Despo Rutti – Convictions Suicidaires
Dans la très bonne chronique d’Aubin sur l’excellent groupe Milk Coffee and Sugar, on peut lire cette phrase « Il [le rap français] ne produisait plus que du prêt à consommer digne de la grande distribution, de la merde en barquette pour jeunes ados décérébrés ». Cette idée est très largement répandue mais semble ignorer la structure complexe du rap français. Car, Mesdames et Messieurs, il existe une typologie du rap français. Les amateurs de rap français ne se ressemblent pas. Pire, ils se méprisent. Phénomène fascinant que d’assister à une discussion entre deux courants rap. Les arguments volent à peu près aussi haut qu’un éléphant tentant un Fosbury.

Dans cette typologie, on trouve les amateurs de rap français dit « mature » symbolisé par Oxmo Puccino et autre Rocé. On trouve également la catégorie des passéistes arborant fièrement leurs t-shirts « le rap c’était mieux avant ». X- Men et Les Sages poètes de la rue sont leurs disques de chevets. Et puis il y a la base: Ces jeunes ados décérébrés inconditionnels de ce que certains appellent le rap hardcore. Le rap que les autres catégories pointent du doigt en ricanant. Pour ces fans-là, l’avenir du rap français se nomme Despo Rutti.
Pour ceux qui n’appartiennent pas exclusivement à cette école, il convient de présenter le personnage. Pascal Trésor Azu’Simba (son vrai nom) est un rappeur du 93 dont le nom est apparu sur un grand nombre de compilations hexagonales, ce qui lui vaut un succès d’estime important. Despo Rutts (comme il aime à s’appeler) arrive avec un buzz et un style qui n’est pas sans rappeler Sefyu. C’est donc peu dire que son album, Convictions Suicidaires était attendu au tournant.
Autant le dire tout de suite, cet album est une parfaite introduction à ce style de rap français. Il en cristallise toutes les qualités mais aussi tous les défauts. Commençons par les défauts trop souvent constatés du genre : La musique.
Privilégiant l’aspect brut à la musicalité, l’instrumentation de ces albums laisse généralement peu de place à l’originalité. De fait, l’album de Despo Rutti est du même acabit. L’ambiance est sombre; synthés et autre grosses basses sont omniprésents et ce trop souvent pour ne pas lasser. On entrevoit une éclaircie quand on croit reconnaitre une extrapolation du Gangsta Paradise de Coolio sur Underground Musik. Sur certains morceaux, l’alchimie fonctionne également (Destination Finale ; Quitte ou Double) mais globalement la plupart des instrumentations sont interchangeables.
Autre faiblesse du genre, la redondance des thèmes évoqués. Les propos changent peu d’un album à un autre. On y parle de la vie dans les cités, de drogue, de sexe… Pour se démarquer, les artistes rentrent donc dans une logique de la surenchère. Là aussi, Despo Rutti ne fait pas exception à la règle. Ces thèmes sont les seuls évoqués tout au long de Convictions Suicidaire.
Dans ce genre de rap, la différence entre un bon et un mauvais album tient au talent du MC. Et on peut dire que Despo Rutti illustre parfaitement cette maxime. Tout d’abord par son flow iconoclaste. En effet, Despo Rutti rappe les 3/4 du temps off beat. En d’autre terme, « il ne rappe pas sur le kick ». Cela frise parfois le catastrophique mais dans des moments de fulgurance cela tend franchement vers le génial. On a donc du mauvais avec cette prononciation incompréhensible comme sur L’Œil aux beurre noir et le meilleur, avec ce flow entraînant et drôle comme sur Trashhh. On a l’impression d’entendre Omar Sy couplé à un Freeway première époque. Bluffant.
L’autre qualité de Despo Rutti est son écriture pleine de punchlines. Souvent destinées à choquer, parfois pleines d’humour, elles émaillent cet album et lui confèrent une hauteur qui contraste avec la platitude des lyrics. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le morceau Trashhh où Despo Rutts fait étalage de tout son art de la punchline.
