Juliette Lewis @ la Flèche d’Or
Il a fait chaud le week-end dernier dans l’ancienne gare de Charonne, une chaleur que l’on peut aisément qualifier de « hammamesque »…
Et Juliette Lewis n’y est pas pour rien. La belle américaine était de retour à Paris et a élu domicile à la Flèche d’Or pour quatre concerts exceptionnels.
Vendredi soir, le groupe My Park ouvre le bal. Malheureusement, c’est peu convaincant… À vrai dire même… c’est fort maniéré, trop posé, faussement sensuel donc vraiment faux. Aux antipodes de l’authentique et du rock. La miss qui chante y met du sien, peut-être même un peu trop d’ailleurs. On souffre.
Juliette Lewis commence son show par une petite démo à la batterie, c’est très mignon… Et ceux qui connaissent l’énergie avec laquelle elle va brûler la scène apprécient le calme qui précède la tempête tropicale…
Quelques secondes plus tard, Juliette a investit l’espace comme peu de femmes auparavant. D’ailleurs, on entend ça et là des références au grand Iggy Pop. Grain de folie, corps en fête, moiteur sensuelle, gueules décomplexées qu’elle affiche avec une grande liberté de ton. Et par les temps qui courent, il faut avoir une belle personnalité pour assumer son côté « yaourt nature » doublé d’une foldingue à plumes. Qui chante avec un talent remarquable.
Parce que « La Lewis » est éblouissante. Elle nous en donne des grands écarts dans son pattes d’eph disco, des tours de bras à la belle envergure, des balayages capillaires qui nous arrosent allègrement de volées de sueur… ! sans se soucier des répercutions visuelles forcément peu esthétiques.
Le concert est plus dense et épuré que celui qu’elle avait donné à l’Alhambra en novembre dernier. Moins de débauche de couleurs, de tenues extravagantes et de plumes d’oiseau pour Juliette qui se retrouve quasiment en soutien gorge. On en ferait bien de même vu l’hygrométrie ambiante mais bon…
Ses musiciens l’entourent avec une énergie complice et une tendresse confondante.
Son tempérament de feu qui ne s’économise pas participe au sentiment qu’elle aime vraiment ce qu’elle fait, qu’elle est bien née pour ça et qu’il ne fallait manquer sous aucun prétexte cette passionnante récréation.
On se laisse glisser avec ravissement dans ce sensuel voyage vers des terres inconnues (Terra Incognita), emporté par cette belle nature, cette femme généreuse, positive et frondeuse.
Aurélia
Photographies Aurélia Frohlich



Dis donc, j’aimerai pas être à la place du groupe de première partie. Sinon, t’es pas dans le coin le 25 juin?