Alif Tree : Clockwork
Le français Alif Tree est de retour avec ce magnifique quatrième album, Clockwork. Malgré le changement de cap (écrire des chansons), Clockwork reste fidèle à ses amours, une électronique jazzy incroyablement efficace. Inégale, mais efficace.

Alif Tree est un touche à tout, musicien, ingé son, producteur, dont le répertoire va de la musique philharmonique à la pop en passant par le jazz ou la world music. Ces premiers albums ont toujours reçu un bon écho, notamment le troisième, French Cuisine, classé dans les dix meilleurs disques de l’année 2006 par Gilles Peterson dans son fameux WorldWise sur la BBC. Trois ans de retour aux sources pour Alif tree, un retour vers ses premières amours musicales, les chansons.
Donc, dix chansons pop (comme les caractérisent Alif Tree lui-même) composent ce Clockwork, enregistré à Nashville avec des musiciens tels que Tony Joe White et son fameux Polk Sald Annie (si, si, celui-là même que reprendra quelques années plus tard le King himself !), bref un sacré musicien qui popularisa le « swamp rock », savant mélange de rock et de traditions louisianaises. Influence que l’on retrouve sur le très beau Way Down South, à l’harmonica enchanteur et à la voix chaude et suave.
Reality
Plus jazzy, sous influence St Germain (comme d’ailleurs l’étonnant Que tu), le morceau Reality se transforme doucement en un trip-hop hypnotique qui fera date. D’ailleurs, pour être honnête, les plus beaux morceaux de ce disque sont bien ceux où l’alchimie électronique-jazz fonctionne comme dans le langoureux Without Her(th). Le reste, un poil raté, ne touche plus son but et le facile prend la place du beau.
Reste un album étonnant, avec quelques ratés, qui finalement donnent au reste (la majeure partie, pas de panique) cette tonalité humaine, chaude et sensuelle qui manque parfois à l’électro-jazz. Un type à suivre, cet Alif Tree.
Marc
Dispo (Compost Records / Nocturne)