Trashhh
Derrière cette avalanche de punchline se cache néanmoins un homme. En effet, si toutes ces punchlines sont l’oeuvre de Despo Rutts, les textes font apparaître en filigrane l’histoire de Pascal Trésor Azu’Simba. On y découvre un homme qui se nourrit de ces contradictions. Un homme qui n’hésite pas à s’interroger sur les chemins qu’il emprunte et sur ses convictions. Qu’il s’agisse de s’interroger sur la « rébellion économique » dans L’avocat du diable ou de s’interroger sur son rapport complexe à la religion, Despo Rutti se raconte sans artifices. On s’éloigne des personnages gangstarisés créer par les autres rappeurs du genre. Quitte à ce que son propos soit parfois incohérent. De toute façon, Despo Rutti ne souhaite que » représenter la banlieue jusqu’à dans sa connerie « … et il le fait parfaitement.
Toutes les qualités de Despo Rutti rendent cet album moins linéaire que ceux de ses concurrents et donnent raison à ses fans. Despo Rutti est bien l’avenir de ce genre du rap français et pourrait bien l’ouvrir à des personnes qui lui sont complètement étrangères. Pour peu que ces personnes se donnent la peine d’y jeter une oreille. Après tout, le rap n’a jamais été une histoire de case.
Zayyad
Sorti le 26 Avril 2010
myspace.com/despofficiel
1. Quitte Ou Double
2. Convictions Suicidaires
3. L’avocat du diable
4. The Score
5. L’oeil au beurre noir feat Nessbeal
6. Dangeroot’s
7. Innenregistrable
8. Trashhh
9. Miettes d’espoir
10. Underground Music
11. Légitime Défense
12. Redemption
13. Paris nord by night
14. Destination Finale


Oh putain j’en connais qui doit vous en vouloir x)
Despo il est lourd…t’es critique viennent du fait que tu connais absolument pas despo tu en devient meme ridicule c’est du bla bla bla pour rien
quel tissu de connerie cette critique
vous avez vraiment écouté l’album ?
j’ai l’impression qu’il dérange tellement car il dénonce tellement de vérités…
ECOUTEZ LE ET VOUS VERREZ QUE DESPO EST UN VRAI ET QU’IL N’EST PAS STUPIDE COMME VOUS LE DITES !!!!!!!
ET DE PLUS IL RAP TRES BIEN !!!!!
Sinon à part ça, vous avez lu la chronique ?
1) sérieusement Zayyad, quel est ton statut pour te permettre d’affirmer que le public de Despo Rutti sont « des jeunes ados décérébrés inconditionnels ».
2) Je ne comprends pas comment tu peux comparer Despo Rutti et Sefyu… pourrais-tu m’éclairer sur leurs points communs exactement?
3) En ce qui concerne les thèmes abordés dans l’album. Il y en a beaucoup qui sont exploités tout au long de l’album. Je ne peux que te conseiller une deuxième écoute plus attentive que la première.
Je cite :
« Dans ce genre de rap, la différence entre un bon et un mauvais album tient au talent du MC » de toute façon ça dépend logiquement du talent du MC… Bizarre de parler de « ce genre de rap ».
Bref, je vais m’arrêter là, bien qu’il y aurait encore des éléments à relever.
Zayyad :
Je l’ai lu entièrement.
Moi je n’appelle pas cela une chronique mais plutôt comment tailler un artiste gratuitement alors qu’il nous a fait un travail de qualité et l’album est très réfléchi.
Comment peux-tu cracher comme ça sur le travail ?
D’autant plus que tes critiques ne sont pour la plupart pas fondées.
Pas aimer OK, mais faire ce que tu fais, provoquer par de petites phrases, on voit bien qu’il n’y a aucun fondement…
J’invite tout le monde à écouter l’album et ils se rendront compte que tes « chroniques » ne valent absolument rien.
A bon entendeur…
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Musicalement
Antoine
Responsable du site
1) Je n’ai jamais traiter le public de Despo de » dégénéres » … C’est tout l’inverse si tu lis bien. Je pars de la phrase d’Aubin qui cite lui même Dieudo le passage que tu cites est en faite de l’ironie. Ma position est de défendre ce public qui à mon sens est trop souvent décrié donc en fait tout l’inverse.
2) Ma comparaison avec Sefyu n’est pas tellement stylistique mais vient surtout de la manière dont le buzz de Sefyu est apparu et de son impact actuel et potentiel. ( c’est mon avis perso)
3) Les thèmes abordés sont surtout personnel, j’ai choisi d’appuyer sur cet angle qui pour moi fait la valeur de Despo Rutti.
