Rencontre avec Medi (Medi & The Medicine Show)
Nous avons rencontré Medi, le leader et chanteur de Medi & The Medicine Show, au Café Chéri. Pas avare, même bavard, il nous a raconté son parcours.

Les Zindés : Medi, qui es-tu ?
Medi : Je suis qui… Je suis… J’aime bien dire ça quand je suis à Paris : je suis un Niçois, qui a fait de la musique pendant très longtemps à Nice dans les bars, avec des potes. J’ai joué des reprises dans les bars pour gagner un peu d’argent, tous les soirs, pendant des années, des années et des années… Toujours entouré de gars qui parlent anglais plus que français. Parce que dans le vieux Nice, on dirait pas, mais y a quand même du passage. Et donc du coup, je me suis retrouvé rapidement à jouer dans des groupes qui me faisaient jouer les Stones, les Beatles, Led Zep, et tout ça… Et vite, vite, vite, je me suis barré de Nice, pas parce que j’aimais pas, mais parce qu’il y avait quand même pas mal de choses à voir ailleurs, et je suis allé m’installer à Londres pendant quelques années ; quand Dave Stewart, le mec d’Eurythmics, m’a demandé de venir et m’a proposé de faire un premier disque. Et depuis que ce disque est sorti, on tourne énormément avec mon groupe, donc avec cette bande de potes, je ne sais pas si tu as vu qui ils sont : Daniel, Olivier, Franky et Gary. Et on est en train, notamment, de finaliser deux EP, en même temps, qu’on va sortir en juin, par mon label Stereoblast.
Les Zindés : Stereoblast, c’est ton propre label ?
Medi : Oui, le premier disque je l’ai fait avec ce label là. Et la raison pour laquelle je fais ça avec mon label, c’est que quand tu n’as pas de propositions ailleurs, tu le fais tout seul. Et puis le côté que quand tu fais des choses par toi-même, avec ta propre organisation, tu fais comme tu veux. Jusqu’au jour où tu rencontres des gens qui adhèrent à ce que tu leur proposes. Et donc, on avait fait ça pour le premier disque, c’était bien, et là, pour le deuxième, on s’est mis en studio, avec nos propres moyens. Et on a beaucoup de maisons de disques qui sont là derrière, qui nous connaissent.
Les Zindés : Et donc, vous sortez 2 disques en juin ?
Medi : Oui, pour l’instant, avant de savoir avec qui on va, on sort ces deux EP, qui s’appellent At Last. Donc A Last, face A, qui sera cinq titres qu’on a enregistrés en studio, au Living-Room à Paris, c’est à Oberkampf, y a un super studio. L’ingé son, c’est François Chevalier, qui est un jeune français, qui est un peu comme nous, qui est d’ici, mais qui est obligé d’aller à l’étranger pour faire des choses. Et il a fait le dernier album de Coldplay, d’Arcade Fire. Et en France, il n’a aucune proposition.
Et At Last, face B, c’est Franck, le bassiste du groupe qui m’a dit : « on devrait faire ce qu’on sait faire, c’est faire une session live, enregistrée dans un studio ». Donc on est allés au Studio Pigalle, qui est un super studio, un vieux, avec des vieux micros. On l’a fait en une journée, c’était le lendemain d’un concert qu’on avait fait au Luxembourg. On avait tous dormi une heure, j’avais une voix rrrhhaaa, comme ça ! Le mec qui nous a enregistrés s’appelle Bruce Keen, un super ingé son aussi, que j’ai connu par François. Et on a enregistré cinq titres, des nouveaux titres qu’on a, juste pour montrer qui on est aujourd’hui. Quand tu dis « Qui est Medi », déjà Medi, c’est rien tout seul sans les potes ; et au niveau sonore, c’est ça quoi : c’est At Last, face A et At Last, face B, qui est live.
Donc du coup, on sort ces deux EP là. On va les mettre sur toutes les plateformes de téléchargement, ils seront disponibles aux concerts – parce qu’on fait une tournée en ce moment- et après, de là, on va voir où on va.
Les Zindés : Raconte-nous ta rencontre avec Dave Stewart.
Medi : Alors, je jouais sur une plage privée dans les alentours de Nice, j’avais 20 ans, 21 ans, ça fait huit ans, quoi ; et j’étais engagé comme musicien, je faisais des reprises, ce genre de trucs. Et il y a le patron de la plage qui me dit : « au fait, dans trois jours, c’est le mariage de Dave Stewart, il va venir voir le groupe, pour voir si vous pouvez jouer pour son mariage. Donc il est passé, il a rien dit (moi j’étais arrivé en retard, je me rappelle). Il était avec son chapeau, Annie Lennox, sa future femme… J’arrive à l’arrache, je joue une chanson, il repart avec son bateau, puis nous on continue notre truc. Et il y a le patron qui dit : « c’est bon, Dave Stewart a appelé, vous jouez pour le mariage ». Ouais, d’accord, cool. Et au mariage, j’ai fait quatre chansons, et je vous la fais courte, mais je vous laisse imaginer les invités à ce genre de mariage. Ca va Bob Dylan à Lou Reed et à Mick Jagger. Et t’es là… Déjà, je vais pas boire une seule goutte d’alcool, sinon je vais partir en couilles.
Les Zindés : Tu devais avoir une sacrée pression ?
