Carmen Souza au festival des Femmes du monde

by sandrine on 27 mai 2010

Que d’énergie déployée pour le 9ème festival des Femmes du monde au Satellit Café ce vendredi 21 mai! Cachée dans un petit quartier du 11ème arrondissement de Paris, cette petite salle de concert accueillait, pour la première fois en France, la douce Carmen Souza. Une jolie mise en bouche avant la sortie de son nouvel album Protegid, prévue en juin 2010.

A 21h, on se retrouve dans une ambiance tamisée. Un petit son jazzy aux intonations mystiques nous sert de bande-son. La salle se plonge dans le noir alors que le guitariste fait son entrée. Après quelques notes bien rythmées, la charmante Carmen Souza et le reste du groupe viennent se greffer.

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Elle chante, puis elle parle. Sa voix enraillée se tord vers les aigus puis se radoucit vers des sons plus graves. Elle s’accompagne au piano, puis à la guitare. Lorsqu’elle n’a plus d’instrument, elle danse, souris et vit son concert avec grâce et volupté. Plus qu’une jolie musicienne en boubou bleu, Carmen Souza est une magicienne qui peut transcender un public à elle seule.

Après chaque interprétation, elle remercie le public en français. Avant tout, elle précise avec un rire enfantin : « Je parle un peu français mais c’est pas bon, donc je vais parler anglais ». Cette petite faute syntaxique a charmé la salle.

okcarmen2A l’arrivée de son titre Afri Ka, le public se rut sur la piste de danse. Quelle ambiance ! Entre ceux qui dansent, ceux qui tapent des mains et ceux qui reprennent en cœur le refrain, on se serait presque cru en vacances au Cap Vert.
Carmen Souza enchante et impressionne : pendant que le public reprend les paroles en cœur, elle interprète un duel d’arpège à la guitare avec Theo Pas’cal. Puis place à la mélancolie très axée jazzy avec son titre Sodad.Pour finir, elle interprète de nouveau Afri Ka. Elle s’adresse au public: « If you remember the words, come on »! Le public chante. Elle reprend : « Stand up people ! Come on » ! Le public se lève. Elle a manifestement des pouvoirs divins !

Lorsque les lumières du Satellit Café se rallument, le public ne cesse de danser. Carmen Souza a su partir comme elle est arrivée, avec naturel et sensualité. Un simple « Obligado », « merci » en portugais, fera office d’au revoir.

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A la fin du concert, nous sommes allé à la rencontre de Carmen Souza (nb : Chanteuse), assistée de Theo Pas’cal (nb : guitariste) qui ont gentiment accepté de répondre à quelques questions en anglais.

Les Zindés : Vous avez grandi au Portugal, cependant vous avez aussi des racines Cap-Verdiennes. Dans vos compositions, laquelle de ces deux origines mettez-vous le plus en avant ?
Carmen Souza : Il m’est très difficile de répondre à cette question car j’ai grandi au Portugal, mais ma famille m’a transmis une culture Cap-Verdienne. Du coup, je pioche un peu dans chaque culture et cela me permet d’élargir ma vision musicale.

Les Zindés : Ce soir, vous avez souvent alterné entre les rythmiques joyeuses et mélancoliques. Pourquoi jouer sur ces deux tableaux ?
Carmen Souza : La joie et la mélancolie sont des instants de la vie. J’aime jouer sur ces deux sentiments car je désire les faire partager à mon public, en espérant qu’il soit touché par ces émotions que l’on ressent tous au quotidien.

Les Zindés : Quels sont vos influences musicales ?
Carmen Souza : Nos créations sont un mélange de jazz et de folk, mais on y intègre aussi l’univers du gospel. J’ai grandi avec l’église qui m’a apporté le gospel et ma culture musicale m’a apporté la salsa. Puis, nous avons un guitariste portugais, un percussionniste italien et deux pianistes cubain et nigérien. Chacun apporte sa culture et à chaque fois que nous avons enregistré un album, chaque artiste avec qui nous avons collaboré a apporté sa touche personnelle. Nous avons beaucoup d’influences.

Les Zindés : Quels grands artistes vous ont inspirée ?
Carmen Souza : Il y en a énormément. Je peux citer par exemple Nina Simone, Billie Holiday et … Theo Pas’cal. Je l’ai rencontré il y a dix ans, à Lisbonne. On a commencé à composer ensemble et depuis Théo m’inspire tous les jours. (rires)

Les Zindés : Qu’est ce que vous avez pensé du concert de ce soir ?
Carmen Souza : Nous sommes très contents d’être venu à Paris. Nous avons ressentis que le public était touché par la musique afro et qu’il connaissait bien le jazz. Nous avons donc pris beaucoup de plaisir à jouer.

Les Zindés : Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour l’avenir ?
Carmen Souza : Voyager et rencontrer de nouveaux lieux. Nous espérons partager notre musique le plus longtemps possible et faire de nouvelles rencontres. C’est le plus bel avenir que vous pouvez nous souhaiter.

Chronique et interview & photos réalisées par Elsa Agbo

www.myspace.com/carmensouza

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