4) Je parle de ce » genre de rap » comme je pourrais parler de style. Mettrais tu Hocus Pocus dans la même catégorie que Despo ? Mettrais tu Casey dans le même style que Despo ? Mettrais tu Greems dans le même style que Despo. Il n’y a strictement aucun jugement de valeur la dedans. Au contraire, j’essaie d’expliquer que ce type/style/genre/ que beaucoup décrient est aussi intéressant que les autres musicalement.
5) J’attends les autres éléments à relever ou les explications à fournir….
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s’énerve…
Si Zayyad critique certains points (et il en a le droit !), il en défend d’autres ! Il parle de « génial », « bluffant », « qualité »… et vous « donne raison » !
Tout d’abord je te remercie d’avoir pris le temps de répondre à mon message.
1) Je n’ai fait que cité ta phrase et n’ai pas utilisé le mot « dégénérés ». Il est vrai qu’en lisant ta chronique l’ironie ne se faisait pas vraiment resentir, en tout cas c’est mon impression. Personnellement je n’pense pas qu’on puisse comme ça différencier 2 publics différents, dans ton article j’ai l’impression que l’on doit se situer soit dans un camp soit dans un autre, or on peut tout à fait apprécier des classiques d’Oxmo Puccino pour ne citer que lui, ainsi que le rap de Despo Rutti.
2) Dasn ta réponse tu te contredis car tu as bien comparé leur style qui n’était pas vraiment justifié « Despo Rutts (comme il aime à s’appeler) arrive avec un buzz et un style qui n’est pas sans rappeler Sefyu »
3) « Les thèmes abordés sont surtout personnel, j’ai choisi d’appuyer sur cet angle qui pour moi fait la valeur de Despo Rutti. » La valeur? Quelle valeur? Dans ton article je cite « On y parle de la vie dans les cités, de drogue, de sexe. Ces thèmes sont les seuls évoqués tout au long de Convictions Suicidaires. » Or Il y a de nombreux thèmes abordés dans l’albums, il nous apporte sa vision des choses et nous pousse à la réflexion.
4) Non en effet, chaque rappeur à son style artistique cependant je trouvais la phrase inutile “Dans ce genre de rap, la différence entre un bon et un mauvais album tient au talent du MC”
De toute façon, Despo Rutti ne souhaite que ” représenter la banlieue jusqu’à dans sa connerie “… et il le fait parfaitement. lol c’était aussi de l’ironie ? c’est des phrases assassinent !
Pour conclure je pense que ton article était beaucoup trop orienté vers le négatif et les arguments pas réellement justifiés, et même parfois destructeurs, ce qui explique la réaction des lecteurs.
Bonne continuation.
Aurélie
Je pense qu’il serait bon que vous lisiez correctement les chroniques sans vous monter la tête trop vite. Zayyad, comme tous les autres chroniqueurs de la rédaction a fait son travail de journaliste, sans quoi il n’aurait plus sa place parmi nous. Ses propos sont argumentés et vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord et de le faire savoir. Les commentaires sont aussi présents pour cela. Parcontre, chacun doit respecter la parole de l’autre. C’est ce qui s’appelle communément une discussion.
Antoine
-Les Zindés-
Je te remercie à mon tour d’avoir argumenté et de me donner la possibilité d’expliquer mon propos. J’ai choisi de prendre ce ton ironique mais j’ai surement commis quelque maladresses.. Pour paraphraser mon prof de 6ème, y’a pas de mauvais lecteur seulement de mauvais rédacteur..
1) Je suis entièrement d’accord avec toi en ce qui concerne les cases. C’est ce que j’ai voulu montrer et c’est la conclusion de la chronique. » Despo pourrait bien ouvrir le rap français à des personnes qui lui sont complètement étrangères. Pour peu que ces personnes se donnent la peine d’y jeter une oreille. Après tout, le rap n’a jamais été une histoire de case. »
2) C’est un avis perso que j’émets en comparant les deux au niveau du buzz et du style.C’est discutable…
3) Les thèmes globaux que tu cites sont des thèmes « génériques » de l’album. Il y a des thèmes transversaux qui sont plus personnels à Despo Rutti mais qui sont toujours évoqués dans ces thèmes génériques. Ce sont ces thèmes transversaux qui m’interessent et que j’évoque plus tard dans la chronique. Si j’ai manqué un thème important, je veux bien que tu me précises lequel.
