CéU nous invite à Sao Paulo le temps d’un concert à la Maroquinerie ; un Brésil à mille lieux des clichés : celui de la samba énergique, des plages bondées de figures provocantes et de caïpirinha enivrantes. On pense plutôt aux voyages exigeants et authentiques que seuls, ceux qui prennent le temps, pourront éprouver avec passion.

CéU est une jeune femme qui n’a rien en commun avec la plupart des chanteuses branchées de sa génération. Et en matière d’artifice, ce serait plutôt « qui peut le moins peut le plus »… Adorablement désuète, douce et chaleureuse, CéU est d’une simplicité extrême et d’une extrême féminité. On est dans le domaine du sensible, de la sensualité, danses lascives et voix d’ange. Son deuxième album Vagarosa (« lentement », on y revient !) est encore un cocktail aux sonorités jazzy, bossa nova, trip hop très habilement dosé aux influences variées (de Miles Davis à Tom Jobim en passant par Portishead et Erykah Badu). C’est subtil, pétillant comme son regard, grave et caressant comme sa voix et ses gestes, une affaire de flux et de reflux délicieux.

Il faut se laisser bercer par Cangote, une merveille ! – la partie du corps entre cou et épaule qu’elle choisit pour maison -, décoller avec Bubuia, fondre pour Rosa Menina Rosa (un hommage à sa fille), balancer avec Comadi et décoller avec Espaçonave (son vaisseau spacial)…
Entre les morceaux, l’enfant du « ciel » s’adresse au public en portugais. On ne comprend pas mais c’est beau… Ah si, elle adore Paris !
Muito Obligado CéU !
Aurélia
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Photos Aurélia Frohlich



