ShakA PonK au Bataclan
Voici le genre de groupe dont on rêvait depuis la disparition de FFF. Un véritable phénomène difficile à décrire, une énergie, un feu sur scène qui ne se dément pas de concert en concert. Et les Shaka Ponk ont sorti le grand jeu pour cette soirée au Bataclan. Ecran géant, zéro temps mort, du son qui dépote, un univers funky et péchu, une mascotte à croquer, des mâles bien pourvus en plaquettes de chocolat et en charisme, qui n’ont pas peur de mouiller le maillot (et de l’enlever…). Une recette idéale pour une adhésion unanime, un engouement qui enfle chaque jour un peu plus. Le tout sans fille qui ferait semblant de jouer de la guitare, mais qui serait là pour faire joli…
A mesure que l’on approche de la scène, l’âge du public décroît, jusqu’à atteindre disons… 17 ans, petits loulous avec total look Shaka et piercing mal cicatrisé (beurk !) ; les trentenaires et plus se tenant un peu à distance du remue ménage, en d’autres termes, collés au bar, histoire de profiter plus posément.
Dès les premières notes, la masse humaine se meut en vague. Donc, pogo de rigueur sinon écrabouillage garanti. Le tout dans la bonne humeur, ça reste bon enfant. Une jeune fille balance son sac à main dans les pieds de Frah (une offrande.. ?). Frah, qui au passage s’est fait une coupe de cheveux assez improbable mais finalement en accord avec la musique. Il est tellement « Monkey » ce soir, il s’accroche au pied du micro, encore plus sauvage que d’habitude, un petit truc d’Iggy Pop, un pur régal ! Et il n’est pas bégueule l’animal. Les spectateurs montent sur scène les uns après les autres, l’encerclent quelques secondes, l’embrassent, il joue le jeu avec plaisir. Puis on finit évidemment en se jetant dans la fosse de mains tendues pour un voyage en vol plané.
Il semblerait donc qu’ils aient tout compris les Shaka Ponk… Autant leurs clips sont maîtrisés, léchés, remplis d’effets spéciaux, autant leurs concerts sont bourrés d’humanité, ouverts à l’interaction entre eux et le public, qui se sent donc investi. Car cette marge de manœuvre, aussi ténue soit-elle, donne l’impression que l’on a vécu un moment unique, participé à un grand show ambiance « jungle tropicale », une fiesta entre potes qui se retrouvent sur la même longueur d’onde. 
La crise du business du disque étant ce qu’elle est, les Shaka Ponk ont investi dans le merchandising et proposent un éventail de produits dérivés de qualité. Passage au stand de vente (une fois n’est pas coutume…), chacun repart fièrement avec son tee-shirt « empreintes de singe » sur la poitrine !
Bienvenu dans le monde (bien réel) des « fans de base ».
A noter en première partie, la géniale Pamela Hute qui mérite sans hésiter un Bataclan pour elle toute seule !
Aurélia

