Division, ce genre là. Je suis vachement plus branchée sur ce genre de groupe en ce moment, rock eighties. C’est un univers qui me passionne vachement plus, parce que plus complexe. Il y a un côté plus « dandysme » qui m’excite pas mal, et ce concept que j’appelle le « dark festif ». Le truc, ça pue l’héroïne et les mecs ils sont là avec leur petit solo au clavier (elle chante un air guilleret en mimant les accords sur le clavier)… alors que c’est la loose absolue, c’est la dépression, c’est le black total. Et j’aime bien ce décalage, ça me plaît…
Sinon je suis très branchée electro, il y a le dernier album de Mia qui est super.. Je suis vraiment dans plein de styles différents et vraiment surtout pas cantonnée à ma musique.

Malgré ton jeune âge, quel serait ton souvenir de scène le plus marquant?

On a fait énormément de concerts depuis quatre ans. ça a été une vraie évolution et un vrai développement. En fait, avec la musique que je fais, avec l’énergie qu’on déclenche sur scène tous les quatre, avec la liberté qu’on se permet, on fait vraiment du rock basé sur l’énergie donc on peut se permettre tout et n’importe quoi. Donc tous les soirs, y’a un truc différent qui se passe. Les gens sont tellement réactifs à mon énergie, à ma musique, au coup de pied au cul que je leur mets.. Je raconte de la merde… Moi les moments qui m’intéressent le plus dans les concerts, c’est entre les chansons. Là où je peux parler aux gens, leur dire des conneries… Et les gens réagissent au quart de tour, ça parle, ça fait des réflexions.
Y’a un vrai échange avec les gens, y’a des dialogues avec les personnes, y’a des clans qui se forment…
A Rennes, je crois qu’à un concert on a passé une demi-heure à se parler avec les gens, chacun peut dire ce qu’il veut… C’est pour ça que tous les soirs sont différents, parce que chaque soir, tous les gens sont différents. Mais tous les soirs, il y a au moins dix secondes de grâce, qui font que le concert était le meilleur alors que celui du lendemain sera encore mieux, parce que, il y a eu ce petit moment incroyable qui balaie tout.

Tu as récemment été récompensée de deux Victoires de la Musique. Que retires tu de cette consécration?

Ca m’a apporté ce que je voulais que ça m’apporte, c’est à dire, des salles combles.
Donc je suis ravie! Mais c’est vite arrivé et ça a vite été oublié bizarrement pour moi. C’est hyper abstrait! Je m’en souviens pas vraiment, ça a été tellement un choc! C’est comme quand tu tombes dans les pommes et que tu te souviens plus de ta soirée, de ce qui s’est passé avant… Là, c’était un peu ça. Je sais qu’elles sont chez moi, je vois ces deux trucs dorés tous les jours en me réveillant, et pourtant j’ai pas l’impression que c’est vraiment arrivé.
Voilà, le seul truc qui change, c’est qu’à partir du moment où j’ai eu les Victoires avec la visibilité médiatique qu’on connait, c’est que tous les soirs, c’est complet alors qu’avant il manquait peut-être deux cent personnes… Et là, c’était des salles sur-blindées… C’est la seule chose que je voulais que ça m’apporte les Victoires, et ça l’a fait!
Après j’ai vendu plus de disques, j’ai peut-être aussi atteind un nouveau statut mais tout ça, je m’en fous. Un disque c’est matériel alors qu’un concert, ça vit, c’est quelque chose qui est là, c’est vrai, c’est des souvenirs. Quand je vois des salles combles, moi ça me rend heureuse!

Tu arrives à la fin de ta tournée?

Là, on fait les festivals de juillet. Après, y’a un mois de tournée cet hiver. Je fais l’Olympia le 14 novembre pour clôturer.
Puis y’a le deuxième album. En ce moment, on travaille dessus avec Sebastien à fond… On a une dizaine de titres aujourd’hui, on est hyper contents, on est hyper fiers et on va enregistrer en décembre.

Toujours dans la lignée du premier album?

Pas du tout. Rien à voir.
Rock… mais le jour et la nuit!
Plus de chansons, plus de mélodies… l’album de la maturité finalement! (dit sur un ton sérieux et grave, avant d’éclater de rire)
Je plaisante! Simplement, j’ai découvert des choses chez moi dont je ne pensais pas être capable, composer des choses que je ne pensais pas du tout être capable de faire. Beaucoup de fierté et beaucoup d’espoir dans cet album!

Il y a des artistes avec lesquels tu souhaiterais collaborer?

Je n’y ai pas encore réfléchi mais je suis une grande fan de ce concept de supergroupe. Je trouve ça génial parce que tu as tes projets, après tu prends des mecs dans d’autres groupes… comme Jack White qui est quand même le grand manitou qui a démarré ce concept là.
Je trouve ça génial et ça me brancherai à fond de monter un supergroupe, parce que tu as l’impression que c’est que du fun.
Je suis allée voir Dead Weather en concert la semaine dernière, et t’as l’impression que les mecs, ils s’éclatent!  En plus, on se paie une petite tournée ensemble, on se marre et ensuite, on retourne à nos projets. Y’a un truc vraiment hyper festif là dedans et ça me plairait vachement de monter un side project en mode supergroupe avec d’autres gens. Je n’y ai pas encore réfléchi, mais je respecte vraiment les gens qui ont plein de projets… J’ai un très bon ami à moi, José des Stuck in the Sound, et j’en parle souvent avec lui. C’est un truc que j’adore chez lui, il a cinq groupes… Le mec a quarante mille projets, il a tout le temps un truc à faire,  il est hyper créatif et moi c’est un truc qui me branche à fond d’être créative comme ça!

Isabelle


Let me alone

www.myspace.com/iziamusic

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