4) La phrase que tu cites est de Despo Rutti (oui j’ai écouté l’album!). Ce qu’il souhaitait dire à mon sens, c’est qu’il représentait TOUT les aspects de la banlieue même les plus incohérents. La phrase paraît maladroite si on ne comprend pas mon point de vue de départ donc je comprends ta remarque.
Mon but étant de faire une synthèse d’un style au travers de Despo Rutti (qui en est un des plus éminents représentant). Il y a du bon et du mauvais et il me semble avoir été mesuré. D’ailleurs je constate que tu ne m’as pas tellement contesté sur le fond mais davantage sur la forme (ce que je peux comprendre)
Zayyad,
Merci pour ces explications.
Effectivement parfois le ton ironique est risqué et peut-être mal interprété… comme dans ce contexte
Comme le dit d’ailleurs si bien notre cher Despo Rutti «mon pire ennemi à moi c’est ton interprétation» (Braveheart)
Peace.
Aurélie
Concernant le fond de ta chronique je ne m’y suis pas attardée car nous n’avons pas le même point de vue. Bien que je trouve que tu as été dur, je respecte, car au fond cela dépend de ses propres goûts.
Personnellement je trouve que le rap de Despo Rutti est du rap conscient, brut, rempli de réflexions de toute sorte, très imagé, original, avec beaucoup de jeux de mots. Ses prods sont de manière générale très bien choisies. J’adhère à son flow.
« Et pour quelles raisons étranges Les gens qui pensent autrement, Ça nous dérange ? »
@ Moi Même
Comme tu as dû le noter puisque tu as lu la « chronique » en entier, j’invite tous le monde à écouter cet album également. C’est dans le dernier paragraphe.
Je considère que respecter un artiste c’est écouter son travail et de l’estimer de manière la plus objective possible. Que ce soit un pote qui me tend sa maquette ou un album de Jay Z, je procéderai de la même façon. Pointer les Qualités et Défauts et essayer d’être synthétique. C’est assez difficile
Je ne cherche pas à tailler sinon je n’aurai probablement pas dit de Despo qu’il est l’avenir du Rap Français. Sinon j’aimerai être tailler comme ça tous les jours !
Comme cela a été dit plus haut, tu as parfaitement le droit de contester le contenu. Je trouve cela même très sain tant que c’est argumenté. Tu trouves que je n’ai pas rendu justice au disque et à l’artiste ? Parfait, tu peux dire en quoi et faire ainsi contrepoids à ma « chronique ».
Je serais ravi d’en discuter ici avec toi et d’autres …
@ Lausanne
Si Despo Rutti est dans la veine consciente, que dire de Casey et La Rumeur ? Deux trois fois dans le disque, il prend quand même ces distances avec le rap conscient en disant que ça lui a pété à la gueule…
Par contre Despo Rutti est le meilleur journaliste de la banlieue qui soit. Mieux que n’importe quel sondage TNS-Sofres, Despo Rutti descrit ces valeurs, sa façon de penser, ces contradictions, ce qu’il s’y passe, sa bêtise aussi.. Raison pour laquel j’ai cité la fameuse phrase » représenter la banlieue jusqu’a dans sa connerie ».
La musique est le vrai point noir. C’est là ou j’ai été expéditif.Je n’ai rien à me mettre sous la dent quand j’écoute les instrus. Pour moi, c’est la grosse faiblesse du « genre ». Un ami à écrit un article très juste à mon sens sur le sujet.
http://bordel-inc.blogspot.com/2010/02/dechefrance.html
Le flow est atypique mais globalement j’adhère également !
oui pour moi Despo Rutti fait du rap « conscient ». Dans le sens ou c’est un artiste qui nous amène sa propre philosophie; qui fait passer à travers ses sons de nombreux messages et qui souhaite certainement éveiller les consciences, ou du moins amener ses auditeurs à un certain nombre de réflexions.
Despo Rutti « le meilleur journaliste de la banlieue qui soit » je trouve que c’est réducteur. Il me paraît plus revendicateur que journaliste. Bien qu’il représente la banlieue, il aborde bien d’autres thèmes : il consacre un featuring avec Nessbeal concernant le racisme entre rebeu-renoi, il parle des médias, de l’industrie du disque, de la rébellion économique, de la religion, de l’être humain et ses complexités, de la France, de l’Afrique, de la société en général, de la politique, des problèmes économiques…bref il nous fait partager sa vision sur de nombreux sujets.