Medi : Non, pour ces trucs là, je suis assez fort là-dedans, je le prends genre j’en ai rien à foutre. J’ai joué et puis c’est tout. Je me rappelle que Dave Stewart est passé, avec, un par un, Mick Jagger, Elton John… Le film, quoi ! Je l’ai toujours pris comme ça. Puis après il est venir me voir et il m’a dit : « C’était cool ! Tu veux faire le bœuf avec nous ? » Oui, oui, d’accord… Puis après, dans la soirée, j’aurais pu rester là pour parler à tout le monde, mais je me suis cassé, je suis allé boire des coups dans le vieux Nice avec mes potes. Et j’ai même pas expliqué ce qui s’était passé.
Et 2, 3 jours plus tard, il est revenu à la plage, j’étais en train de jouer, et il me dit 2, 3 trucs rapide, puis il me fait : « Do you want to make a record ? ». Euh… oui… Mais vraiment comme ça hein ! « T’habites où ? » A Londres. C’était pas vrai. « Moi j’habite à une heure de Londres, ça serait cool que tu viennes dans deux semaines ». Pas de problème, j’arrive. J’ai appelé mon pote Vasco, avec qui j’écris des chansons depuis que j’ai 16 ans : « J’ai besoin d’un canapé chez toi ».
Donc voilà, ça, c’est l’histoire Dave Stewart. Mais ça me fait plaisir de la raconter à chaque fois.
Mais ce qui me fait encore plus plaisir, c’est de voir où on en est aujourd’hui, sans Dave Stewart. Et je me sens hyper solide dans mes pompes, parce que j’ai eu tous ces trucs là. C’est vrai que ça n’a pas décollé un max, ça aurait pu. Mais quand je regarde où j’en suis aujourd’hui à l’âge que j’ai, avec le bagage que j’ai… C’est comme ça que je le voulais. Des fois je me dis que j’aurais pu terminer à 23 ans avec un hit, vivre dans les hôtels… Il y en a qui disent : c’est con, t’as failli faire un énorme truc… Mais tout ça c’est génial, j’étais à Los Angeles y a un mois, j’appelle Dave Stewart, on prend un café, je lui raconte où j’en suis, les disques auxquels j’ai participé… la vraie vie quoi !
Et quand on est sur scène aujourd’hui, c’est là où c’est marrant, parce que s’il a intéressé par nous à cette époque là, aujourd’hui il se serait arraché les cheveux… On est 10 fois meilleurs que ce sont qu’on était y a 8 ans. Et maintenant, moi je produis mes trucs, et grâce à toute cette expérience-là, je participe au monde musical de cette manière là. Parce que j’ai rencontré des mecs comme lui, comme Vasco, comme Charlie Winston que je connais depuis 10 ans…
Les Zindés : Mais qui est Vasco ?
Medi : Vasco, c’est un Woody Allen de la musique. C’est un gars complètement névrosé genre tout marrant qui raconte toujours des histoires, et qui écrit des chansons incroyables. C’est le song writer pur et dur. Tu le vois t’as l’impression qu’il bosse dans un bureau. Je l’ai rencontré quand j’avais 16 ans, dans un bar, je lui ai montré mes 2, 3 chansons… et il a dit c’est cool, il faudrait qu’on écrive des chansons ensemble. Et du coup il m’a invité à venir à Londres, souvent, et il m’a fait connaître la brit pop et toute cette culture. Moi j’écoutais que Ray Charles, du blues, Buddy Waters, tout ça, c’était un peu ma fierté d’adolescent.
Et Vasco, c’est le mec qui m’a donné envie d’écrire des chansons, qui m’a expliqué comment ça marchait un couplet des refrains, l’amour de la chanson avant qu’elle soit rock’n’roll ou qu’elle soit soul, t’es là pour raconter quelque chose, avec des mots simples ou tordus, mais le truc, que les gens te comprennent en peu de temps. Je ne sais pas encore si j’ai réussi ça, mais j’y pense tout le temps. Comme un bon film. C’est le mec qui m’a appris à comment faire des chansons. Et ça m’a appris que j’aimais écrire avec les autres.
Les Zindés : Quels sont tes projets avec The Medicine Show ?
Medi : Medi & the Medicine Show, c’est le moment où j’ai réalisé qu’il était hors de question qu’il n’y ait que mon nom sur le projet ; il y a beaucoup de choses qui partent de moi, mais je termine jamais rien tout seul. Et pareil pour Vasco, il est pas sur scène avec nous, mais il est là, et pareil pour François Chevalier, l’ingé-son. Et avec Charlie, c’est pas mon label évidemment, mais c’est les musiciens de mon groupe qui font son disque avec lui, et puis on fait mon disque. Et là, je suis en train de produire un autre mec, un chanteur français que personne ne connaît, un prof de philo.
Ca c’est mon rêve, avoir un endroit, et produire des trucs. J’ai fait aussi un musique de film pour un jeune réalisateur, pour Arte, un truc très noir, genre 70’s.
Et j’ai des tonnes de projets, mais on fait les choses comme elles se présentent, au fur et à mesure.
Les Zindés : Merci Medi, et à ce soir !
Et le soir même, donc, à l’UFO, on a eu droit à un petit concert de Medi & the Medicine Show. Un tout petit set, donc, endiablé, joyeux et transpirant ! Les tiags qui tapaient sur le parquet, les filles (pardon, le public) qui dansaient, et une guest star : Charlie Winston !
Il sera le 16 juin au Point Ephémère, si vous voulez bouger, chanter et taper des pieds, c’est à ne pas rater !
Sandrine & Slymane



