L’interview sucrée de Jil is Lucky

by sandrine on 14 juillet 2010

Tout juste arrivées sur le festival « Terres du son » édition 2010, nous sommes attendues par Jil.
A l’ombre d’un arbre et toujours paré d’une paire de lunettes colorée – orange cette fois -, il semble confortablement installé dans un canapé de velours violet.
Devant lui, une assiette de fromages et des chouquettes…

Qui est Jil ?

Avant d être un homme, un artiste et le leader d’un groupe, Jil mange des chouquettes.
Il aime être dans la pénombre, caché de la foule et du soleil, et apprécier ses chouquettes.
Sentir le sucre glacé et fondant, exploser dans sa bouche…

Sans transition, tu as effectué de nombreux voyages. Soif de découverte ? Nécessité de fuir ? Besoin de réfléchir ?

Je ne sais pas si c’était vraiment un besoin… C’était plus une envie qu’un besoin. Envie de bouger, de voyager, de voir du pays. ça me plaît et je continue de le faire.
En plus, en étant dans la musique, ça me permet de continuer à bouger, d’être en mouvement, d’avoir des points de vue décalés tout le temps, des changements de positions… C’est ça qui m’intéresse je crois dans le voyage.

Tu trouves une certaine inspiration musicale, à travers ces voyages ?

Non, c’est pas vraiment dans le voyage que je trouve des influences musicales. C’est d’ailleurs pour ça que bien qu’étant français, je fais de la pop en anglais.  C’est parce que je pense qu’un type de musique va avec une langue, une culture. Je ne vais donc pas chercher des influences dans le voyage…
Je ne vais pas chanter de la salsa en français, faire de la musique hindi en allemand, chanter du flamenco en anglais ou de la guinguette en suédois!
J’essaie de ne pas tout mélanger.

Tu prétends que le désespoir est une des premières sources d’inspiration chez les artistes. Est ce ton cas ?

En fait, je devais citer Ferré qui disait que l’art est une excroissance de la tristesse et qu’il n’y a pas d’artiste heureux.
Si on a envie de s’exprimer dans l’extra sensoriel, dans l’indicible, dans ces matières là ou plutôt dans ces anti-matières là, c’est parce qu’on n’arrive pas à trouver d’accroche avec la réalité, probablement.
Donc oui, je pense que la tristesse, le mal-être, c’est le terreau de la réalité artistique.

Qu’est ce qui te désespère plus particulièrement ?

Dans le sens de désespoir pur ? … Je suis un angoissé donc il y a le combat de l’homme contre la mort. Le sens de la vie et des choses me désespère, parce que c’est un combat vain que l’on mène.
On essaie de trouver des bribes de sens comme on peut et moi j’essaie de faire ça avec la peinture et la musique.

En référence à ton nom de scène, est ce que Jil est vraiment chanceux ?

Je ne pense pas qu’il y ait d’homme chanceux. Je pense qu’il y a une manière d’appréhender la vie et les évènements.
Personnellement, j’essaie de retenir le positif, le bon des choses, de ce qui m’arrive.
Les coups durs, je les mets dans un coin de ma tête et peut-être que je me les reprendrais dans la gueule, plus tard…
Mais pour l’instant, je les mets de côté, donc j’ai l’impression qu’il se passe que des trucs cool!

Quels sont tes projets à venir ?

Je suis vraiment à fond dans la composition du deuxième album. Et actuellement, je suis en tournée jusqu’à la fin décembre.

Un deuxième album dans la lignée du premier ?

Non, un peu différent… Avec plus de matières synthétiques, plus pop et beaucoup moins boisé.
(On n’en saura pas plus…)

Isabelle


The Wanderer

www.myspace.com/jilislucky

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