Au niveau des instrus je pense comprendre ce que tu reproches à l’album et au rap français en général…le fait d’utiliser de plus en plus des grosses prods lourdes « à l’Américaine »?
C’est vrai que c’est à la mode.
Pour l’album de Despo Rutti je trouve qu’il y a peut-être 2-3 instrus un peu trop « chargées », mais sinon la majorité de ses prods sont juste incroyables.
- Pourrais-tu me préciser quels sont les passages qui t’amènent à penser qu’il prend de la distance avec le rap dit « conscient »?
oui pour moi Despo Rutti fait du rap “conscient”. Dans le sens ou c’est un artiste qui nous amène sa propre philosophie; qui fait passer à travers ses sons de nombreux messages et qui souhaite certainement éveiller les consciences, ou du moins amener ses auditeurs à un certain nombre de réflexions.
Despo Rutti “le meilleur journaliste de la banlieue qui soit” je trouve que c’est réducteur. Il me paraît plus revendicateur que journaliste. Bien qu’il représente la banlieue, il aborde bien d’autres thèmes : il consacre un featuring avec Nessbeal concernant le racisme entre rebeu-renoi, il parle des médias, de l’industrie du disque, de la rébellion économique, de la religion, de l’être humain et ses complexités, de la France, de l’Afrique, de la société en général, de la politique, des problèmes économiques…bref il nous fait partager sa vision sur de nombreux sujets.
Au niveau des instrus je pense comprendre ce que tu reproches à l’album et au rap français en général…le fait d’utiliser de plus en plus des grosses prods lourdes “à l’Américaine”?
C’est vrai que c’est à la mode.
Pour l’album de Despo Rutti je trouve qu’il y a peut-être 2-3 instrus un peu trop “chargées”, mais sinon la majorité de ses prods sont juste incroyables.
Dangeroots : le passage sur l’arche de zoé dans le premier couplet
Convictions Suicidaires : » je ne suis pas opportuniste, je ne m’invente pas de combats / De toute façon un révolutionnaire en bonne santé ca n’existe pas car un vrai anti systeme ne consomme pas »
Quitte ou Double : » Le rap engagé m’a couté 40 000 Hz, j’ai crié sur ceux qui nous agresse[...] » ( le passé laisse penser que … mais j’avoue que celle là est tiré par les cheveux..)
Je n’ai pas la définition du rap conscient. Je ne sais même pas ce que ca veut dire. Je ne nie pas que Despo Rutti traite de certain sujets en filigranne mais POUR MOI c’est fait de manières trop éparses pour être qualifié de « message conscient ». Par contre, pour illustrer l’opinion d’une grande partie de jeunes et moins jeunes, c’est parfait !
Je me suis aussi demandé quelle était la définition exactement du « rap conscient ». J’ai lancé une recherche sur internet avec le mot « conscient » et là surprise !! Le premier site qu’on me propose concerne le rap politique (ou rap conscient) avec cette définition :
« Le rap politique (ou rap conscient) est un style de rap. Ce genre se caractérise par son engagement politique et sa conscience citoyenne. Il ne s’agit en aucun cas d’un style de rap récupéré par quelque parti politique mais d’une parole, d’un engagement, d’une pensée qui vient du coeur et qui est fortement gravée dans l’esprit des rappeurs conscients ».
Donc je confirme pour moi il fait bien du rap conscient avec des textes relativement engagés. « Relativement » car je te rejoins sur le fait qu’il nous fait part d’une partie de ses réflexions « en surface » et qu’il ne fait pas du rap politique à proprement parlé, ceci pour diverses raisons dont l’une qu’il évoque dans sa phase concernant l’Arche de Noé dans Dangeroots.
Quitte ou double « à ceux qui trouvent que mon rap n’est pas assez fédérateur dis leur que j’suis pas oportuniste j’m'invente pas de combat t’façon un révolutionnaire en bonne santé ça n’existe pas car un vrai anti-système ne consomme pas ». J’interprète ça comme quoi il ne va pas défendre une idéologie dans son rap si dans ses actes à lui il ne va pas jusqu’au bout de son raisonnement, car idéologie utopique et très difficilement pratiquable.
