Morgan Manifacier chez Les Disquaires

by Cyrielle on 8 juin 2010

Nous avions rendez-vous au 6 rue des Taillandiers, dans le 11ème, pour le concert de Morgan Manifacier, qui partageait la scène, le dimanche 6 juin avec 3 autres formations musicales. Les Disquaires est un lieu qui organise des évènements gratuits tous les soirs, mais pour ce qui est de concerts, l’agencement n’est pas adapté. Heureusement, Morgan Manifacier a soufflé de la poudre magique et nous a transporté hors du lieu pendant une heure.

Choisissant le micro qui se trouvait dans l’ombre, il commence son show avec un petit « Bonsoir Paris » qui donne la couleur au personnage et nous laisse entrevoir le bleu de ses yeux une dernière fois. S’ensuit une longue intro à la guitare folk pendant laquelle il se confine dans son univers et, yeux fermés, fera de sa concentration une forteresse qui s’avèrera nécessaire dans un lieu pas mal bruyant. Une fois la folk chauffée, le concert commence en douceur.Morgan Manifacier

Avec un grain Neil-Youngien dans la voix, Morgan chante Lines comme il livrevrait un secret à son public attentif.  Et la sensibilité avec laquelle il nous met dans la confidence sera le fil d’Ariane du set tout entier. Comme du papier de soie, la fragilité du jeune homme nous interpelle et nous adoucit, avec Manifacier, pas d’extravagance, juste une guitare et sa voix pour enchaîner tranquillement Liberty Street, Soul for Sale et Traveling. Après ces quatre titres, il enfile une autre guitare, folk aussi, et démarre Knees avec la même concentration, toujours ses beaux yeux bleus dissimulés et cette naïveté de jeune premier. Alternant entre ces deux guitares classiques et une électrique blues, Morgan Manifacier ne nous lasse pas malgré l’interaction quasi inexistante avec le public.Son univers est de douceur et d’harmonie, un cocon qu’on est pas pressé de quitter. Et il enchaîne Moncale avec l’électrique.

Vers la fin du set, il pose la guitare, se dirige vers le piano, et annonce timidement qu’il s’agit d’une reprise. Le piano désaccordé aurait-il ajouté du charme à son interprétation de DVNO (JUSTICE)? Probablement. Imperturbable, sa voix rattrape les accords froissés, dommage pour la fin très abrupte. Pour le dernier titre, il reprend sa guitare, annonce qu’il va jouer Grande — un morceau qui parle de son grand-père (cf l’interview ici), il nous voyage sur un petit nuage jusqu’à la fin, qu’il conclut encore brusquement. Dommage. Des applaudissements chaleureux, alors il nous fait un rappel. On est content mais plus vraiment dedans, la magie s’est envolée, et le dernier titre a vite été oublié.
Le pense-bête de la setlistUn épilogue un peu trop dur pour un concert onirique. Un univers marqué mais pas encore assumé. Une voix sublime mais pas tout à fait assurée. Morgan Manifacier nous ravi d’un concert imparfait; avec l’expérience et la maturité, l’artiste deviendra grand!

Cyrielle Weber

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