Après chacun se fait sa propre idée du sens des textes…il y a même certainement plusieurs interprétations possibles.
petite rectification : à mon avis il ne rap pas pour « illustrer l’opinion d’une grande partie de jeunes et de moins jeunes », mais c’est ses propres convictions à lui.
Tous le problème est la.. Comme c’est bientôt l’heure du bac de philo, philosophons deux secondes. Rap conscient ca veut dire quoi ? Si tu réfléchis, ca veut dire que tous ceux qui n’entre pas dans cette catégorie sont des rappeurs inconscient ? C’est un peu fort quand même et j’aurais du faire attention lorsque j’ai utilisé ce mot
C’est pour ca que ta définition du rap politique me semble mieux convenir pour ce que je voulais dire. Et là j’ai un problème, c’est une critique que j’ai choisi de ne pas dévelloper parce que j’estimais qu’elle n’a pas vraiment sa place. J’ai un exemple bien précis en tête depuis le début pour illustrer ce que j’essaie de t’expliquer.
Plusieurs fois dans l’album, Despo Rutti affirme que » la gauche, la droite, le centre , c’est la même ». Il le dit plusieurs fois mais dans le même temps, il attaque Rama Yade et la politique d’immigration du gouvernement qui me semble t-il est de droite.. C’est pour ça que j’ai écrit le mot simpliste qui a tant choqué certains. Comment dire que les politiques sont tous les mêmes et dans le même temps stigmatiser une politique de droite qu’il critique à raison ?
Un rappeur politique aurait eu une regard historique, explicatif sur la question. Rocé et La Rumeur dans deux genre différents traitent parfaitement la question. Quand j’écoute » Je chante La France « , je m’interroge sincèrement sur la politique d’immigration française. Idem pour ‘ Je suis une bande ethnique à moi tout seul ».
Despo Rutti quand à lui n’explique pas. Il exprime brièvement. C’est pour ça qu’il n’est pas à mon sens un rappeur politique.
C’est pour ça que je dit que c’est le meilleur journaliste de la banlieue. Bien sur que c’est son avis personel mais au travers de sa pensée, c’est l’avis d’un grand nombre de jeune de banlieue qui s’exprime.Tu dois savoir comme moi qu’il n’est pas rare d’entendre ces arguments sur les politiques chez les jeunes de nos jours.
Tu te rends bien compte que les paragraphes précédents n’ont rien à faire dans une chronique. Pour le coup,on est purement dans le subjectif et cela n’a strictement rien de musical.
Pour la musique maintenant. Un auditeur de musique lambda qui écoute du rap français te dira instinctivement ce que je veux t’expliquer. Il te dira « je préfère le rap américain parce que la musique est mieux… et puis on comprends pas la parole ».
Passons le deuxième argument qui est assez ridicule mais le premier veut dire quelque chose. Instinctivement, les personnes extérieurs au rap français ressentent quelque chose qu’il est pas facile de décrire. Personnalement, je qualifie la musique du rap français de métallique. Elle manque d’un certain groove qu’ont par exemple les instrus américaines.
Plusieurs explications à cela, les méthodes de produtions sont différentes. Là ou les americains samplent, les français composent. Le rendu n’est donc pas le même en terme de groove. Deuxième raison, les moyens mis en jeu ne sont pas les même.Il ne s’agit pas d’un manque de talent à la production mais d’une différence de conception.
Quelqu’un qui suit assidument le rap français sera plongé dans cette conception de la musique et trouvera cela parfaitement justifié. Par exemple, certaines production américaine sonnent de cette façon comme les sons venant de Qeensbridge. Je n’aime pas non plus
Effectivement on est les 2 d’accords sur le fait qu’il garde une certaine distance avec la politique.
En ce qui concerne les instrus, j’y connais pas grand chose et je fonctionne au feeling
mais ton explication était intéressante.
Parce que mon égo n’a pas de limite, je poste cet interview de Despo Rutti qui semble me confirmer en partie dans notre interminable débat. Lausanne si tu passes par là…
http://www.abcdrduson.com/interviews/237-despo-rutti.html
je suppose que tu fais allusion au débat sur le rap conscient…
tout dépend de la vision de chacun, de sa perception et même de sa définition du rap conscient. Je reste sur mon point de vue.